Réfugiés à Calais par plan Grand Froid : chronique de l’inhumain

Réfugiés à Calais par plan Grand Froid : chronique de l’inhumain

Vague de froid à Calais. Alerte des humanitaires. Les réfugiés ne sont mis à l’abri qu’après 2 jours de neige et 24 heures de tension intense.

Voici des messages dans l’ordre de leur publication sur Twitter.

« On regarde la météo avec les Afghans […] Un d’entre eux répète sans cesse : “Oh my god, oh my god”. Près du feu, de la vapeur s’échappe des vêtements trempés. Dans ces conditions, dormir c’est risquer la mort par hypothermie. Préfecture du Pas-de-Calais, il est temps d’ouvrir des hébergements d’urgence pour tous ! » (Margot Bernard)

« M. Emmanuel Macron, si les réfugiés s’endorment cette nuit, ils vont mourir de froid dans leur sommeil. Il faut que votre préfet ouvre les bâtiments Grand Froid, et vite ! » (Auberge des migrants)

« Comment disaient-ils déjà en réunion ? “Ce sera à l’appréciation du préfet…” On voit le résultat. Tempête [de neige, ndlr] et pas d’ouverture du dispositif ! » (Vincent De Coninck du Secours catholique de Calais)

Une épaisse couche de neige recouvre Calais

« Deux structures sont mises en place pour le plan. Un lieu de ramassage a été défini par la préfecture. Il faut maintenant aller chercher tout le monde sur les différents lieux de distribution [de nourriture]. Merci à tous ceux qui ont envoyé des mails, partagé, diffusé notre appel à l’aide. On espère qu’il y aura assez de place… C’est grâce à vous que le plan Grand Froid est activé pour les migrants et sans-abri, bravo à tous ! » (Auberge des migrants)

« Malgré la tempête, la préfecture continue dans l’horreur : il y a actuellement une destruction des abris sur un lieu de distribution. S’il n’y a pas assez de place dans les structures Grand Froid, ils vont dormir sous la neige. » (Auberge des migrants)

« Deuxième étape du plan Grand Froid : ramener tout le monde au bus qui les emmènera dans l’hébergement. Un Érythréen de 28 ans a tellement froid aux jambes qu’il ne peut plus marcher. Même avec le chauffage de la voiture à fond, il tremble. Des dizaines de bénévoles font des allers-retours en voiture pour déposer ceux qui souhaitent être mis à l’abri. On ne sait pas ce qui les attend, on espère que ce sera suffisamment digne, et qu’il y aura de la place pour tout le monde. » (Margot Bernard)

« On va être franc : c’est le bazar ici. Le plan Grand Froid est clairement sous estimé. Beaucoup de confusion… Plus un seul membre des services sociaux à la Rue des Mouettes. Il y a pourtant plus de trente personnes ici qui ont besoin d’être mises à l’abri… Et nos équipes sont encore en train de ramener du monde depuis les autres lieux. Nous allons à l’entrepôt Plan Grand Froid pour demander ce qui va se passer pour ceux qui sont encore dehors. » (Auberge des migrants)

« Trente personnes sont devant l’entrepôt, il y a des places, mais il faut attendre le minibus du 115 qui va les conduire six par six à l’intérieur. Tout le monde tremble de froid. Cher préfet du Pas-de-Calais, j’ai FROID et envie de faire PIPI. S’il te plaît, on arrête les conneries et on met les gens à l’abri comme des êtres humains normaux. MERCI. » (Margot Bernard)

« La mise à l’abri est terminé ! Tout le monde est épuisé, l’administration française a failli avoir la peau de beaucoup de nos volontaires. Mais ils ont tenu et ils ont gagné : les migrants dorment avec un minimum de dignité ce soir. » (Auberge des migrants)

La volonté gouvernementale de tuer les réfugiés

Excédées par le vol et la destruction systématiques par la police des vêtements chauds, des duvets et des bâches, les associations regroupées ne distribuent plus que du matériel marqué au pochoir. Les réfugiés signent un contrat aux termes duquel le matériel leur est prêté, les associations en restant propriétaires.

Comme il y a le sigle de toutes les associations [Secours catholique, Médecins du monde, Salam, Emmaüs, Utopia, l’Auberge des migrants, Médecins sans frontières et les anglais : Women’s Center, Help Refugees, Care-Calais, MRS], le pochoir est très grand. Regarde la photo de Vincent de Coninck en tête de bafouille. C’est bien volontaire : la police ne peut pas ignorer qui est propriétaire de l’objet. Et on peut ainsi prouver, et le vol, et la mauvaise foi.

« Les gendarmes l’affirment : “pas de bâches ni duvets [nous] appartenant.” Nous suivons le camion municipal qui va à la déchetterie et, oh stupeur ! nos affaires vont à la benne ! Puis des gendarmes me bloquent et tentent d’empêcher les photos. Jusqu’où irez-vous Gérard Collomb ? » (Vincent De Coninck du Secours catholique de Calais)

« C’est confirmé : nos bâches et nos sacs de couchage ont été détruits hier, en plein plan Grand Froid. Nous allons étudier les suites juridiques. Ceux qui ont donné ces consignes ne doivent pas rester impunis. » (Auberge des migrants)

« Destruction des duvets distribués par les associations : “la préfecture n’a pas encore répondu à nos sollicitations sur le sujet…” ÉTONNANT NON ? » (Vincent de Coninck)


Note du Yéti : le préfet du Pas-de-Calais s’appelle Fabien Sudry. Son ministre de tutelle : Gérard Collomb. Rappelez-vous leurs noms : un jour, ils pourraient devenir aussi tristement célèbres que celui de Maurice Papon.

Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais  Gérard Collomb
Fabien Sudry (préfet) et Gérard Collomb (ministre)

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<p>Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.</p>