Mobilisation générale : Cédric Herrou a vraiment besoin d'un coup de main

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« Pour que vous compreniez. Voilà monsieur le Procureur, et tous ceux qui le traitent de passeur, de trafiquant d’êtres humains et de voleur, voilà à qui vous avez à faire. » 

D’abord, te remercier avec chaleur. Poignée de main ou bise à ta guise. Je t’avais demandé de partager l’appel à l’aide en faveur de Cédric Herrou. « Ce n’est même plus du partage, c’est du délire ! » m’a écrit Pierrick, le collègue de blogue… alors que l’on n’avait encore rien vu ! Le yetiblog a d’ordinaire une bonne audience mais alors, là, tu as tout pulvérisé. Les compteurs ? Des ventilateurs !

On est très nombreux

Tu confirmes encore une fois mon intuition profonde : on est très nombreux à vouloir un monde fraternel. Bien plus nombreux qu’à rêver d’être milliardaire. Non, Cédric, tu n’es pas tout seul !

Cédric a été arrêté une nouvelle fois le 18 janvier. Deux jours de garde-à-vue. En compagnie de Morgan, frère de Cédric, et d’une bénévole. Une journaliste de L’Âge de faire a fait une dizaine d’heures de gardav. Un photographe de Libération a été malmené. Une perquisition avec une trentaine de flics armés, bottés, casqués (photos Laurent Carré le malmené). Les enfants réfugiés, renvoyés en Italie au mépris de la légalité, sont revenus le samedi 21 janvier chez Cédric. Qui avait fait pour eux une demande de prise en charge auprès de l’ASE, aide sociale à l’enfance, à la mi-décembre.

Monsieur le procureur, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être…

À peine sorti de gardav, Cédric a écrit au procureur :

« Monsieur le procureur,

Vous avez fait pleurer ma mère, mon père. Vous avez arrêté mon frère, mon amie. Vous nous avez mis sous les verrous, traités comme des chiens, des malfrats.

Vous avez ordonné à une trentaine de gardes mobiles, armes aux poings, d’entrer sur mes terres, prendre ces trois enfants sans parents, qui attendent chez moi, depuis plus d’un mois, d’être pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance.

Ces enfants ont connus la guerre, la torture, l’esclavage. Ces enfants que je protège. Ces enfants qui m’ont donné leur confiance. Vous avez, au nom de votre France, violé les droits de l’enfant ! Ils attendaient la sécurité de la part de notre pays.

Vous me savez sensible aux personnes que j’aide, aux personnes que j’aime. Vous savez que ma liberté ne s’arrêtera pas aux barreaux de vos prisons et vous tapez là où ça fait mal !!!

Sachez, Monsieur le Procureur, que je resterai fidèle à mes convictions, que ma France, que notre France, continuera à défendre les droits des hommes, des femmes, des enfants présents sur le sol français au nom de nos valeurs qui fondent la république française.

Ne pensez pas que je suis seul, nous sommes des milliers, des millions!

Chacun son métier, le mien c’est agriculteur, le vôtre c’est de faire respecter la loi. Loi qui protège et fait que le vivre ensemble soit la règle primordiale à notre démocratie. »

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La mère de Cédric a, elle aussi, écrit au procureur :

« Monsieur le Procureur, je vous fais une lettre…

Je suis la mère de celui contre lequel vous vous acharnez. Ma grand-mère paternelle a elle aussi, en 1918, passé la frontière d’Italie à pied, par les montagnes. Elle a perdu le bébé qu’elle portait au cours de ce périple (peut être a-t-elle croisé à ce moment-là les grands mères de messieurs Ciotti et Estrosi, qui sait ?) Elle s’est louée telle une bête de somme pour tirer les « charretons ». Je me souviens d’elle avec la lanière de cuir qui lui barrait le torse.

Ma mère quant à elle était allemande, ma sœur est née dans les geôles de la gestapo, elles ont été toutes deux libérées par les Américains. C’est ce sang là qui coule pour moitié dans les veines de mes deux fils que vous avez fait arrêté jeudi, l’autre moitié étant du pur sang de Bretagne… C’est têtu un Breton, et ça n’a pas peur des tempêtes.

S’ils ne sont pas Français « de souche » (c’est ce qui reste d’un arbre mort, non ?) ils ont des racines profondes et vivantes dans ce pays qui est le leur et qu’ils aiment.

Pour que vous compreniez. Nous avons été « famille d’accueil » pendant 25 ans. Cédric avait 5 ans, Morgan 7 ans, quand les premiers enfants sont arrivés. Ils ont partagé leurs jouets, leur table, leur maison, leurs parents, avec 15 enfants délaissés, de toutes origines, certains battus, violés.

Alors quand Cédric vous dit que ces enfants qu’il voit sur nos chemins et nos routes de la Roya, ce sont ses frères et ses sœurs, il ne vous ment pas. Et quand il interpelle si fort les services de l’ASE, c’est qu’il en connaît les rouages.

Nous avons quatre enfants puisque ils ont accepté d’intégrer deux de ces enfants à leur famille, ce sont leur sœur et leur frère à présent et nous en sommes très fiers !

Voilà monsieur le Procureur, et tous ceux qui le traitent de passeur, de trafiquant d’êtres humains et de voleur, voilà à qui vous avez à faire. »

Mama Herrou

Monsieur le procureur, il faut que l’on vous dise, notre décision est prise…

Cédric a besoin d’un coup de main :

  • option flemme : tu signes la pétition ;
     
  • un peu plus de boulot : tu écris aussi une lettre au président de la République.

Agnès Tricoire t’a fait un modèle avec l’adresse d’envoi et tu peux modifier à ta guise. Et surtout, tu partages avec tous tes réseaux. Ça devient vraiment très important. Pour Cédric, bien sûr, mais aussi pour tous les habitants solidaires de la Roya : sur l’agenda du procureur il y a une guirlande de procès chaque mois de janvier à avril.