Revenons si vous le voulez bien sur ce test d’UFC-Que choisir qui sema une brève petite panique dans les rangs de quelques notables. Lasse de lancer en vain ses cris d’alarme sur la dégradation de notre environnement atmosphérique, UFC-Que Choisir décida en effet de tester l’environnement immédiat de ceux qui ont en charge tous ces problèmes de société.
La vie
13 janvier 2010
PLUS PRÈS D'AILLEURS
Un petit rafraîchissement en passant.
Elle, je l’ai connue haute comme trois pommes, copine de maternelle avec ma fille aînée. Je l’ai vue grandir, devenir adulte, hésiter, se cogner à quelques murs existentiels. Et puis un jour, elle est partie. En voyage. Avec lui que je ne connais pas, mais c’est tout comme.
Le présent s’impose, car au moment où sont écrites ces lignes, ils y sont encore. Ne parlent pas de date de retour.
10 janvier 2010
MANO SOLO RENTRE AU PORT
Lhasa de Sela, et maintenant Mano Solo qui rentre au port. Mon cœur saigne…
04 janvier 2010
LHASA DE SELA
Lhasa de Sela, chanteuse, morte à 37 ans d’une saloperie de cancer. Putain !
24 novembre 2009
RETOUR FORCÉ DU COLLECTIF
— Tu comprends, être obligée, à plus de vingt-cinq ans, de monnayer des heures de ménage à ses parents pour boucler ses fins de mois, c’est la honte !
Combien sont-ils aujourd’hui, comme cette jeune femme, à se sentir désemparés par cette situation “honteuse” où les précipite la crise ? Combien sont-ils à courir après ces petits boulots qui se dérobent de plus en plus devant eux ?
19 novembre 2009
KRISS
Kriss, dite aussi Kriss Graffiti ou encore Kriss Crumble, du nom de ses émissions sur France Inter ou sur FIP, Kriss (de son vrai nom Corinne Gorse, mais qu’importe son vrai nom) est morte aujourd’hui, emportée par un putain de crabe dégueulasse. Kriss, c’était “ma meilleure copine” à moi.
27 octobre 2009
L'ÉTHIQUE & LA RAISON
De quelques côtés que nous nous tournions, la débandade prend des allures si vertigineuses, que nous avons du mal à nous arrêter sur un de ses soubresauts sans qu’il soit illico balayé par le suivant.
Derniers en date, la tentative grotesque, aussitôt avortée, de promotion népotique d’un rejeton présidentiel insignifiant ; puis le relais saisi par le traître de basse cour, ce Besson et son idée tordue aux troubles relents de “grand débat” sur l’identité nationale.
19 octobre 2009
RETOUCHES
La députée UMP Valérie Boyer vient de déposer une proposition de loi sur les photos retouchées des magazines en papier glacé, obligeant ceux-là à indiquer les infractions à l’ordre naturel des choses et à ses imperfections supposées. Branle-bas de combat chez les lifteurs impénitents.
« Une manière de refuser le progrès ! (clament nos indignés) … Un mauvais coup au rêve et à la beauté ! »
Haro sur le bouton assassin, le pli offensant, le bourrelet humiliant, la cerne sacrilège ! Sur ces couvertures transies, jamais l’ombre de ces délicats plis nasogéniens ornant les ailes frémissantes des nez, nulles pattes d’oies imprimées de nos rires passées, ni rides du lion révélant l’intensité d’une réflexion.
29 septembre 2009
LA MARQUE DU SACRÉ
La crise qui nous frappe aujourd’hui ne serait rien si elle n’était que structurelle, un simple bug mécanique dans une organisation financière et économique essoufflée. Mais non, on a vu déjà qu’elle avait des prolongations civilisationnelles. On peut aujourd’hui constater qu’elle porte en elle l’étouffante marque du sacré.
La Marque du sacré, c’est le titre d’un livre lumineux du philosophe Jean-Pierre Dupuy (éditions Carnetsnord, 2008, 20 €), qui inspire très librement la petite analyse à suivre sur la situation apocalyptique qui est aujourd’hui la nôtre.
Jean-Pierre Dupuy traite de la façon dont l’être humain a abusivement ramené sa science, pour se poser en rival de ses vieux dieux défaillants.
25 septembre 2009
« JE VOUDRAIS ÊTRE VOTRE AMI(E) »
Ça y est, j’ai sauté le pas, je me suis ouvert une page Facebook. J’ai mis quelques photos, donné quelques indications bio, limité les accès à “mes ami(e)s”, et attendu que ceux-ci veuillent bien se présenter…
Ils ont fini par venir, tout doucement, presque timidement. Annoncés par un mail en forme de carton d’invitation. « X. vous a ajouté en tant qu’ami(e) sur Facebook. Confirmez que vous connaissez X. pour… » J’ai confirmé tout ce qu’on voulait.
15 septembre 2009
LES QUESTIONS D'ANDRÉ
André S. m’énerve. Enfin, surtout ses questions. André, c’est mon hébergeur. Je veux dire, celui qui tient mon cher petit blog au chaud sur son serveur. Figurez-vous qu’André voudrait savoir pourquoi vous, lecteurs, lui piquez autant de bande passante en passant par chez moi.
17 août 2009
WOODSTOCK, RIGHT NOW !
Le matin, je vais souvent balader mes chiennes sur la jetée qui donne sur le grand estuaire. En ce moment, il fait beau. Les touristes en font un lieu de pèlerinage. Mais ce que je préfère, c’est quand le quai est un désert battu par le vent et la pluie. Un vilain crachin noie interminablement le paysage.
C’est à peine si là-bas, sur l’autre rive du fleuve, on aperçoit les ombres des complexes pétrochimiques et les fumées menaçantes de leurs hautes cheminées. De ce côté-ci, seules quelques rares silhouettes liquéfiées de passants obstinés s’accrochent au gras du bitume. Elles filent comme ombres pourchassées, imperméables au salut.
Pourquoi faut-il qu’à ces instants me reviennent en mémoire les images d’un autre vieux souvenir ruisselant…
14 août 2009
LAL
Mon copain Lal (Leonid Minor pour l’état-civil) est mort durant l’été. Presque un siècle de vie, et il s’est écroulé. Mort. Jusqu’à son dernier souffle, et même si un sort malheureux nous avait éloigné depuis quelques années, Lal Minor a toujours été à mes yeux une vivante représentation de l’élégance. Comme Don Quichotte l’était aux yeux d’Orson Welles.
Qu’aurait-il pensé, lui, Lal Minor, de cette sinistre rentrée 2009, de ces lamentables convulsions d’un monde décadent, à bout de souffle, avec ces hallucinations puériles (« la récession est terminée ! »), ces illusions naufragées (« la reprise est à portée de vue ! »), ses lâchetés, ses faux-fuyants, ses abandons ?
21 juin 2009
BUT HERE WE ARE !
Hier soir, les invités de ma maison avaient du mal à se dérider. Chacun lourd de son stress, son incompréhension, son désarroi face l’impitoyable détricotage de notre univers de vie. Ce matin, il fait beau, chaud. Le petit port baigne dans une atmosphère presque paisible. Sur les quais, les gens marchent lentement. Une journée à se rouler en boule sous le soleil. Je voudrais vous faire un cadeau…
11 mai 2009
TIR NA NOG
Se désembourber. Échapper coûte que coûte au traquenard gluant de la dissolution collective. Je regarde en rétrospective les sujets de mes si sérieux derniers billets et en sors un peu assommé. Il y a quelques temps, après la publication de mon petit programme économique et politique en sept volets, j’annonçais à mon amie Myriam mon intention d’essayer de trouver et de faire partager, quoiqu’il se passe, les quelques miettes de raisons de vivre qui nous restent au beau milieu du naufrage général. Eh bien, il est grand temps de commencer…
10 mars 2009
DANS MA CHEMISE
— Grand-père ! Grand-père ! Où t’es ?
— Dans ma ch’mise ! Allez dors, petit, dors…
Ce souvenir ! Ce souvenir ! La grande chambre commune, froide et humide, de la grande maison au bord de la rivière. L’aboiement des chiens dans la campagne. Le tic-tac obsédant du réveil matin. Cette obscurité terrifiante pour l’enfant qui se réveille en sursaut dans la nuit. Et la voix de grand-père pour le rassurer…
01 mars 2009
LA FIN EST MON COMMENCEMENT
« Tu sais, je me suis toujours intéressé à l’humanité. L’homme, mais qui est-il, bon sang ? Alors, j’ai fini par me poser cette question, un peu bête mais tellement importante : “Et moi, qui suis-je ?” Cet homme, cet homme… Bref, j’ai été totalement pris par l’homme, par l’humanité. Où va-t-il ? Que fabrique-t-il ? S’améliore-t-il ou ne s’améliore-t-il pas ? C’est cela l’Histoire, tu ne crois pas ? »
L’Histoire avec un grand H, Tiziano Terzani (1938-2004), le grand écrivain-journaliste italien, la vécut pleinement. Dans une ultime et extraordinaire série d’entretiens avec son fils Folco (La Fin est mon commencement, éd. Les Arènes/Intervalles 2008), il illustre à merveille le dilemme qui est aujourd’hui celui de chacun d’entre nous : la lutte entre le Bien et le Mal, quand le Bien et le Mal sont d’inextricables frères siamois.
30 janvier 2009
DES MOMENTS FORMIDABLES
« En vrai, malgré leurs malheurs, tous ces gens vont vivre des moments formidables ! »
Voilà ce que disait ma fille aînée, vingt-six ans, en regardant les images de la terrible tempête Klaus qui venait de ravager le sud-ouest de la France. Et de fait, la réalité lui donna raison. Nous parviennent au fil des jours les bribes de cette solidarité spontanée entre les naufragés, cette entraide née du vent furieux, ces repas pris en commun de par la force des éléments, ces chaleureuses veillées collectives improvisées pour pallier à l’absence d’électricité, de chauffage, d’eau potable. Drôle comme nos moments les plus mémorables nous viennent souvent des passages les plus périlleux de notre existence.
18 décembre 2008
L'AN 01
À cheval sur mon bidet
au galop il fait des pets
au pas, au pas
au trot, au trot
au galop-galop-galop-galop
YOOUUU !
Renversée sur mes genoux, Julia, six mois, la fille de ma fille, rit aux éclats. L’odeur du café et des chouquettes chaudes donne à la pièce son air de petit-déjeuner. Dehors, jour à peine levé, vent et crachin. « … cheval sur mon bidet… pets… galop-galop… » Ben oui ma p’tite puce, “papou” aussi se marre. Et sacrément ! Toi, tu as à peine bouclé la moitié de ta première année et “papou” vient d’en vivre une des plus rigolotes depuis des lustres. Oh, pas pour les mêmes raisons que toi, bien sûr ! Quoique…
17 décembre 2008
BONJOUR PHILIPPINE
Ça fait des jours que je marne à essayer d’écrire cette damnée chronique : L’Apocalypse des cerveaux, un brûlot (du moins le voulais-je ainsi) sur la décrépitude mentale, morale et intellectuelle qui ratatine notre univers de tous les jours et atteint aussi bien nos élites que le pays d’en bas. Mais impossible ! Une lassitude au plus profond qui me retient. Une envie irrépressible d’espaces irradiés et d’air vif.
C’est alors que je suis tombé sur cet air vif, un vieil enregistrement télé du film de Jacques Rozier, Adieu Philippine, ovni fulgurant d’un poète en lisière, à l’heure où la Nouvelle vague allait balayer le “cinéma de papa” d’avant les années soixante.
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