“Toujours Charlie” : la désintégration d’une élite bien blanche sur elle

“Toujours Charlie” : la désintégration d’une élite bien blanche sur elle

Le samedi 6 janvier était organisée une soirée “Toujours Charlie” censée raviver l’esprit du 7 janvier 2015. Un naufrage.

« Nous savons désormais, avec le recul du temps, que la France a vécu en janvier 2015 un accès d’hystérie », écrit Emmanuel Todd dans son ouvrage “Qui est Charlie ?” (Le Seuil 2015). Mais alors que dire au lendemain de cette commémoration pathétique par une élite visiblement en pleine désintégration ?

Plutôt que de longs commentaires, un petit florilège de ce que l’on entendit ce samedi 6 janvier aux Folies-Bergères – oui, aux Folies-Bergères ! – en dit long sur la perdition de cette intelligentsia bien blanche sur elle qui pense encore être investie d’une supériorité intellectuelle et morale sur le reste de l’univers.

Françoise Laborde
Françoise Laborde traitant Edwy Plenel de « petit moustachu » et de « dieu journalistique » pour les jeunes journalistes.

Élisabeth Badinter : « On DOIT être Charlie »

  • Les premiers intervenants dénoncent pêle-mêle le communautarisme musulman, les stages d’anglais au Qatar, les intégristes coraniques, la « hiérarchisation raciale », les réunions entre non-blancs dans le 93…
  • Caroline Fourest justifie l’absence de contradicteurs (dans cette assemblée exclusivement blanche) par le refus d’inviter des personnalités qui « continuent à insulter Charlie » après la mort d’une partie de sa rédaction.
  • Frédérique Calandra (maire du 20e) veut « inclure »… en excluant (le voile).
  • Élisabeth Badinter (star de la soirée) : « Peut-on être Charlie ? Oui, sans restriction, mais surtout on DOIT être Charlie ! »
  • Pascal Bruckner (ancien soixante-huitard défroqué) stigmatise « les islamo-gauchistes et les fanatiques ».
  • Raphaël Enthoven : « Ce mot [islamophobie, ndlr] est une arnaque, ce mot est un adversaire considérable ! »
  • Nathalie Saint-Cricq (reprochant la politique laxiste de Macron envers l’Iran) : « On ne va pas mettre le feu en Iran parce que Rohani serait mieux que… mieux que quoi !?

Faut-il en rire ou en pleurer ? Devant ce déluge de bêtise boursouflée, cette hallucinante débâcle idéologique, cet intégrisme laïcard qui revendique sans fard son islamophobie (mais beaucoup moins sa cathophobie ou sa judéophobie, faut pas déconner !), le mieux, passé le premier moment de stupeur, est de se laisser aller à un irrépressible éclat de rire.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.