DE LA DÉMOCRATIE

 » »Toute démocratie est-elle nécessairement respectable ? » » Voilà un sujet qui aurait mérité de figurer dans l’épreuve de philosophie du bac. Entrons sans tarder dans le vif de ce sujet brûlant : répondre à la question posée par l’affirmative, c’est admettre qu’était respectable le pouvoir nazi soutenu par une majorité d’électeurs allemands de l’époque ; qu’est respectable ce pouvoir néo-libéral d’aujourd’hui, exercé par une bande de voyous, pour la plupart passibles de prison, qui ont fait main basse sur les richesses de la collectivité, et entraînent le monde dans leur naufrage.

CONSCIENCE ASSASSINE

((/images/conscience.jpg|Conscience affolée|L)) Le grand problème des volatiles humains, c’est la conscience dont ils sont affublés. À la différence des animaux qui vivent au jour le jour sans se soucier du hier et du demain, les bipèdes que nous sommes se voient sans cesse rappeler par cette conscience sarcastique leur triste condition d’êtres éphémères, mortels, condamnés au dépérissement sans l’ombre d’un échappatoire. Vous connaissez un chien, vous, qui envisage son vieillissement, l’heure de sa retraite, l’arrivée de sa mort ? Pire, la sournoise enfonce le clou en nous faisant miroiter des possibilités d’infini, des rêves d’éternité, des désirs d’absolu que nous ne connaitrons jamais. C’est plus que nous n’en pouvons supporter.

BANQUES, LE HOLD-UP PERMANENT

((/images/banque.jpg|Le cul sur le perron|L)) De pillées qu’elles étaient autrefois dans tout bon western digne de ce nom, les banques sont passées maîtresses dans l’art de faire main-basse sur nos cagnottes. Fortiches aussi pour ce qui est de capter la richesse publique ou blanchir les pépettes des crapules, hors-la-loi ou officielles, comme dans l’affaire Clearstream. Après les entreprises privées (cf. [L’entreprise, une forteresse à conquérir|http://www.yetiblog.org/index.php?2006/04/05/50-une-forteresse-a-reconquerir]), il serait temps qu’un pouvoir social de gauche s’attaque à ce coffre-fort hermétique et tout-puissant qui s’enrichit sur la misère du monde.

DETTE PUBLIQUE, L’ENTOURLOUPE

Dans le cadre de leur vaste offensive contre le bien public, les prêcheurs de la secte privée usent d’un argument tombant apparemment sous le sens : la croissance excessive de __la dette publique__. Celle-ci serait faramineuse, grèverait le budget de chaque citoyen et hypothèquerait durablement l’avenir de nos chères têtes blondes. Ce faisant, sur l’air dramatisant du  » »on peut pas dépenser plus que c’qu’on gagne » », nos gourous justifient les coupes purgatives dans les dépenses publiques et les réductions laxatives du nombre de fonctionnaires. Un certain Michel Husson, administrateur à l’INSEE et chercheur à l’IRES (Institut d’Études Économiques et Sociales), vient de pondre un petit rapport, [Dette publique, rente privée|http://hussonet.free.fr/detpub7.pdf], qui révèle l’entourloupe. Je résume en clair…

MASSES MOLLES

Au comptoir du  »Fou de Bassan », Ahmed, l’épicier de nuit, était furibard. – Ah, il avait raison, Pierre Bourdieu, quand il disait que les médias du microcosme faisaient tout pour limiter le champ politique à ce qui leur paraissait acceptable ! Après les émeutes de banlieues, les manifestations anti-CPE, et maintenant cette affaire Clearstream qui fait vaciller le pouvoir de droite, les voilà qui montent en épingle la seule personnalité de « gauche » susceptible de ne pas trop bousculer leurs petits intérêts, cette pitoyable Royal ! – Vous f’rai r’marquer, fit un petit monsieur à moustaches en costume étriqué, qu’ils ont déjà avancé deux autres pions de leur stratégie : « Le Pen, le retour » en guise d’épouvantail ; suivi de l’incontournable « Votez utile », prompt à désamorcer toutes vélleités de révolte rebelle.

LA « FÊTE » DU TRAVAIL

((/images/stop_work-s.jpg|stop works|L)) –  »1er mai : c’est la fête du Travail ! » Ben justement, je me préparais à la lui faire, sa « fête », au travail ! On essaie encore de nous faire avaler que le travail est la seule valeur référente et incontournable pour pouvoir « se payer » le droit de vivre. « Travailler plus pour gagner plus », qu’ils disent. Ah, ils doivent bien rigoler, les actionnaires rentiers des fonds de pension ! Le problème, c’est que beaucoup parmi nos amis croient encore dur comme fer à ces sornettes. Ils réclament le retour du plein-emploi à cors et à cris, et montent en mayonnaise si on leur parle de raisonner la [croissance|http://www.yetiblog.org/?2006/08/25/74-la-croissance-reve-ou-calamite].

LE CUL SUR LE PERRON

((/images/Le cul sur le perron.jpg|Le cul sur le perron|L)) Après les moments forts, intenses, on éprouve toujours comme un trop-plein. On voudrait que l’euphorie dure, que l’enthousiasme persiste. Mais non, l’énergie manque. Ne nous restent que quelques ultimes soubresauts qui éclatent en pétards mouillés. On se sent coupables d’impuissance, furieux de n’avoir pas mené l’action aussi loin que l’on aurait voulu, conscients d’avoir gagné une bataille mais pas la guerre, exaspérés par les inévitables corbeaux de mauvais augures qui voltigent au-dessus du champ de bataille en comptant les points. C’est ce qui arrive, je pense, aux étudiants et aux lycéens récemment insurgés contre la stupidité du monde qu’on leur offre.

L’ENTREPRISE, UNE FORTERESSE À CONQUÉRIR

((/images/entreprise.JPG|entreprises-forteresses|L)) La première des forteresses à conquérir par un pouvoir de gauche alternatif me paraît être l’entreprise privée. L’entreprise privée est le point d’ancrage central du système libéral, celui par lequel tout passe : emplois, production de biens et services destinés (prétend-on) à satisfaire les besoins de la population, flux financiers qui aboutiront à la répartition des richesses (de façon équitable ou non). Or, dans le système libéral, l’entreprise tend à devenir une dangereuse zone de non-droits. Droits sociaux de plus en plus remis en questions, syndicats marginalisés, opacité totale sur l’utilisation des flux financiers engendrés, omnipotence des actionnaires et des cadres dirigeants qui n’ont pas le moindre scrupule à s’emparer de la cagnotte. Sans contrôle strict de cette entité, point de salut.

MESSAGE À MES VOISINS

Chers voisins, Vous avez sans doute entendu dire que ça chauffait plutôt, en ce moment, dans notre maison France. La rumeur de notre tapage s’est propagée par les habituels couloirs médiatiques de vos pays respectifs. Mais la rumeur tord parfois le coup aux vérités les plus élémentaires. Nous, Français, aurions  » »l’amour de la révolte et la haine des réformes » » (Daily Telegraph), nous serions  » »une espèce de communauté de rentiers vivant aux frais d’un État de plus en plus endetté » » (ABC). Ne les écoutez pas ! Ce sont des menteurs à langue fourchue, appartenant aux mêmes mafias financières que nos médias à nous. La vérité est que nous leur avons lancé un défi qui les affole : leur reprendre de gré ou de force ce qu »ils nous, ce qu’ils vous ont piqué.

LA CROISÉE DES CHEMINS (2/2 – Le cycle des lueurs)

((/images/soleil levant.jpg|Soleil levant|L)) La récente intervention d’un Président de la République pathétique, sombrant dans le ridicule en promulguant une loi qu’il demande de ne pas appliquer, montre que les signes de défaillance de la mafia libérale commencent à apparaître. Si nous voulons échapper au [cycle des ténèbres|http://www.yetiblog.org/index.php?2006/03/31/47-la-croisee-des-chemins] vers lequel ils nous conduisent, il nous faut renforcer nos actions et préparer attentivement celles de demain. Les pistes qui s’offrent à nous sont nombreuses, mais étroites. Actuellement, étudiants et lycéens en tracent une avec brio. Il est temps pour nous de redoubler d’efforts et de sang froid si nous ne voulons pas qu’elle se termine en cul-de-sac.