25 juin 2017

Vers une séparation de l'église médiatique et de l’État profond populaire

Droit_de_reponse_Corbiere.jpg
Alexis Corbière répond aux Grandes gueules sur l’affaire Obono

Cela ne confine même plus à une protection de classe raisonnée, mais à de l’hystérie totalement hors contrôle. Les réactions de la presse mainstream à l’arrivée des 17 députés Insoumis à l’Assemblée nationale prêtent presque plus à rigoler (et à rassurer) qu’à s’indigner.

Sur fond d’affaires foireuses, comme celle de l’AFP pris les doigts dans le pot de confiture de la rétention d’informations, on vient en effet d’assister à un mitraillage médiatique insensé contre tout ce qui avait une tête d’insoumission :

  • Danièle Obono, députée FI un peu trop noire de peau pour qu’on ne la soupçonnât point de patriotisme frelaté, fut proprement mise en pièces par les clébards déchaînés des Grandes gueules de RMC ;
  • sur CNews, Pascal Praud, tout en finesse d’insinuations gros sabot, “s’interrogeait” sur la psychologie d’un Mélenchon, mi-« tribun brillant », mi-« homme qui éructe l’anathème » ;
  • et je vous passe le tollé surjoué de l’anti-matheuxphobie qui en dit long sur l’étendue surréaliste du contrefeu d’artifice déclenché par les éditocrates en folie.

À croire que les 17 élus Insoumis à l’Assemblée nationale ont un potentiel subversif autrement plus redoutable que les 350 députés du duo En marche !/Modem. Ou à moins que ce soit juste la goutte qui fasse déborder le vase ébréché d’une propagande médiatique mainstream au bord de la crise de nerf.

La panique de la meute médiatique se retourne contre elle-même

Car on sent bien qu’il y a manifestement de la panique dans l’air dans les réactions démesurées de la meute médiatique. Eux-mêmes se rendent probablement compte de la fragilité de leur position dominante, mise à mal par un président Macron choisi plus par défaut que par conviction, et avec un parlement élu par moins de 40% des électeurs français. Sans doute nos chiens de garde pressentent-ils confusément que la chose politique ne va plus se déterminer uniquement et aussi paisiblement qu’avant dans l’enceinte rassurante des institutions de la 5e République, surtout si de surcroît celles-ci sont minées de l’intérieur par une horde de 17 barbares incontrôlables.

D’où leurs tirs de barrages surdimensionnés. Faut-il s’en émouvoir ? Ou faut-il plutôt s’en féliciter ? Car ce qui apparaît est que le clergé médiatique a sans doute poussé le bouchon un peu loin cette fois-ci, et que les cris d’orfraies de leurs grands prêtres n’ont peut-être pas eu les effets répulsifs escomptés, se retournant même à leur encontre. Il fallait voir la bobine un brin gênée aux entournures des “Grandes gueules” de RMC pendant le droit de réponse post-curée anti-Obono exercé par Alexis Corbière.

D’une certaine façon, l’agressivité excessive de la réaction médiatique mainstream sur l’arrivée du groupe Insoumis à l’Assemblée nationale a finalement quelque chose de positif : la ligne de fracture entre les derniers défenseurs du vieux monde et “l’État profond populaire”, représenté autant par les 17 élus Insoumis que par les quelques 60% de Français dégoutés d’un spectacle démocratique si outrageusement perverti, est désormais parfaitement dessinée. Plus de quartiers à attendre entre les deux camps, sinon une séparation totale à envisager entre l’église médiatique et l’État profond populaire.

© Chroniques du Yéti, after the WP Dusk To Dawn theme Propulsé par Dotclear