Témoignage d’une victime d’agression : barbarie et complicité politique

Témoignage d’une victime d’agression : barbarie et complicité politique

Un jeune exilé, perdant la tête, a agressé des passants avec un couteau. Bernard Kalaora en était. Il en veut davantage aux pouvoirs publics qu’à cet adolescent.


Une situation inhumaine pour ne pas dire apocalyptique

Quelques semaines après son élection j’ai tenté d’alerter le président Macron sur la situation inhumaine pour ne pas dire apocalyptique des réfugiés à Paris Porte de La Chapelle. Sans succès. J’ai le triste honneur aujourd’hui de faire, avec d’autres personnes, la une du Parisien et de BFM. Mais cette fois en tant que victime d’une agression par un jeune réfugié marocain de 17 ans venu à Paris il y a un an selon le rapport de police.

Ce jeune erre dans la détresse totale entre La Chapelle, Jaurès et Stalingrad comme des centaines d’autres comme lui, abandonnés depuis des années (plus de 5 ans) dans ces quartiers par les pouvoirs publics. Face à l’indifférence générale de nos gouvernants et à la violence imposée par des conditions de vie bestiale, il est devenu lui-même un barbare. Tout dans sa vie réduite à la vie nue l’y incitait.

Point besoin d’être radicalisé, selon l’expression dorénavant politiquement correcte, pour passer à l’acte, sa situation inhumaine suffit en soi pour comprendre la haine qu’il ressent et qui l’a conduit à passer à l’acte. Face à un tel traitement indigne et méprisant, il se pourrait que moi-même dans ses conditions de non vie j’eusse agi comme lui, envahit par un sentiment de haine à l’égard de moi-même et des autres et animé de la volonté de tuer. Sans doute direz-vous, je suis sous l’effet du syndrome de l’otage compatissant à l’égard de son agresseur.

Je m’en sors vraisemblablement grâce à son Dieu Allah

Ce mardi 12 février entre 23 et 24 heures ce jeune marocain a poignardé sans mobile six personnes, selon la presse, en vérité huit car deux ne se sont pas déclarées. Je suis celui qui a été touché dans le dos à proximité du rein (voir BFM). Heureusement, après une nuit passée aux urgences à l’hôpital Bichat, et après un scanner, il s’est avéré qu’aucun organe (notamment le rein) n’a été affecté.

Je m’en sors vraisemblablement, grâce à son Dieu Allah, avec quelques points de suture et une balafre qui, sur la plage, ferait envie aux tatoués. Je n’ai jamais vécu de telles scènes aussi hyper violentes dans tous les voyages à risques que j’ai fait et notamment en Israël et en Palestine. Il a fallu que ce soit à quelques pas de chez moi, dans Paris et dans le dix huitième arrondissement.

Abandonnés par les élites républicaines

Ce jeune qui, selon la presse, a gratuitement poignardé des civils, femmes et hommes, noirs et blancs, a été qualifié de manière un peu facile comme étant sous l’emprise de l’ivresse (Le Parisien), ce qui permet de classer l’affaire et de la ranger dans la rubrique des faits divers. Bien trop simple et pratique.

Belle pirouette qui dédouane un peu vite la responsabilité des gouvernements successifs qui se moquent (c’est un euphémisme) de la situation des réfugiés de même que de celle des résidents du nord de Paris qui, depuis six ans, sont sous pression et abandonnés par les élites républicaines et les soi-disant représentants démocratiques du peuple.

Pour ma part ces responsables politiques de droite, de gauche et de LREM aujourd’hui sont aussi les complices de cette radicalisation. En laissant les réfugiés crever de froid. En les abandonnant à leur sort misérable dans la rue en plein Paris.

Je suis furieux et j’en veux encore plus aux pouvoirs publics qu’à ce jeune mineur qui, dans sa haine, s’en est pris indifféremment à tous les passants quelque soit genre et origine. Il a aussi blessé deux jeunes maghrébins eux-mêmes réfugiés qui m’ont conduit, pour me secourir, dans le café le plus proche et qui, malgré leurs blessures aux bras, se sont enfuis de peur d’aller à l’hôpital et de se voir reconduire dans leur pays.

Voilà la belle France de la Déclaration universelle des Droits de l’homme qui entretient la haine et qui ose parler d’accueil des réfugiés.

=> Source : Bernard Kalaora, Anthropologue en colère EHSS. Photo : Paris Refugee Ground Support. Intertitres : Partageux.

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