Insurrection : une journaliste de France Culture rue dans les brancards médiatiques

ILLUSTRATION
Aline Pailler

Aïe, ça se gâte pour les “zélites” : les médias mainstream sont désormais directement attaqués de l’intérieur !


77 mars 2016

Crime de lèse majesté !

Le syndicat du livre CGT a bloqué  la parution des quotidiens nationaux en ce jour de mobilisation nationale contre la loi travail ! C’est donc une action,du syndicat de la presse (FILPAC), au même titre que les blocages de port ou autres actions sur les autoroutes ou centrales nucléaires et raffineries. Mais sur France Inter Laurent Joffrin (qui bénéficie d’une tribune hebdomadaire sur cette chaîne du Service public) s’étrangle d’indignation au micro complaisant  de sa consœur Sonia Devillers !

La liberté de la presse serait bafouée, « retour à l’URSS » a même osé dire sans rire le patron de Libération !

Rappelons que Libération, titre fondé par JP Sartre et le décevant Serge July, a été racheté par Bruno Ledoux qui n’a pas eu peur de s’en prendre à l’indépendance des journalistes dans des mots choisis : « Je veux les rendre ringards tous ces esprits étriqués et tirer un coup d’avance, un coup cash… Je pense qu’il faut prendre […] à témoin tous les Français, qui raquent pour ces mecs, pour que tout le monde comprenne bien l’enjeu qui se joue actuellement… D’un côté, la faillite, de l’autre côté, une autre vision… »

Joffrin lui a compris le message de celui dans la main de qui il mange!

Puis ce fut l’entrée de Patrick Drahi au capital de Libération. Celui-ci figure sur la liste des personnalités impliquées dans le scandale Panama papiers. Patrick Drahi, patron du groupe de télécommunication et de médias Altice (SFR et Numericable) est la dixième fortune de France et la 205e mondiale.

Rappelons que l’homme d’affaires réalise tous ses achats à crédit et emprunte auprès des banques et sur les marchés financiers.

Voilà pour les patrons de L. Joffrin.

Alors oui je soutiens cette action des ouvriers du livre et ne me sens pas solidaire de mes confrères et consœurs journalistes qui hurlent avec les loups  à la sacro-sainte liberté de la presse alors qu’ils collaborent par auto-censure ou par  accord idéologique avec les gouvernements et les pouvoirs financiers.

Leur recrutement social, leur formation laisse peu de place à un réel esprit libre et critique de la société capitaliste qui leur convient parfaitement visiblement.

Alors,que tous ces journalistes sont médiatisés jusqu’à l’écœurement et se partagent les temps d’antennes et rubriques, qu’ils ne veuillent pas laisser la place d’une tribune au secrétaire général d’un syndicat ( la CGT) brocardé a l’envie depuis quelques jours, c’est là la véritable atteinte à la liberté de parole et de penser !

Un groupe de #NuitDebout a écrit une tribune courte pour dénoncer les violences policières et n’a pas trouvé, même en payant, un quotidien national pour le publier !

Alors oui je trouve même amusant de voir l’arroseur arrosé grâce à cette action du syndicat des ouvriers du livre CGT en ce jour de manifestation nationale !

Aline Pailler,  journaliste à France Culture