AU-DELÀ DE L’INDIGNATION

Ce qui se passe en France aujourd’hui, au niveau de la chose publique, a franchi si allègrement le seuil du ridicule et du pitoyable qu’on est partagé entre le fou rire sarcastique et l’indignation outragée. Mais les débauches d’ironie et les cris de colère, tels qu’on les voit de plus en plus fleurir dans les commentaires, ici ou là, sans même plus s’encombrer du masque de la convenance, tiennent surtout de l’aveu d’impuissance et du désarroi stérile.

LE RENDEZ-VOUS DES CIVILISATIONS

((/images/RVcivilisations.jpg|RV des civilisations|L))Remarquable essai co-écrit par le démographe Youssef Courbage et l’historien/anthropologue Emmanuel Todd : __”Le Rendez-vous des civilisations”__*. L”’opus” tord le cou au fameux “choc des civilisations” annoncé (vous savez, le Bien contre le Mal). Et démontre que nous pourrions nous acheminer, disent-ils, vers une convergence d’icelles. Avec quelques ratés cuisants à l’allumage, c’est vrai.

LA PARTIE DE PÊCHE

((/images/sterne.jpg|sternes|L)) Je ne sais pas vous, mais parfois j’éprouve l’impérieux besoin de respirer. Il faut que je sorte, TOUT DE SUITE ! Je vais à la pêche. Ou à tout autre chose, aux champignons, à l’observation des oiseaux, ce que vous voulez… mais cette fois, c’est à la pêche. J’enfile mes ”waders”, ces grandes bottes qui montent à la poitrine, je prends ma canne, mes leurres, j’embarque les chiennes à l’arrière de la voiture. Vous venez ?

LA BRANLÉE

((/images/branlee.jpg|branlée|L)) J’adore le rugby. Non vraiment, je vous assure, vrai de vrai ! Pourtant, j’en étais venu à souhaiter que l’équipe de France se prenne une bonne piquette dès le premier match de cette Coupe du monde hexagonale. Ça y est, c’est fait ! 12-17 face aux pumas argentins, présentés juste avant avec une condescendance onctueuse par nos chroniqueurs patentés comme l’ultime bastion de l’amateurisme désuet. Et plouf, la branlée !

HORS DU CADRE

((/images/playtime.jpg|cadre|L)) À la fin de chaque été, avec mes collègues non sédentaires de province comme moi, nous nous rendons à ce qu’ils appellent dans mon entreprise, les “séminaires de rentrée”. Nous y croisons nos collègues du siège social parisien. À chaque fois, je suis stupéfait par les codes et les rituelles qui régissent la vie de ces étages de bureaux. Et auxquels tous se soumettent.

LE SOCLE COMMUN DES CONNAISSANCES ET DES COMPÉTENCES

Voici venu le temps de la rentrée des classes. À ce propos, savez-vous ce qui conditionne tous les programmes que vont ingurgiter vos marmousets ? Figurez-vous que je viens incidemment de tomber sur le poulet et sur son édifiante histoire. Ça s’appelle __”le socle commun des connaissances et des compétences”__. Tout un programme !

CRÉPUSCULE D’ÉTÉ

((/images/crepuscule.jpg|Crépuscule|C))%%% L’été maussade aborde sa dernière phase. Chez nous, entre vents mauvais, tornades de pluie et températures ””en-dessous des normales saisonnières””. Ailleurs, entre cyclones ravageurs, canicules meurtrières et incendies dévastateurs. Au milieu de tout ça, l’esquif humain tangue dangereusement.

MAI 68

((/images/Mai68.jpg|Mai 68|L)) Je voudrais vous parler de Mai 68. Jusqu’à présent, je ne l’ai jamais fait que de façon fugace, éparse. Je n’ai pas souvenir d’avoir rien lu, ni rien entendu qui traduise le formidable déluge d’émotions que je ressentis à cette époque-là. Aucune des nombreuses analyses, pour pertinentes et fines qu’elles soient, n’est parvenue à m’en rendre l’intensité. Pourquoi une telle explosion vous laisse-t-elle ainsi sans voix quarante années durant ? Je me rends compte que ce sujet remonte peu à peu à la surface, que l’écriture de ces “chroniques d’un voyageur à domicile” n’en sont qu’une patiente tentative d’apprivoisement.

VIE PUBLIQUE, VIE PRIVÉE

N’allez pas croire, parce que j’ai consacré mes derniers billets à essayer de dégager un petit espace vital vivable pour moi-même et ma meute à l’écart de la grisaille ambiante, que j’en oublie la chose publique. Non, comme le chat assoupi sur un arbre sous un rare rayon de soleil, mieux vaut ne pas quitter de l’oeil ce qui se passe alentour. Vu le déroulement de la chose publique en question, les aguets sont d’extrême rigueur !

CAMPING

((/images/camping.jpg|Martin-Pêcheur|L)) Ma mioche, la petite dernière pour la route, s’est mise en tête de faire artiste de cirque. Une idée fixe et obstinée. Si encore lui suffisaient les trois heures de cours hebdomadaire annuel, à quatre-vingt kilomètres du nid familial, où je passe mon temps à l’attendre. Mais non, il lui faut aussi des stages d’été. Encore plus loin. Et sans hébergement sur place. Voilà pourquoi, une semaine de juillet polaire durant, je me suis retrouvé, tout seul avec mon acrobate, en camping dans une bourgade alanguie du Poitou.

LA NATURE

((/images/Paul dans sa vie.jpg|Paul dans sa vie|L)) J’achète mon fromage blanc, ma crème fraîche et une bonne partie de mes légumes chez des fermiers bio d’une bourgade voisine. Le soir, après la traite des vaches, ils ouvrent boutique dans une toute petite pièce à peine éclairée par une ampoule blafarde. Parfois, un boulanger, bio lui aussi, vient y laisser en dépôt quelques miches. Ce soir-là, la discussion battait son plein entre la fermière, le fermier et le boulanger. On y parlait nature, naturellement. Le boulanger bio n’avait pas de mots assez durs pour ses congénères.

PLAISIRS ET DÉSESPOIR

Dans les commentaires de mon [précédent billet|http://www.yetiblog.org/index.php?2007/06/20/174-quelques-instants-de-plaisirs] sur la quête du plaisir et les dessins que j’en tirais, d’aucuns, dont mon ami [Petaramesh|http://petaramesh.org], se sont déclarés incapables de céder aux joies du plaisir dans un contexte socio-politique aussi désastreux. Et d’invoquer, qui l’élection de Sarkozy, qui la dernière saillie de Ségolène Royal. La question mérite d’être posée tant elle revient en boucle dès lors qu’on aborde le sujet : doit-on se réjouir ou se désespérer des “petits” bonheurs au nom de la désolation du monde ?

QUELQUES INSTANTS DE PLAISIRS

((/images/Plaisirs.jpg|plaisirs|L)) Il y a quelques années, un jour anniversaire où je franchissais une énième décennie, à une époque où je m’en formalisais encore, je décidai de me lancer dans un recueil de dessins consacrés aux quelques inestimables instants de plaisirs que je supposais me rester. L’idée me vint dans le bar qui me servait alors de cantine. Ce jour-là, à une table écartée, une dame d’un âge certain contemplait avec un ravissement confondant une glace recouverte de crème chantilly sur laquelle trônait un imposant fruit rouge…

REVANCHE DE l’ÉLITE OUTRAGÉE

((/images/euroblog.jpg|quatremer|L)) Ils n’en pouvaient plus ! Fallait vraiment que ça sorte, depuis le temps qu’ils ravalaient leurs aigreurs. Un os leur restait en travers de la gorge : la victoire du non au référendum de 2005. Moins de deux jours après la fin des législatives, c’est fait, un certain Quatremer, ””journaliste à Libération””, vient de le ronger à belles dents vengeresses dans un article intituté ”[L’Europe des chefs d’État|http://www.liberation.fr/rebonds/262039.FR.php]” (Libération du 19 juin 2007).

GUEULE DE BOIS

((/images/ivresse 1.jpg|ivresse|L)) Les socialistes ont remporté le second tour des législatives ! Non, sérieux je rigole ! Mais c’est l’impression qu’on pourrait avoir à en croire le flot des commentaires qui nous inondent depuis le 17 juin à 20 heures. C’est étonnant ce refus d’envisager une réalité dans son ensemble, pour n’en garder que quelques éclats avantageux.

UNE BOUFFÉE D’AIR

((/images/fin de partie.jpg|fin de partie|L)) Bon, ça y est, c’est (presque) fini. Les carottes sont cuites. Le pays a le président qu’il mérite. Le président a la chambre qu’il voulait, genre suite royale. Et nous, nous allons essayer de soigner notre mauvaise gueule de bois des lendemains de fêtes foireuses. Une bouffée d’air s’impose et vite…

L’ABSTENTION, UN ACTE POLITIQUE OFFENSIF

Certains avancent que l’abstention est une injure à ceux qui se sont battus et se battent encore pour obtenir le droit de vote. Pour ma part, je prétends qu’on ne peut s’abstenir que si le droit de vote a été acquis préalablement. C’est pourquoi je revendique le droit de voter librement pour ceux qui me représenteront. Et celui, tout aussi libre, de m’abstenir si aucun des candidats ne me convient.

LES VOLEURS DE POULES

Il y a quelques temps, V… s’est vu retirer son permis de conduire lors d’un contrôle routier au sortir d’une “teuf” un peu allumée : saisie sur elle de quelques grammes de canabis et d’une pincée de coke. Jugement, confirmation du retrait de permis, peine de vingt jours de prison avec sursis. Mais V… travaille, n’a jamais cessé de travailler. Ménages, garde de personnes âgées. Sans sa voiture, pas de “taf”, pas d’argent pour vivre. V… s’est fait pincer par la maréchaussée pour conduite sans permis. Chute du sursis, vingt jours de prison ferme. Ce matin, V… nous a annoncé qu’elle était convoquée par le juge d’application des peines pour purger la sienne. ””Prière d’apporter votre nécessaire de séjour.””

LA FIERTÉ DU COUREUR DOPÉ

((/images/chute.jpg|chute|L)) Le coureur Bjarne Riis, vainqueur du Tour de France 1996, vient de reconnaître qu’il se dopait à l’EPO. Il n’est pas le premier à se répandre ainsi en confidences. C’est même une véritable hémorragie en ce moment. En vérité, ces révélations n’apprennent pas grand chose tant on ”savait” depuis longtemps. Justement, ce qui retient ici mon attention, c’est la réaction de tous ceux qui ”savaient”, la réaction du grand public devant ces aveux.