Une véritable question de survie  : nous voulons des coquelicots !

Une véritable question de survie : nous voulons des coquelicots !

Appel pour l’interdiction de tous les pesticides. La survie de l’espèce humaine, comme de bien des espèces animales et végétales, est aujourd’hui en jeu.

Le hérisson hiberne pendant l’hiver. Ça lui évite de rechercher une nourriture devenue rare. Mais le hérisson vit alors sur ses réserves. Ce qui suppose d’avoir des réserves. On estime qu’un poids de deux-cents grammes lui est un minimum pour entamer l’hiver avec quelque chance de survie.

Histoires de hérissons

Et voilà qu’on recueille par l’un des premiers jours froids une portée de cinq petites boules dont la balance annonce seulement soixante grammes. Qu’à cela ne tienne, ils passeront tout l’hiver au chaud dans une pièce de la maison ! Une portée de hérissons, c’est comme une portée de chatons. De charmantes petites bêtes qui adorent les câlins – sur le nez, c’est bien, sous le ventre, c’est divin – et qui jouent tout le temps quand elles ne dorment pas.

Je te conseille seulement de ne pas héberger un hérisson dans ta chambre. C’est un animal nocturne. Et tu n’imagines pas du tout le raffut invraisemblable que peut faire une si petite bête.

Par un jour de gel on trouve un hérisson rouquin bien mal en point. Il est couvert de puces et de tiques. Bain bien chaud. Ça, c’est bon ! Avec shampoing, notre héros n’aime pas trop, mais ses puces encore bien moins. Et puis on lui enlève ses tiques – on en enlèvera pendant trois jours – avant de le poser sur une bouillotte chaude. Ouaouh ! Alors ça, c’est bon, quand on est un hérisson transi de froid ! Notre bête se détend et étale bien son ventre sur la bouillotte pour profiter au mieux de la chaleur.

Après s’être réchauffé les os à cœur, un solide casse-croûte est le bienvenu. Et ce hérisson s’est révélé doté d’un appétit gargantuesque. Il a mangé et roté à en être quasi-obèse en fin d’hiver.

Si le hérisson s’apprivoise très facilement, il ne s’imprègne pas. Le printemps venu, tu le relâches dans la nature où il va retrouver aussitôt son instinct et sa vie de bête sauvage.

La vie sauvage disparaît

J’ai ainsi hébergé des générations de hérissons. Alors tu imagines combien ça m’a chagriné d’apprendre que notre hérisson est menacé de disparition. On accuse la voiture et c’est vrai que beaucoup meurent sur les routes. Mais cela n’a guère changé depuis des années. On accuse aussi Gitans et Manouches qui mangent du hérisson. Mais ce prélèvement est dérisoire et ne cesse de baisser. Les jeunes générations trouvent que ce n’est pas bon.

On accuse aussi les pesticides. C’est la raison fondamentale de la raréfaction et de la menace d’extinction. On ne trouve plus guère de hérissons en campagne mais seulement dans les jardins de ville.

Quand j’étais gosse et je ne suis pas une antiquité, après la moindre pluie d’été, on comptait par milliers les escargots sur les chemins ruraux. Aujourd’hui on ne trouve plus guère de cagouilles et de limaces sur ces mêmes chemins. Les lumas mangent des plantules de colza, de tournesol et de maïs. Alors “on balance un coup d’hélicide” pour augmenter le rendement.

Nos hérissons mangent des colimaçons qui ont mangé du métaldéhyde (un hélicide), ou des insecticides et fongicides que l’on pulvérise partout, et ils en meurent. Ou bien ils ne trouvent plus rien à manger, toute la petite faune étant détruite par les pesticides, et ils en meurent.

Nous voulons des coquelicots

« Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères […] »

Ainsi commence l’appel “Nous voulons des coquelicots”. Quinze inconscients, puis cent, lancent un appel à la résistance pour l’interdiction de tous les pesticides et récoltent 200 000 signatures en deux semaines !

Une association est créée, un mouvement est lancé, le premier rendez-vous est fixé. Vendredi 5 octobre à 18h30 devant la mairie, devant TA mairie. 401 déclarations de manifestation ont déjà été faites ! La carte de France est bien remplie, sûr qu’il y a un rassemblement près de chez toi, et c’est un exploit pour un mouvement créé il y a trois semaines.

Une tapée d’associations et d’organisations ont déjà rejoint cet appel. C’est une coalition qui est en train de se créer.

« Mais notre Appel ne s’intéresse pas seulement aux hommes. Tout ce qui est vivant est désormais contaminé, et menacé. Les oiseaux, les insectes dont nos sublimes abeilles, les papillons, les eaux. Est-ce possible ? En tout cas, c’est devenu insupportable. Et parce que c’est devenu insupportable, il faut se lever. »

Tout repose sur nous. Sur chacun de nous. Il faut se lever. À toi de venir devant ta mairie le vendredi 5 octobre à 18h30.

=> Nous voulons des coquelicots !


« Puis j’attellerai les chevaux du vent / Un cheval rouge, un cheval blanc, un cheval pie / Et nous irons voir tous les océans s’ils sont en vie / Si les océans sont toujours vivants » Gilles Vigneault chante “Le grand cerf-volant”.

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Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.