Finalement on peut très bien vivre sans passe sanitaire

Au bas de chez moi, ce matin

Je me demandais comment allait se passer ma vie après avoir pris la décision de ne pas céder aux injonctions de vaccination et en me privant de leur passe sanitaire. Eh bien, fort bien, merci.

Aucune frustration, aucun regret. C’est même le contraire : un certain soulagement, une sensation de désintoxication, l’heureux étonnement d’avoir retrouvé un certain goût de vivre. Vivre sans passe sanitaire, ni saloperies géniques dans les veines, c’est comme arrêter les clopes. Passés les premiers effets indésirables de manque, une fois vos papilles débarrassées de la couche de nicotine qui les obstruait, vous retrouvez le goût des choses simples.

Autour de moi, il y a la mer, mon petit bateau, mes potes, les virées de pêche au filet, quelques filles qui embrassent encore (toujours celles qui embrassent le mieux, vous remarquerez), quelques commerces de proximité, des conversations qui ne se prennent pas le chou (éviter les sujets qui fâchent), les petits plats qui font plaisir (hier soir tripes avec des pommes de terre vapeur, ce soir bulots aïoli, demain andouillette salade et dès lundi, hop, pot-au-feu de saison avec ses os à moelle)…

Prendre la tangente pour conjurer le chaos

Les bistrots, les cinés, les musées, ça ne me manque pas du tout. Je n’essaie même pas de tricher, de repérer les loufiats qui ne sont pas trop regardant sur votre ausweis pour vous laisser vous installer en terrasse. Quand on en aura fini avec ces conneries et qu’on aura remis les affaires au net, on verra. Mais pour l’instant, c’est rideau. Tricher, c’est encore accepter l’ordre établi. Je ne résiste même pas, je prends la tangente.

Les voyages, pareil, ça ne me manque pas. Leurs trains, je m’en passe. J’essaie de limiter les longs trajets en voiture (ça tombe bien vu le prix de l’essence) et si mon vieux moteur de bateau tombe en carafe, je rame, c’est très agréable. Venez par chez moi et vous verrez qu’avec de bonnes jambes (et l’excellente paire de chaussures de marche que m’ont offerte les miens pour mon anniv’) on fait un tour du monde exaltant.

Ne croyez pas que je sois retourné à une vie de Cro-Magnon. Les écrans de mon ordi et de mon smartphone m’ouvrent un regard sur le vaste monde et ses affligeants fracas. J’essaie juste de conjurer ce chaos en lui donnant sens dans le yetiblog. J’y rencontre quelques compagnons de fortune alternative. Ne serait-ce cette colère tenace et cette douleur – ah, cette douleur ! – face à la résignation générale, tout irait plutôt pour le mieux. Le soir, après extinction des écrans et des feux, je dors très bien, je vous assure.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.