Qui gouverne les États-Unis ?

Qui gouverne les États-Unis ?

Si Donald Trump brille par son omniprésence médiatique et sa capacité à déchainer les passions, gouverne-t-il vraiment les États-Unis ? À en juger par ses propos et son action politique, la réponse qui s’impose est “non”.

Celui qui devait mettre fin au libre échange et renégocier les traités commerciaux a rapidement renoncé à cette pierre angulaire de son projet politique, ainsi qu’a sa conception originale de la politique étrangère, qui devait s’appuyer sur une détente avec la Russie pour désengager les USA des alliances “obsolètes” et interventions militaires coûteuses.

Dans les faits, malgré les déclarations outrancières et les tweets inopinés, Donald Trump conduit une politique des plus classiques, en tout point comparable au projet politique défendu depuis bientôt dix ans par l’establishment du parti républicain.

Non seulement celui qui devait « assécher le marais » de Washington où pourrissent les politiciens corrompus a garni son administration de milliardaires nageant dans les conflits d’intérêts et confié les rênes de l’économie à un ancien dirigeant de Goldman Sachs, mais il semblerait bien que le  45e président des États-Unis sous-traite l’ensemble des tâches ayant trait au gouvernement.

Incohérence et sous-traitance

Ainsi, le projet d’abrogation de l’assurance santé dite “obamacare” fut laissé aux bons soins du parti Républicain, après que le Twitto-in-chief ait déclaré : « Personne n’imaginait que l’assurance maladie soit si compliquée. » La réforme fiscale et les baisses d’impôts phénoménales qu’elle contient fut le fruit d’un compromis entre sénateurs conservateurs et lobbyistes de tout poil, et désormais les négociations sur l’immigration sont menées par ses membres de cabinet issu de l’extrême droite américaine.

Fox News

Au fil des interviews, il devient de plus en plus apparent que Donald Trump ne maitrise pas les notions les plus basiques autour desquelles s’articulent les débats politiques actuels ni la position officielle de son propre cabinet sur de nombreux sujets. Ses certitudes reposent sur des faits largement distordus par les médias auprès desquels il s’informe (en particulier, les segments les plus hallucinés de Fox News : Hannity Show et Fox and Friends) tandis que sa personne et son image se retrouvent au centre de chacun de ses propos, le faisant apparaître pour un mégalomane égocentrique.

Fire and Fury

Le brûlot “Fire and Fury”, recueil de témoignages que la Maison blanche a tenté de faire interdire, révèle un fonctionnement chaotique de l’administration, corroborant ainsi les conclusions de nombreux analystes politiques. Soucieux de démentir les allégations portant sur son incompétence, Trump a ainsi autorisé CNN à filmer une session de négociation avec les parlementaires sur la réforme de l’immigration, réunion où on le voit donner raison à l’opposition avant d’être repris par le négociateur républicain. Trump prouve ainsi son incompétence notoire et sa méconnaissance du dossier auquel il tient le plus : l’immigration.

Fire and Fury

On pourrait multiplier les exemples à l’infini. Donald Trump a délégué la politique intérieure au parti Républicain et la politique étrangère au Pentagone.

Le dysfonctionnement de l’exécutif provient de l’influence des conseillers de Trump, en particulier les idéologues extrémistes qui tentent d’infléchir son positionnement sur des questions aussi sensibles que l’immigration, Israël, l’Iran ou la Russie. Bien souvent, c’est le dernier conseiller à sortir du bureau ovale qui impose son point de vue.

Si ce n’était pour son racisme et sa capacité à diviser profondément l’Amérique et exacerber la haine et les conflits de toute part, Trump ne présiderait pas grand-chose d’autre que le plus grand show de télé-réalité de l’histoire.

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Un blogueur français expatrié au Texas