Un point sur un paysage politique français en pleine confusion

Un point sur un paysage politique français en pleine confusion

La situation politique française : un merdier lamentable partagé entre un pouvoir en pleine macronade et une opposition de gauche en plein cafouillage.

D’un côté, vous avez un président fusible en train d’être grillé par tous ceux qui ont contribué à le porter au pouvoir. À ce sujet, la meilleure analyse vient de Juan Branco (avocat de Wikileaks et membre de la France insoumise) qui analyse la démission du ministre Collomb comme le symbole du lâchage de Jupiter par la bourgeoisie provinciale, contrepoids pourtant indispensable face aux oligarques parisiens.

Juan Branco :

« Le macronisme n’a pas de base sociale. Fruit oligarchique, Macron n’était que la candidature de substitution d’une élite en manque de candidats (échouages successifs inédits des garants de l’ordre établi). Comète projetée d’en haut sur le pays par une conjonction d’intérêts, il avait besoin de relais territoriaux, vecteurs nécessaires à une victoire imposée. »

Ce que ne dit pas Branco, c’est que Macron est aussi en train d’être lâché, pour trop de conneries accumulées, par l’oligarchie parisienne et les médias qui l’ont hissé sur son trône élyséen. C’est Le Monde qui a lancé l’affaire Benalla. Et les Hunfington Post, Libé, L’Obs, lui ont immédiatement emboîté le pas pour déstabiliser leur champion d’opérette à coups de révélations vachardes.

« Le pouvoir de Macron n’est plus », écrit Branco tout en déplorant l’absence d’alternative crédible à gauche.

La France insoumise patauge

La gauche, parlons-en. Ses différentes composantes sont en train de se perdre dans des luttes intestines stupides sur fond de prochaines européennes vaseuses. Passons vite sur les has-been pathétiques – Ian Brossat (PCF), Benoît Hamon (Génération.s 😂) , Besancenot (NPA)… – qui tentent en vain de se raccrocher au wagon de la France insoumise pour survivre.

Mais la France insoumise vaut-elle mieux, pataugeant sur la stratégie à suivre pour ces européennes, passant de la défense impossible de son axe plan A/plan B à un illusoire appel au vote sanction contre Macron ?

Juan Branco :

« La gauche est écrasée, la FI, aux aguets, a le choix entre une stratégie révolutionnaire (guerre civile) ou une formation à la prise de pouvoir. »

Mais la FI se montre incapable de former les cadres de haut niveau ou de renforcer son maillage provincial (en s’attaquant de suite à la préparation des prochaines municipales, par exemple). Deux conditions qui lui permettrait de devenir une force alternative de pouvoircrédible.

Le dernier mot à Bertrand Renouvin – ciel, un royaliste ! – à propos de la stratégie bancale de Jean-Luc Mélenchon et de la FI pour les prochaines européennes :

« En déclarant que les élections européennes doivent être un “référendum contre Macron”, le chef de la France insoumise personnalise à outrance un combat qui devrait être mené contre les institutions et les pratiques de l’Union européenne. En désavouant Djordje Kuzmanovic pour ses déclarations sur l’immigration, Jean-Luc Mélenchon donne des gages à sa tendance “sans-frontièriste” et communautariste. Cette tactique politicienne n’a même pas pour elle l’avantage de l’efficacité à court terme puisqu’elle accrédite le clivage “progressistes”/”populistes” sur le thème de l’immigration et entérine l’évacuation du débat salvateur sur l’euro. Si Mélenchon persiste dans ses choix et confirme ses retrouvailles avec la vieille gauche du Parti socialiste, beaucoup d’électeurs resteront les bras croisés en mai prochain. »

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.