13 février 2013
Guerre du Mali : que s'est-il passé sur Gao ?
par Le Yéti - Le monde et nous
Que se passe-t-il au Mali ? Nul ne le sait vraiment. Les dépêches, laconiques, sont d’une pauvreté affligeante, fleurant bon la langue de bois des communiqués d’état-major et la propagande convenue obligeamment relayée par les journalistes “embedded”. Mais il y eut cette contre-attaque étonnante des rebelles sur Gao…
La « vraie guerre », selon le ministre de la Défense Le Drian, s’était surtout déroulée jusque-là sans combat. Les villes libérées semblaient avoir été désertées par leurs envahisseurs islamistes. Bref, le public avide de sensations s’ennuyait ferme et les médias retournaient à leurs préoccupations hexagonales.
Le ministre Le Drian se gardait pourtant bien de détailler le bilan. L’on devait se contenter d’un très vague « plusieurs centaines d’islamistes tués » sans qu’il y ait la moindre trace visuelle, ni le moindre témoin oculaire pour confirmer ces allégations.
« Comme une averse » sur Gao
Et puis ces deux attentats suicides à Gao, sans victimes déclarées autres que les deux kamikazes. Et puis cette contre-attaque fulgurante, « tombée comme une averse » au cœur de la ville, selon Jean-Philippe Rémy, envoyé spécial du Monde…
D’où et comment surgissaient-ils, ces combattants du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) qui ouvrirent le feu sur les policiers maliens à deux pas du marché local, « depuis des positions avantageuses, depuis des bâtiments plus élevés que la plupart des maisons » ?
Le premier réflexe des autorités sur place fut symptomatique : l’armée française commença par évacuer précipitamment une bonne cinquantaine de journalistes présents. Pour leur sécurité ? Pour les éloigner d’un désolant spectacle ? Cette évacuation témoignait en tout cas de la gravité de l’opération.
D’autres nouvelles transpiraient en surface. Des hélicoptères français bombardaient les rebelles réfugiés dans le commissariat central de Gao. Ah bon, le commissariat central ? Ils étaient donc parvenus jusque là ? Dans une ville officiellement débarrassée deux semaines plus tôt de ses tyrans ? Et qu’étaient devenus les policiers maliens de la place ?
« Une situation d’urgence imprévue »
Il y eut aussi cet inquiétant communiqué américain qui tomba comme un cheveu sur la soupe à un moment fort incongru. Le 11 février, le président Obama débloquait soudain une aide d’urgence de 50 millions de dollars pour la France au Mali.
« J’ai déterminé qu’il existait une situation d’urgence imprévue requérant une assistance militaire immédiate au Tchad et à la France dans leurs efforts en cours pour protéger le Mali des terroristes et des extrémistes violents. »
Que se passe-t-il d’urgent et d’imprévu à Gao et dans le reste du Mali ? Un article de David Lewis pour Reuters essaie de nous en apprendre un peu plus. Oui, il existe des risques de « sale guérilla ». Oui, « l’effronterie du raid rebelle » a pris l’état-major français par surprise.
Le ministre malien de la défense Yamoussa Camara affirme pour sa part que trois agresseurs islamistes ont été tués et onze d’entre eux arrêtés. Du côté des libérateurs, on ne déplore que « quelques soldats maliens blessés ». Le docteur Noulaye Djiteyi, de l’hôpital de Gao, a lui vu « trois civils morts et onze blessés » par des balles perdues.
Un étrange « accident de la circulation » à Kidal
L’attaque a eu lieu le dimanche 10 février. Que sont devenus les agresseurs islamistes réfugiés dans le commissariat central de Gao, bombardés par les hélicoptères Tigre de l’armée française ? Tués ? Blessés ? N’étaient-ils que quatorze ? 50 millions de dollars d’aide US pour quatorze agresseurs ?
David Lewis, le journaliste de Reuters, voit dans l’évènement la fragilité des bases arrières de la coalition franco-malienne. Mais le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius se fait lui rassurant, répétant que les groupes jihadistes « ont été frappés durement ».
Bon d’accord, circulons, y a rien à voir ! Mais à force de vouloir masquer à tout prix ce qu’il y a à voir, d’autres nouvelles remontent, à vérifier certes, et pas seulement en provenance de Gao. Ainsi, celle-ci survenue le 5 février et révélée le 9 par N’djamena-matin :
« Tchad - Mali : 24 soldats du contingent tchadien tués et 11 blessés dans une embuscade au nord de Kidal »
Alors, MM Le Drian et Fabius, vrai ou faux ? Et que pensez-vous de cet étrange « accident de la circulation » survenue le même jour que “l’embuscade” présumée au même endroit, et qui valut à onze blessés du contingent tchadien de recevoir la visite de leur Premier ministre, avec enveloppes à la clé ?
JT télévision tchadienne du 7 février (à partir de 3:10)


Commentaires
Bon allez, je vous les rouvre (les commentaires). Vous me manquez déjà.
en ces temps de disette culturelle c ’ est comme un croissant ce matin -
Ah! enfin un peu de lumières dans les ténèbres du secret défense. Merci!
On voit bien dans ton texte que le mensonge et la désinformation ne sont pas le fait QUE des médias au service des dits-intéressés , mais donc aussi des intéressés eux-m^mes –
Les infos sur Julian Assange vont dans le m^me sens –
http://globalpresse.wordpress.com/2…
Tout porte à penser que nos combats seront longs –
Peu importe , 1000 bonnes nouvelles arrivent aussi :
les nôtres continuent de déployer nos forces ici sur le territoire
http://www.lespetitspoissontrouges….
et à l ‘ extérieur ,
/ combats également indispensables –
http://www.jean-luc-melenchon.fr/20…
= )
Le premier manifeste des assises de l ‘ écosocialisme pointe la haute valeur de la culture , transmise par le système éducatif :
( grèves de l ‘ éducation nationale ??? )
Pour autant la culture n ‘ est pas (qu’) une affaire de transmission , mais de (création de) partage –
(et elle n ‘ est pas le fait de l ‘ école !! )
Il ne s ‘ agit pas que de partage de luttes – tant s ‘ en faut ! –
Il s ‘ agit surtout et essentiellement de partage du « Bien Vivir »
Ici l ‘ on comprendra que les tenants de la culture ne bloquent pas seulement ce qui est l ‘ info , mais SURTOUT tout ce qui est de l ‘ ordre du partage !
Comme si , depuis la nuit des temps , le partage était antinomique de l ‘ épanouissement de l ‘ individu ???
Il est grand temps de rétablir cette erreur !
Gageons que nous saurons redonner à la culture du partage et de l épanouissement des individu(e)s la place que nous désirons –
Alors nos ( ?) éventuelles interventions au Mali ou ailleurs auront du sens –
[ je demande à Yéti la permission de faire ma ptite annonce pour mon site / bon , c ‘ est pas terrible , mais si vous m ‘ envoyez quelques commentaires , ça sera KooooL –
http://mondeindien.jimdo.com/
]
Yéti ne supporte déjà plus la solitude de la retraite et nous autorise charitablement à commenter ses inquiétudes quant à notre glorieuse expédition au Mali.Le problème ,c’est que les frontières sont poreuses,le Mali ,c’est pour part le Sahel et le Sahel ,c’est une bande de de 400 km de large qui va du Sénégal à la Somalie,un grand terrain de jeu pour une petite armée…
….en haut à gauche, c’est un fou de bassan? Non, parceque ce sont mes potes en mer.
http://www.liberation.fr/monde/0101…
ça barde aussi sévère en Algérie, la guerre Sahélo-Sahharienne est bien une réalité.
@Piotr : Nous savons tout ça et plus mon gast sur cette guerre, va te recoucher
@Bretagne : Oui, un fou de Bassan. Mes potes à moi aussi, en mer. Avec les sternes.
Youpi! Les commentaires sont de nouveau ouverts. Merci Le Yéti. C’est quand même bien plus vivant avec que sans. On forme comme une grande famille, non?
Troisième jour où le Monde ne dit pas UN mot sur le Mali et la région!
AAAAHHHH! Elle est bien bonne celle là! :
http://www.marianne.net/Bruxelles-v…
Qu’est s’est il passé dans la presse française ?
A part quelques sites, le silence aura était total, jusqu’à la parution de la chronique du Yéti sur R89 ; il faut dire que notre site faisait sa ‘’ une ‘’ depuis plusieurs jours sur le Pape, les chevaux morts et le foot sous toutes les coutures.
Depuis la douche de Gao, Nous n’entendons plus jean-Yves Le Brillant, avec ses martiales considérations sur la Blitzkried (Guerre éclaire) de nos troupes. Les patriotards ont retrouvé un peu d’humilité devant les soldats de la Furia Francesse ressortant leur Durandal et appelant la cavalerie (hélicos) à la rescousse, alors qu’ils s’opposaient à quelques dizaines de Djihadistes… il faut dire en compagnie de soldats d’élites maliens plus embarrassants qu’autre chose.
Comme disait Clémenceau : ‘’ La guerre est trop sérieuse pour n’être confiée qu’à des militaires. ‘’, C’est exactement ce le gouvernement évite depuis Gao et les événements, à vérifier, avec les soldats tchadiens au nord de Kidal. Tout médiatique est tenu de s’occuper de ses cadeaux souvenirs, en silence.
Il est clair que tous les laudateurs de nos troupes, savent maintenant que les djihadistes ont opéré dans leur majorité un repli stratégique, adoptant un système de harcèlement qui a fait dire à Guimauve Le Conquérant ‘’ Qu’aucun groupe n’est capable de mener une véritable offensive. Nous devons poursuivre, non plus la libération d’un territoire, mais sa sécurisation. ‘’ Nous voilà donc, à jouer au chat et à la souris, au gendarme et au voleur, à cache-cache ; bref à faire du maintien de l’ordre… Avec un pays en état de guerre civile, voir le com de ‘’Sans Terre ‘’. On comprend pourquoi nos alliés restent à distance de cette chienlit.
Pride ! Pride ! Heu…..