Le plaisir devrait être le principe fondamental de toute révolution

Le plaisir devrait être le principe fondamental de toute révolution

La polémique à propos du Mondial de foot a au moins remis au centre de la discussion les notions de plaisir et de liesse populaire.

Ce qu’il y a de rassurant, c’est qu’aux critiques acerbes qui n’ont pas manqué de surgir, comme souvent à chaque moment d’exaltation populaire, ont répondu, timidement d’abord mais de plus en plus vivement, les protestations de ceux qui ne voulaient pas voir leur vie restreinte aux malheurs qu’ils subissaient.

Non, il n’y a aucune comparaison recevable entre les foules qui défilent pour la victoire d’une équipe de foot, celles qui se précipitent aux liesses populaires quelles qu’elles soient, et le nombre de manifestants contre l’application du 49.3, la loi travail ou la sauvegarde de la fonction publique.

Les révolutions devraient avoir pour objectif d’exalter les liesses populaires.

Vouloir limiter l’expression populaire aux démonstrations de protestations politiques est proprement mortifère, inhumain, asocial, réactionnaire. Les révolutions sont trop souvent pourries par les “révolutionnaires” ascétiques, les empêcheurs de danser les carmagnoles en rond, les commissaires politiques, les procureurs de tous les enthousiasmes populaires.

Le plaisir, qu’il soit jouissance physique, exubérance mentale ou exaltation intellectuelle est un élément fondamental de la vie humaine. Les révolutions – mais y en a-t-il une par vie ? – devraient d’abord en faciliter l’émancipation. Un peuple privé de pains, de jeux, de baise et autres menus plaisirs de l’existence devient juste neurasthénique, amorphe, aigri, incapable de révolte, encore plus de révolution.

Une véritable révolution ne peut être contrainte par des dogmes rigoristes, limitées aux revanches aigres contre les frustrations, aux promesses, à l’instar de vulgaires religions, de paradis douteux pour après les guillotines et les camps de rééducation. Plutôt que de les laisser aux mains des pouvoirs qu’elles combattent, les révolutions devraient avoir pour objectif d’exalter les liesses populaires.

=> Photo : liesse populaire sur les Champs-Élysées après la victoire de l’équipe de France contre la Belgique le 10 juillet 2018

Partager ce billet

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.