LES DÉGUEULASSES

((/images/Tentes SDF.jpg|tentes|L)) Ils ont commencé par gueuler quand Médecins du monde s’est avisé de distribuer des tentes aux SDF, en décembre 2005.  » »Contre-productif ! » », a braillé la ministre de la « Cohésion sociale »(sic). Ensuite, ils ont tout fait pour les virer du centre de Paris parce qu’ils faisaient taches dans leur camping sauvage en face de leur « plage » ou sous leurs fenêtres. Enfin, en cette fin d’année, ils y vont de leurs sournoiseries habituelles pour tenter de discréditer une association de bénévoles, les Enfants de Don Quichotte, qui vient d’attirer de façon spectaculaire l’attention du grand public et des pouvoirs du même nom sur le sort des sans logis. Comme on le voit, les dégueulasses ne sont pas forcément les pouilleux, ni ceux de la photo !

JOUR DE PLUIE

((/images/Cargo.jpg|cargo|C)) Aujourd’hui, ma petite oiselle m’a appelé, affolée. — Papa, tout à l’heure, je suis tombée sur le quai du métro. Il y avait plein de monde qui descendait de la rame. Ils sont passés sans me voir, sans s’arrêter. N’ont même pas vu mes béquilles. Mon oiselle a vingt ans, vaillante et amoureuse autant que faire se peut. Mais voilà, en ce moment, elle a un problème à une jambe — ne me demandez pas quoi, même le gratin de la médecine ne sait toujours pas. Depuis un an, elle marche avec des béquilles, tire sa jambe et sa douleur. — Juste avant, à la FNAC, je faisais mes courses de Noël. Il y avait foule. J’ai voulu passer par la caisse dite « prioritaire ». Les gens dans la queue n’ont pas voulu. Ils ont dit qu’eux aussi attendaient depuis longtemps.

LENDEMAIN DE FÊTES

((/images/artifice.jpg|feu d’artifice|L)) Vous vous rappelez, le film de Jacques Tati,  »Les Vacances de M. Hulot » ? Il se terminait en apothéose par un feu d’artifice ravageur, suite à une mèche allumée par inadvertance par le héros. Eh bien, c’est grosso modo ce qui arrive à notre paysage politique et médiatique. Le pétard ravageur, c’est le non du référendum de 2005. Il a commencé par cramer sérieux la suffisance de nos institutions politiques officielles de droite (PS compris). Il a calciné la certitude des médias du microcosme gonflés d’importance. Voilà qu’il enflamme maintenant la gauche « antilibérale », je veux parler des vieux appareils chenus, ceux qui pensaient retrouver là une seconde jeunesse et se hisser en haut du mât de cocagne, poussés au cul par des collectifs providentiels.

LES VALEURS

((/images/Philippe_Petain.jpg|Pétain|L)) Il y a un phénomène symptomatique : une bonne partie de la prochaine campagne présidentielle des candidats adoubés par les médias officiels, s’engage résolument sur le thème des valeurs. C’est marrant, la dernière branche à laquelle se raccroche toujours un monde qui s’effondre, c’est à ses sacro-saintes « valeurs ». Comme dans les vieux films de gangsters où les voyous et les tueurs, avant de tomber sous les rafales des gangs adverses, ne juraient que par le sens de l’honneur, la loi du milieu, la fraternité du sang.  »Travailler plus pour gagner plus … revaloriser le mérite … ré instaurer un ordre juste … restaurer l’autorité parentale au sein de la famille… » En résumant, on tombe pile-poil sur le TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE si cher au Maréchal Pétain. Ragoûtant !

PETITE VUE PANORAMIQUE DU CHAMP DE BATAILLE

((/images/Beit_Hanoun.jpg|Beit Hanoun|L)) Il y a une image qui me hante. Le corps de ces deux femmes palestiniennes s’effondrant sous les balles anonymes de tireurs israéliens à Beit Hanoun dans la bande de Gaza. Je me fous totalement des sinistres prétextes avancés par les assassins et relayés d’abondance par leurs thuriféraires occidentaux :  » »Elles faisaient rempart de leur corps »… « il y avait des hommes déguisés en femme parmi elles » »… Conneries ! Regardez [cette vidéo|http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=36295] et vous constaterez par vous-même. Je me rappelle le film de Spielberg,  »La Liste de Schindler », je crois. On y voyait un SS très beau, très bien fait de sa personne, abattant de sa fenêtre à la carabine, sans autre motif que sa propre folie, le prisonnier (ou la prisonnière, je ne sais plus) d’un camp nazi. Même impression d’écœurement glauque. De celles qui vous retournent le ventre quand vous constatez que les êtres humains ne s’appartiennent plus.

L’IMAGE DÉCHIRÉE

((/images/bus.jpg|bus brûlé|L)) Alors voilà, les mouvements de révoltes resurgissent en banlieues. Et à chaque fois, ce sont les mêmes réactions de désarroi et d’effroi, les mêmes tourbillons d’incompréhension, de colère, de condamnations sans appel. Pourquoi ? Oui, pourquoi s’attaquer ainsi à son propre territoire, s’en prendre à ses propres services publics, faire des victimes parmi la population de sa propre communauté, comme cette malheureuse jeune fille gravement brûlée dans l’incendie criminelle d’un autobus à Marseille ? Pourquoi ? Je suis étonné de cet étonnement. Ces explosions de violences, qualifiées de « gratuites » par beaucoup, ont toujours été endémiques à tous les ghettos du monde, des favelas brésiliennes au Bronx américain, en passant par les Soweto sud-africains et bien d’autres. Nul n’y échappe jamais.

DEMANDEZ LE PROGRAMME !

((/images/pres07.jpg|présidentielles 07|L)) Ben ça y est, on avance ! Réunis en conclave les 14 et 15 octobre 2006 à Nanterre, les collectifs de la gauche sociale* ont travaillé à partir d'[un document programmatique|http://bellaciao.org/fr/IMG/rtf/cequenousvoulonsV06-021006.rtf] plutôt bien ficelé, même si, comme ils le reconnaissent, ça demande encore discussions, précisions, compléments. D’accord, discutons. J’avais justement deux trois petites suggestions à apporter en guise de grain de sel…

CAUSER DANS LE POSTE

((/images/tf1.jpg|tf1|L)) Devant la raréfaction saharienne des oasis politiques à la télévision, les acteurs politiques se posent fréquemment la question de savoir s’il faut accepter ou non de passer dans des émissions dites « grand public » pour tenter d’y toucher un maximum de gens. « Pour quel public et avec quel impact ? » se demande Clémentine Autain dans un récent billet. Essayons de répondre précisément à la question. Vouloir toucher le plus de monde possible, échapper à la confidentialité militante, peut aisément se comprendre. Mais on peut aussi douter que le souci d’animateurs comme Ruquier, Ardisson ou Fogiel soit de permettre à leurs invités de s’exprimer. On peut surtout se demander si le public de TF1, de Ruquier, Ardisson ou Fogiel, aussi nombreux soit-il, a le moins du monde envie d’être convaincu par des arguments de qui que ce soit ?

QUELQUES PAS DE PLUS …

((/images/11 septembre.jpg|11 septembre|L))  »__ »Le Congrès US légalise la torture »__ » Ce titre perdu au milieu des unes du nouvelobs.com, m’a fait l’effet d’une déflagration. Un peu comme celles produites par les avions kamikazes dans les Twin towers. Et le fait de savoir qu’une telle mesure n’est pas surprenante, qu’elle était « attendue », en renforce l’effet de souffle plus qu’il ne l’atténue. Les hérauts du « Monde libre », les chantres de la démocratie triomphante et des forces du Bien venaient, en deux petits votes presque anonymes à la Chambre des représentants et au Sénat US, de pulvériser un des fondements mêmes de la civilisation occidentale, l »’Habeas corpus ». Dans l’indifférence quasi générale. « Une régression de huit cents ans », dénonce Reed Brody, directeur du bureau européen de Human Rights Watch. Mais qui l’entend ?