François Ruffin, le foot, les bénévoles et les gamins

François Ruffin, le foot, les bénévoles et les gamins

Comment passer à côté de cette vidéo de François Ruffin ? Le fond, c’est du François Ruffin au mieux de sa forme.

Alors ne t’attache pas à la forme, il est ici piètre lecteur de son texte. Il a le trac, il est ému, il tremble un peu, la voix n’est pas toujours bien assurée et il savonne sur les mots. Mais il fonce quand même parce que le message d’humanité qu’il porte est tellement plus important que sa trouille. Ce n’est qu’un début…

« Dans cette société où tout se marchande, où les services se vendent, ils tondent la pelouse, lavent les maillots, tiennent la buvette. Tout ça pour pas un rond. Pour les gamins. Pour être ensemble. Une résistance à l’argent-roi, massive, quotidienne, souterraine. » (François Ruffin)

« Francois Ruffin parle de la pauvreté, des enfants privés de loisirs, du désespoir des ados et des petits soleils dont on les prive faute de fric. Et les gens ne regardent qu’un putain de maillot ! Pathétique ! » (Mathilde Larrère, historienne)

Le maillot vert qu’il arbore, c’est le maillot d’Antoine Dumini, le maillot du club d’Eaucourt. Le miracle des maillots pliés c’est un extrait de “Comment ils nous ont volé le football. La mondialisation racontée par le ballon” un petit livre co-écrit avec Antoine Dumini. Un magnifique livre édité par Fakir. N’hésite pas à le lire même si, comme moi, tu n’as aucun goût pour le foot, pas plus sur le terrain de ton quartier qu’à la télé. Ce petit livre, j’en ai placé un wagon à la convention de Clermont-Ferrand, en insistant toujours auprès des réticents que moi et le foot…

Le maillot fait scandale. Par contre on peut être un exilé fiscal, avoir un compte bancaire exotique, oublier de déclarer ses revenus, faire une évaluation fantaisiste de ses biens immobiliers, organiser des visites payantes de l’Assemblée nationale, être un député toujours absent, truquer son élection, etc. Mais porter un maillot de foot ! Sacrilège !

« Au delà de la polémique du maillot, écoutez ce que dit Ruffin. Un éloge juste du gratuit et de l’amateur, dans une société de l’utilitaire et de la performance. » C’est Eugénie Bastié qui écrit ça ! Une jeune journaliste du Figaro ultra-libérale et hyper-réactionnaire.

« […] Je ne pourrais pas intervenir à l’Assemblée de manière aussi tonitruante si derrière je n’éprouvais pas l’assentiment des gens. La légitimation, c’est le jour de l’élection, mais c’est aussi les autres jours ! Si je me balade sur une réderie [vide-grenier et brocante, ndlr] et que les gens viennent me dire que je ne raconte que des conneries, je n’oserais plus intervenir à l’Assemblée de la même manière. C’est pas comme si je vivais en dehors de la société, je représente des gens et il faut que je trouve le chemin pour qu’ils m’accompagnent.

Et donc si à l’inverse je reçois des messages positifs, ça m’encourage, parce que les forces contraires sont nombreuses. Ceux qui nous disent que ce qu’on raconte est débile sont nombreux, qu’il faut mieux s’exprimer, qu’il faut rentrer sa chemise dans son pantalon ! C’est tous les jours qu’on a le droit à des rappels au règlement, que De Rugy n’est pas content après toi et qu’il te met un blâme. Sans parler des médias… » (François Ruffin)


Les clubs de sport et aussi les groupes musicaux, les ateliers d’art plastique, les chorales, les scouts, etc. La chorale Glotte-Trotters avec Camélia Jordana chante “Ederlezi”. Imagine un instant ce que ça fait à l’estime de soi des plus jeunes choristes de participer à cette beauté.

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<p>Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.</p>