La grosse panne : Internet vous manque et tout est dépeuplé

La grosse panne : Internet vous manque et tout est dépeuplé

Panne d’Internet à la maison depuis le 18 décembre, et toujours pas réparée ! Le grand vide : plus de nouvelles, plus d’échanges, votre maison : une île !

Mon fournisseur d’accès  a tout de suite localisé la panne : un bête problème au « nœud de raccordement », c’est-à-dire entre mon domicile et l’émetteur (à 3 km). C’est donc à France Telecom d’aller rebrancher la ligne récalcitrante. Mais depuis silence radio !

Silence télé (pas grave, je ne la regarde plus depuis longtemps), plus de téléphone fixe (plus chiant, les portables se révèlent vite des pis-allers qui ne passent pas dans les maisons trop bien isolées), des billets de blog écrits à la va-vite et des messages consultés en coup de vent dans le bistrot du bourg (à 4 km), l’occasion aussi de se rendre compte que la 3G/4G est une sombre arnaque, aussi tortillard que les vieux modems poussifs des débuts du Net.

Tout ça est bien chiant, mais pas forcément insurmontable. Enfin, pour certains. Le dessinateur Enki Bilal vient de faire une BD là-dessus, Bug (éditions Casterman), qui raconte comment, en une fraction de seconde, le monde numérique disparaît et des conséquences apocalyptiques qui en résultent : les programmes s’effacent, les avions tombent, les ascenseurs se bloquent…

On est bien peu de chose, n’est-ce pas, dépendant du bon état de fonctionnement de vulgaires tuyaux et de quelques employés démotivés de France Telecom ou assimilés ?

Mais certains sont plus vulnérables que d’autres. Imaginez le monde du commerce en ligne, des activités bancaires, de la spéculation financière, des armées en plein conflit, le jour où ils seront brutalement privés du numérique…

Une nouvelle fois, la leçon est tirée : Internet met sur un pied d’égalité les puissants et les petits quoi que les premiers fassent (en vain !) pour contrôler les tuyaux. Et ceux-là ont beaucoup plus à perdre que ceux qu’ils voudraient museler.

Moi, il me reste mon entourage, mon coin du feu, mes potes d’à côté, les parties de pêches à la palourdes, aux bigorneaux ou aux huitres sauvages…

Allez, j’ai fini ma bière et ce court billet. Je retourne chez moi. Je ne sais pas vous, mais j’adore ressentir ma fragilité dans un monde où l’on est que de passage. Je vous souhaite à tous une bonne fin d’année. Avec ou sans Internet.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.