Menaces (vaines) des États-Unis contre une résolution de l’OMS sur l’allaitement maternel

Menaces (vaines) des États-Unis contre une résolution de l’OMS sur l’allaitement maternel

Les États-Unis ont tenté, en vain, de boycotter une résolution de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui promeut l’allaitement maternel et limite le lait artificiel.

Dans sa résolution, l’OMS rappelle les bienfaits du lait maternel sur le développement neuro-comportemental des nouveaux nés et sur la réduction des risques d’exposition aux maladies. À l’inverse, elle souligne les gros inconvénients des produits de substitution, surtout dans les pays du tiers-monde où ces produits nécessitent l’usage d’une eau souvent contaminée.

Branle-bas de combat chez les producteurs américains de lait artificiel qui ont poussé au cul l’administration US à l’ONU pour qu’elle étouffe au plus vite cette insupportable hérésie commerciale.

Comme cela risquait de ne pas suffire, les représentants américains en sont même venus aux menaces directes contre certains pays dudit tiers-monde, évoquant la possibilité d’une coupure de leurs aides financières s’ils votaient la résolution sacrilège de l’OMS.

Un autre signe de la perte d’influence américaine sur le monde

Dans un premier temps, l’artillerie lourde US est parvenue à retourner certains pays comme l’Équateur et à en ébranler une bonne douzaine d’autres parmi lesquels des pays d’Afrique et d’Amérique latine, comme le Mexique et l’Uruguay.

Patti Rundall, directrice du groupe britannique Baby Milk Action, n’en est pas revenue :

« Ce qui s’est passé est l’équivalent d’un chantage, les États-Unis tenant le monde en otage et essayant de gommer près de 40 ans de consensus sur la meilleure façon de protéger la santé des nouveaux-nés et des enfants. »

Mais la morale de cette histoire est sauve, illustrant là encore la perte d’influence du Maître de l’univers sur les pays vassaux. Présentée par la Russie, la résolution de l’OMS a été adoptée et les États-Unis ont dû ravaler leurs menaces.

L’affaire a été rapportée par le New York Times, mais c’est sur le webmagazine Cubadebate que je l’ai découverte, ainsi que la jolie photo qui illustre ce billet. Je me garderai bien d’interférer dans le choix des mères quant à la façon dont elles décident de nourrir leurs bébés, mais avouez que ce téton généreux est autrement plus bouleversant qu’une vulgaire tétine de caoutchouc (cf. ci-dessous l’illustration symptomatique choisie par le New York Times pour le même sujet 😉 ).

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.