Tordre le cou à un mythe : quand la dette cesse d’être un dû

Suite de notre petit feuilleton estival sur les mythes miteux dont il convient de se décontaminer. Aujourd’hui, l’arnaque de la dette…

Qu’elle soit publique ou privée, la dette mène aujourd’hui notre monde à la baguette, sans d’ailleurs n’avoir jamais aucune chance d’être remboursée. Mais demande-t-elle à l’être ? Et surtout est-elle vraiment un dû ?

  • La dette privée résulte d’une distribution inégalitaire grandissante de l’argent. Pour faire face à ses inévitables difficultés de trésorerie, le plus grand nombre doit emprunter à cette “tranche du haut” qui continue à se sucrer allègrement. Une constante, la dette privée met les ménages endettés sous la dépendance totale des banques privées.
  • La dette publique provient bien plus d’une baisse volontaire de la part des recettes (à coup de paquets fiscaux et autres cadeaux) que d’une hausse des dépenses (stables en pourcentage du PIB). Pour pallier ce manque-à-gagner fiscal, l’État doit emprunter… à la “tranche du haut”, qui bénéficie des cadeaux fiscaux, qui peut replacer son argent dans le circuit public moyennant taux d’intérêt juteux et garantie d’État.  Mais surtout l’État est allé plus loin dans le vice : en 1973, le président Pompidou, ancien banquier de la banque Rothschild (comme Macron !) faisait voter la “loi Rothschild” qui interdisait à la Banque de France de faire crédit à l’État, et qui obligeait ce dernier à emprunter… en passant par les banques privées !

Un surendettement généralisé

La perversité de la dette, privée comme publique, vient bien sûr de ce que le moyen d’échange économique, l’argent, transite obligatoirement par le circuit bancaire privé. Celui-ci ne se prive pas d’imposer ses quatre volontés, de spéculer avec l’argent de ses déposants sans même leur consentement, et de le leur rendre à ses conditions.

En jouant du déséquilibre dans la distribution de l’argent et de leur monopole dans sa gestion, les banques privées ont développé sciemment le phénomène juteux du crédit. Et la plupart de ce que vous dépensez aujourd’hui, vous le leur DEVEZ.

Le taux d’endettement français, tant privé que public, tourne autour de la barre ahurissante des 100%. Et dépasse largement ce cap dans bien d’autres pays.

Comme l’argent, la dette est un outil de domination massive aux mains des oligarchies du système (appelé aussi “marchés”).

La dette-racket n’a aucune légitimité

La dette, c’est un peu comme le cholestérol : il y a la bonne et la très mauvaise :

  • la première, admettons, c’est la dette-investissement qui permet de financer ce qui sera produit ensuite (l’emprunt de l’étudiant pour ses études, le prêt au petit entrepreneur pour monter sa petite entreprise, le grand emprunt public pour les grands travaux d’État…) ;
  • la très mauvaise, c’est la dette-racket, celle que des margoulins vous contraignent à utiliser pour vous procurer des biens et des services que vous avez déjà contribué à produire au sein de la collectivité (ah, les crédits-revolving” ! ). Ou encore celle, comme on l’a vu, qui provient du détournement de l’argent public dans des poches privées.

Les dettes-racket, tant privées que publiques, n’ont strictement AUCUNE légitimité. Elles découlent des dérives d’un système inacceptable. De quel droit régalien, le monde entier, traité comme troupeau de gamins immatures, peut-il être ainsi mis, des années et des années durant, sous tutelle de la dette-racket, des “marchés” nébuleux et des agences de notation ?

Cesser de payer, c’est récupérer son dû

Aujourd’hui, la dette est en crise, nous dit-on, victime de ses excès auto-destructeurs. Non en raison de son non-remboursement (la dette-racket n’a pas vocation à l’être, bien au contraire), mais en raison des risques de non-paiement de ses intérêts, le magot du créancier. Alors une fois de plus, les “marchés” tentent de faire payer l’impossible note aux populations.

Il n’y a pas 36 manières d’éradiquer le mal : il faut faire disparaître le système des dettes-racket au plus vite. Profiter de son grave état de faiblesse actuel pour le mettre hors d’état de nuire.

Les populations disposent d’une arme redoutable pour mener à bien cette indispensable révolution : cesser de payer ! Cesser de payer, c’est récupérer légitimement son dû et reprendre un pouvoir abusivement confisqué.

Mais il est vrai que là encore, cette révolution suppose d’abord celle de nos esprits formatés par une culture opportunément culpabilisatrice en la matière.

Série << Tordre le cou à un mythe >>

  1. L’argent
  2. La dette
  3. Le travail
  4. La croissance
  5. La compétitivité
  6. Le protectionnisme

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>

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