Et pendant ce temps-là, un 16e suicide chez les ex-Goodyear…

Et pendant ce temps-là, un 16e suicide chez les ex-Goodyear…

Mickael Wamen nous donne des nouvelles des ex-salariés de Goodyear. (Aujourd’hui j’entendais à la radio que la croissance patati patata…)


Y a vraiment des jours de merde. J’apprends une nouvelle fois qu’un ancien pote de Goodyear a mis fin à ses jours. Mon pote Jérémy, notre pote, ami et frère, a décidé d’en finir hier.

Mais putain, ça va s’arrêter quand ? Il y a quelques semaines Régis, lui aussi, a mis fin à ses jours. Broyé par les conditions de travail, inapte à tous travaux depuis des années, il vivait sous médocs 24h sur 24h. La souffrance était telle qu’il a préféré y mettre un terme.

Combien de nos copains se sont flingués depuis cette fermeture violente ? Les saloperies qui ont décidé de nous mettre dehors broyant ainsi nos vies sont coupables. Nous perdons des potes. Et des familles perdent des papas, des époux, des frères.

J’ai la haine quand je pense aux deux enfants et à l’épouse que Jérémy laisse. Envie de gerber, putain, Jérémy était jeune. Bien trop jeune pour nous quitter. Il faut sacrément être à bout pour en arriver là.

La fin des indemnités de chômage, l’arrivée au galop du RSA. Goodyear devrait être obligé de payer de suite les indemnités réclamées aux prudhommes. Et où sont les promesses de reclassement, de revitalisation ?

Du vent ! En attendant, deux nouvelles familles sont anéanties. Pour nous, ni Régis, ni Jérémy et tous nos autres amis, potes et frangins n’auraient dû en arriver là. Les actionnaires qui ont décidé de fermer notre usine sont de vraies pourritures, ils se font un max de fric et continuent à broyer des familles en toute impunité.

Qu’ils sachent que je me battrai jusqu’au bout, je ne lâcherai rien, mon combat ne trouvera de fin que lorsque plus jamais des personnes n’auront à vivre et subir ce qu’ils nous ont fait endurer. Leur course aux dividendes a détruit une grande partie de nos vies et a poussé certains à en finir avec l’autre partie.

Toutes mes pensées et celles de mes camarades — qui, comme moi, sont abasourdis par cette énième nouvelle catastrophique — vont à tous les proches de Jérémy, sa femme et ses enfants.

En colère, triste, effondré. Les larmes qui coulent sont à la fois de tristesse et de colère. Tôt ou tard cela devra cesser.

=> Source : Mickael Wamen, ex Goodyear.

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<p>Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.</p>