GOBEURS DE MOUCHES

((/images/mouche.jpg|mouche|L))  » »Je me permets un aparté. J’ai essayé plusieurs fois de lire » Mein Kampf  »(Mon Combat). La première fois où j’ai essayé, je n’en revenais pas. C’est bête. C’est très bête. Comment un tel personnage politique »[1]  »avait-il pu écrire un tel tissu d’âneries ? C’est vraiment trop bête. C’est pour cela qu’il va encore y avoir une guerre. Parce qu’on peut faire croire n’importe quoi aux gens. » » Le type qui a écrit ces lignes s’appelle Gilles Ascaride. Sans doute un des plus grands écrivains du moment. Le texte est tiré de son dernier livre,  »La Dernière histoire du monde »[2]. Je ne sais si l’Ascaride en question suit l’actualité politique, mais il aurait eu matière à rajouter quelques chapitres à son bouquin. Parce que question gobages de mouches imbéciles, on est servi !

LE MINIMUM VITAL DÉCENT

((/images/chiens.jpg|chiens|L)) Tous les jours, comme des millions de Français, je donne à manger à mon chien. Des croquettes hors de prix. Le chien, lui, il s’en fout. À part s’engloutir les ruineuses croquettes, il passe sa journée à roupiller ou à courir le guilledou dans la campagne environnante. Vous remarquerez que tout le monde trouve ça normal. Pas un qui proteste. Me regardent même de travers si le chien fait mine d’être affamé ou malheureux. Qu’est-ce que ce serait s’il s’agissait d’un être humain ! Quoi, comment, un fainéant qui bosse pas, s’empiffre et se la coule douce ? Halte là, pas de boulot, pas de picaillons! Et pas de picaillons, pas de croquettes ! Je pense, moi, qu’un programme politique un tant soit peu social devrait traiter les humains aussi bien que nos chiens de compagnie.

LA CROISSANCE, RÊVE OU CALAMITÉ ?

Allez hop, voilà la rentrée politique ! Et puisqu’ils y vont tous (de leur future candidature sans projet), je vais y aller moi aussi (de mon projet sans candidature). Thème d’aujourd’hui : la croissance, rêve ou calamité ? Qu’est-ce qu’on a pu nous en rebattre avec cette idée de croissance ! Paraît même qu’elle serait définitivement incontournable. Sans croissance, pas de progrès, pas d’avenir, régression,  »no future », pas d’emplois, j’en passe et des meilleurs. Hum, hum, voyons voir tout ça de plus près…

QUAND VIENT LA FIN DE L’ÉTÉ …

((/images/chats sauvages.jpg|derniers baisers|L)) Eh ben dis donc, quel été ! Une litanie de drames, de massacres, d’abominations insupportables, de chairs déchiquetées, de fureurs aveugles, de douleurs incoercibles, sur fond d’explosions de bombes à fragmentations et d’averses de roquettes. Et maintenant le ballet grotesque des « forces de la paix » en train de nous mitonner avec enthousiasme (sic) une bonne petite Finul bien neutre, bien équitable. Les Français ne veulent pas y aller ? les Européens rechignent ? Pas grave, les Syriens ou les Iraniens nous donneront bien un coup de main. (Non, je rigole !) C’est vrai qu’il y a moins de risques à chasser l’immigré, l’enfant, le sans-papiers. Oh, la jolie chasse à courre menée à train d’enfer par ceux-là même qui vantent les mérites de la mondialisation sans carcan.

PARANOÏA DU PLEUTRE

((/images/tony_blair.jpg|blair|L)) Lorsque le journaliste Robert Fisk, envoyé spécial du quotidien anglais The Independent au Moyen-Orient, rapporte des faits, il les accompagne d’un maximum de preuves techniques : numéro et adresse de fabrication de la bombe qui vient d’exploser, noms, prénoms, date de naissance des victimes, etc. Or voilà qu’on nous annonce à grands coups de titres ronflants que Londres vient de « déjouer une attaque terroriste », un complot de « dimension mondiale » qui « visait à provoquer des destructions et des pertes humaines incalculables. » Mais les preuves, où sont-elles les preuves ?

« ACCORD DE PAIX » ou NOUVELLE PHASE DE GUERRE ?

((/images/g8.jpg|g8|L)) Voilà qu’on nous claironne qu’un projet franco-américain de résolution du conflit est « enfin » en cours d’adoption à l’ONU. « Un accord de paix, » nous susurre-t-on, qui devrait être voté avant le 15 août. Quelle farce sinistre ! En réalité, cette prétendue résolution n’est rien moins que la nouvelle phase de la guerre impitoyable menée par les puissances riches du Nord (dites occidentales) contre le reste du monde.

LE SYNDROME DU LEMMING

((/images/lemming.jpg|lemming|L)) Dans les années 60, courait la légende du suicide des lemmings. Pris d’une incontrôlable pulsion de mort suicidaire, ces petits rongeurs de Norvège se précipitaient en masse, nous racontait-on, du haut des falaises qui dominaient les fjords. C’est un mythe que ce suicide collectif, démenti depuis par toutes les études scientifiques – les lemmings ne sont pas si fous ! Mais il éclaire sur l’esprit échauffé des humains qui l’ont propagé. Et si Israël était devenu le propre artisan de sa future destruction, se ruant tête baissée, tels les lemmings de la légende, vers le néant, l’anéantissement ?

LA GRANDE GUERRE POUR LA CIVILISATION (suite)

((/images/beirut5.jpg|Beyrouth|L))  »(J’écris ce billet en vacancier affalé dans une chaise longue, à peine abrité de la canicule par l’ombre des grands arbres du jardin, avec une bouteille de soda glacé bien remplie pour lutter contre la déshydratation. Tout pour être heureux et insouciant, en somme. Sauf que non, là je ne peux pas, c’est trop.) » __ »La Grande guerre pour la civilisation »__•, elle, ne prend pas de vacances et se propage inexorablement sur toute notre planète. Les bombes israéliennes s’abattent sur le Liban et sur Gaza, les roquettes du Hezbollah frappent Haïfa. Et le vacarme assourdissant qui en résulte fait oublier un instant, un instant seulement, le bruit des engins de mort qui continuent de meurtrir l’Irak, l’Afghanistan …

EUPHORIE

((/images/euphorie.jpg|euphorie|L)) Avec des copains, on est entré dans un petit restau très sympa à Paris. La patronne nous a installés dans un coin, près d’une table où dînait une vieille dame avec un ensemble plutôt chicos et un chapeau ridicule comme ceux que les femmes n’osent mettre que les jours de mariage. On n’avait pas beaucoup de temps pour manger. Dans une heure, commençait la demi-finale de foot entre la France et le Portugal, on avait déjà la tête ailleurs. – J’m’appelle Marcelle, quarante-trois ans à la CGT. En c’temps-là, les mecs avaient des couilles au cul et nous avec !

LE FOND

>  » »Partout, quand on touche le fond, on finit par remonter. En Algérie, quand on touche le fond, on creuse ! » » Cette phrase terrible de Fellag, humoriste algérien, je me demande si elle n’a pas déteint sur nous autres, Français. Parce que vraiment, en ce moment, pour ce qui est de toucher le fond, on fait fort ! Suffit de jeter un œil sur les dernières péripéties grandguignolesques de notre vie publique …