VIVE LA BANQUEROUTE !

((/images/degringolade.jpg|banqueroute|L)) Le capitalisme, dont l’avatar le plus imbécile, le “capitalisme financier”, est en train de péter dans les doigts de ceux qui l’ont promu, c’était quoi ? Ou plutôt, c’était devenu quoi ? La production effrénée d’un dégueulis de biens et services, dont une bonne partie totalement inutiles et nuisibles, censés engraisser les producteurs en chef. Un système sournois où une bande de privilégiés utilisaient les outils de production pour s’en mettre plein les fouilles et jouer avec à Wall Street ou ailleurs. Bref, la définition même de l’activité mafieuse et du gangstérisme organisé. Si vous voulez dissoudre la bande des malfaisants, pas d’autres solutions que de les attaquer là où ça fait mal : le porte-monnaie. Il faut organiser, favoriser, souhaiter activement, ardemment la banqueroute TOTALE de ce système détestable.

LE POKER MENTEUR DES SALOPARDS

L’annonce conjointe par les principaux gouvernements européens d’un plan d’aide aux banques de plus de 1700 milliards d’euros n’a pas la moindre signification. Il n’y a pas la moindre existence d’une telle somme dans les caisses de ces États. Il n’y a pas la moindre chance qu’elle puisse être remboursée par leurs contribuables (ou alors il faudrait des centaines d’années). Il n’y a pas la moindre chance non plus que les banques puissent un jour rembourser une telle dette. Ce qui vient de se passer est ce qu’on appelle au jeu de poker, un vaste coup de bluff. Celui-ci ne repose absolument sur rien, sinon la crédulité active des partenaires.

VIRONS-LES !

Ma copine Agnès Monolecte vient de nous sortir [un billet|http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/09/Ceci-n-est-pas-une-crise] incendiaire comme on en a un besoin fou : ”« Depuis quelques jours, il y a un concert de tamtam dans la volière et c’est la panique à bord. Il n’est plus possible d’avoir la moindre petite connexion médiatique (journaux, radio, TV, web) sans se retrouver littéralement submergé par un tsunami de hurlements échevelés : “C’est la crise, c’est la crise, c’est la crise !” Ça a l’air de franchement chier dans le ventilo, vu comme cela… »” La petite vache en rajoute dans l’impertinence : ”« Personnellement, je n’en ai rien à cirer de leur crise : je suis tombée dedans quand j’étais petite. »” Mais c’est sa conclusion qui me botte le plus : ”« C’est pour cela que l’âge de la critique se termine ici et que commence enfin l’âge de faire. »” Faire, oui, mais quoi ? Allez, ne me dites pas que vous donnez votre langue au chat. Vous savez parfaitement ce à quoi il va falloir en venir : VIRER CES CONNARDS ! Les mettre hors d’état de nuire dare-dare. Et pas de façon symbolique ou platonique, pas en attendant, éplorés, les élections de 2012 !

MONNAIE DE SINGE

((/images/crise.jpg|crise|L))Les jours se suivent et se ressemblent sur la vaste scène financière. Une déroute interminable, spectaculaire. Tous ces figurants frénétiques, comme filmés en plongée du haut d’un hélicoptère virevoltant. Regardez-les, petites fourmis affolées prises d’un incontinente danse de Saint-Guy, erratiques, s’agitant en tout sens, courant de ci de là pour essayer d’échapper aux failles béantes, à ces gouffres monumentaux qui s’ouvrent et se multiplient sous leurs pieds. Du grand spectacle assurément.

UNE RÉVOLUTION MAJEURE

Pour peu que nous prenions un peu de distance, que nous essayions d’examiner les faits avec des yeux débarrassés des schémas routiniers, et de quelques points de vue que nous envisagions les choses, une évidence se dessine peu à peu : ce à quoi nous assistons aujourd’hui pourrait n’être rien moins que la disparition d’une organisation, d’une civilisation. Notre système économique capitaliste tel qu’il régie le monde depuis le début de l’ère industrielle, c’est-à-dire finalement depuis peu, n’est pas seulement “en crise”. Il a atteint, je pense, un point de non-retour historique.

MESSAGE AU BON PEUPLE

Alors, mon p’tit peuple, ça va ? On ne t’entend plus beaucoup, ces derniers temps. D’accord, la tempête qui sévit dehors fait un sacré raffut dans les mâtures et les haubans. Mais enfin tu ne t’imagines pas que tu vas rester comme ça, à l’abri indéfiniment sous ce pauvre auvent de boutiquier, engoncé dans ton misérable blouson même pas imperméable, le parapluie en quenouille, avec ton air de chien battu, ton air contrit et ton nez qui coule ? Parce qu’avec le méchant zef’ qui souffle en rafales et les torrents de boue qui débordent des caniveaux et déboulent sur les trottoirs, tu vas être saucé, emporté en un moins de temps, mon vieux, c’est moi qui te le dis. La tornade n’est pas prête de s’arrêter.

PERSPECTIVES

Tout récemment, lors d’une séance du Comité d’établissement de la grande entreprise qui m’emploie, et alors que la discussion roulait son train-train quotidien sur les sempiternelles mêmes questions récurrentes depuis des années, les résultats, les objectifs, la réorganisation de tel ou tel service…, je me suis hasardé à prévenir qu’il nous faudrait peut-être songer à affronter un jour les graves évènements qui sévissaient à l’extérieur de notre espace ouaté et climatisé. Regards stupéfaits, rires empruntés, puis explosion des quolibets et des sarcasmes. Non seulement dans les rangs des représentants de la direction, mais aussi dans ceux de mes compagnons de route syndicale.

LÀ OÙ LES TIGRES SONT CHEZ EUX

((/images/tigres.jpg|tigres|L))Parmi les “marronniers” qu’on nous inflige rituellement chaque année à chaque période de septembre, il y a cette lourdingue rentrée littéraire et ses quelques cinq/six cents “chefs d’œuvres impérissables” dont la plupart sont aussitôt oubliés à défaut de mériter une découverte. Et qui, à chaque fois, suscite un ennui incommensurable. Or voilà que parfois, heureusement mais trop rarement, une œuvre flamboyante vient transfigurer la torpeur marronnière. C’est le cas cette année avec le roman-fleuve de Jean-Marie Blas de Roblès, ”Là où les tigres sont chez eux”, publié par les discrètes mais excellentes éditions Zulma.

OÙ IL EST QUESTION DE PAIN SEC, DE MAUVAISE SOUPE, ET DE QUELQUES RECETTES DE SURVIE

”« Plus de miel, plus de confiture, dans quel sens on va faire tomber nos tartines maintenant ? »” Voilà ce que dit mon pétaradant ami Yelrah à propos de la crise actuelle. Je crois qu’il aurait pu aller jusqu’à oser parler de régime pain sec et de soupe à la grimace. Après avoir longuement (trop ?) essayé de décrire le lent mais inéluctable processus de chute du système capitaliste néo-libéral, il est temps, maintenant que cette chute est avérée, reconnue de tous même du Foutriquet ce soir à Toulon, d’essayer d’en anticiper les conséquences prochaines et d’en analyser les raisons. D’essayer de voir ce qu’il reste à croûter, dès lors que les pots de confiottes sont vides. Et puis de mitonner quelques recettes de survie.

LE DESTIN DES ABEILLES

((/images/CCD.jpg|CCD|L))En son temps, il paraît que le visionnaire Albert Einstein aurait déclaré : ”« Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre. »” J’ignore combien il nous reste à vivre, à nous et aux abeilles, mais le dangereux déclin de leurs colonies commence déjà à peser sur notre existence au quotidien. Un certain Dennis van Engelsdorp a récemment un pondu un gros rapport sur ce sujet, avec un titre de film-catastrophe : ”Colony Collapse Disorder” (titre français : “Syndrome d’effondrement des colonies”.) Dennis van Engelsdrop pointe dans son rapport les premiers effets de cette agonie sur la production de fruits et légumes. Phénomène particulièrement sensible aux États-Unis où l’industrie apicole revêt une bien plus grande échelle qu’en vieille Europe.

LES RITUELS DU NAUFRAGE

((/images/rituels_naufrage.jpg|rituels du naufrage|L)) Il y a quelques (dizaines d’) années, j’ai acheté dans une boutique de solde un gros bouquin illustré intitulé ”Les Rituels du naufrage”. L’éditeur, Hier et demain, a rejoint lui aussi, je crois, le rang des suppliciés. Je me rappelle seulement avoir été ensorcelé par ces récits apocalyptiques, autant me semble-t-il que le propre auteur des textes, un certain Serge Sautreau. Et surtout fasciné par l’orchestration implacable de ces images de perdition. Le livre traîne encore dans ma bibliothèque, ou plutôt perdu corps et biens au fin fond d’un des innombrables cartons non déballés, égarés dans un recoin de la maison que j’occupe aujourd’hui en transit.

LETTRE AU VOYAGEUR SILENCIEUX

((/images/vazy.JPG|vazi|L))Ami voyageur furtif qui passes sur ce blog avec une discrétion touchant à l’absence. Toi qui ne laisses jamais ni commentaires ni autres traces de ton passage sur mon petit territoire virtuel, par pudeur ou timidité, que sais-je ? Ou pire, parce que tu penses que ça ne sert à rien. Ami voyageur, pardonne-moi mais une fois n’est pas coutume, je vais te faire pénétrer dans mon paysage intime.

TOUT VA MAL ET RIEN NE S’ARRANGE

((/images/cyclone1.jpg|cyclone|L)) Bon, en cette rentrée, je crois qu’il est temps de faire un petit point sur la situation générale. Pas triste ! Au début de l’année, j’avais écrit sur ce modeste blog que l’année 2008 avait tout pour être explosive et que nous approchions d’un douloureux moment de vérité. Eh bé, l’examen des faits neuf mois après confirme plus que largement ce sombre diagnostic. Récapitulons. La crise actuelle est à la fois économique, sociale, politique, et financière. Examinons ces quatre facettes (en faisant simple et pédago pour les ignares qui passent par là !) et cherchons à en dégager les éléments nouveaux.

“ANTISÉMITISME”

Une nouvelle fois, un fait divers (l’agression de trois jeunes portant la kippa dans le dix-neuvième arrondissement de Paris) nous vaut, malgré les précautions des enquêteurs, un déchaînement médiatique précipité et tonitruant sur le caractère “forcément antisémite” de cet acte. Dans un [commentaire|http://www.rue89.com/2008/09/07/un-jeune-agresse-avec-sa-kippa-ca-reste-un-juif-visible?page=1#comment-464584] sur Rue 89, Thierry Reboud tente de nuancer : ”« “Un jeune agressé avec sa kippa, ça reste un Juif visible”, Camus* dixit. Soit. D’où je déduis qu’ “un Noir agressé avec son épiderme, ça reste un Noir visible”. Normal, non ? Et donc que tout Noir agressé alors qu’il se trouve muni de son épiderme est ipso facto victime d’une agression raciste. (J’imagine qu’on peut accepter la variante avec “Un Arabe qui a l’air d’un Arabe”…) »” Je souscris totalement à cette analyse. C’est pourquoi le mot “antisémitisme” est désormais totalement banni de mon vocabulaire. Je me borne désormais aux termes “racisme” et “intolérance”. Plusieurs raisons à cela.

CHEZ PAPY

((/images/Maica.jpg|Maica|L))”— Allo, bonjour, ici la crêperie d’chez Papy.”%%% ”— Salut, Papy, t’as une table pour moi d’ici un quart d’heure ?” J’ai un pot dingue. Je bosse pour une boîte qui me paie TOUS mes repas de midi. Alors, parfois, j’avoue, j’en profite pour aller me taper un tagine ou un couscous à la crêperie de chez mon pote Papy. Oui, oui, je comprends, c’est pas clair, mais je vous explique. En fait la crêperie, ça doit être une couverture. Peu de gens en prennent, des crêpes, chez Papy, ou alors au dessert, et les enfants. Au départ, quand il a lancé son restau, perdu dans une petite bourgade à l’écart de la cité portuaire, sa spécialité de départ, à Papy, c’était la fondue savoyarde (toujours au menu). Papy est d’origine savoyarde. Les crêpes, ça devait probablement être pour compléter. Tout le monde sait faire des crêpes. Mais alors, me direz-vous, le couscous ? le tajine ?

AUTO-FLAGELLATION

((/images/Autoflagellation.jpg|autoflagellation|L))S’il y a un fait de société caractéristique qui mérite d’être souligné ces derniers temps, c’est bien la publication dans Paris-Match de cette interview des auteurs de l’embuscade afghane. Ces images de talibans paradant dans des uniformes arrachées aux dépouilles de leurs victimes françaises, exhibant leurs trophées morbides, mettant en scène une impayable générosité de vainqueur (la montre du soldat mort rendue à sa famille) sont proprement hallucinantes. Mais infiniment plus troublant encore le fait que des journalistes du pays humilié se soient cru devoir effectuer une telle enquête, plus sidérant le fait qu’un hebdo grand-public à grand tirage du même pays défait ait jugé bon d’en faire sa une et sa pub.

LA MAISON DE RETRAITE

Dans la “vraie” vie, je porte un prénom breton du genre breton bretonnant. Suffisamment rare et exotique pour que la première question qu’on me pose concerne toujours celui-ci (non, je ne suis pas breton). Ce prénom a toujours été une pierre dans mon jardin. Tantôt encombrant parce que rare (personne foutue de bien l’écrire ou le prononcer du premier coup correctement), tantôt instrument de séduction et prétexte à premières discussions parce qu’exotique. Il m’a fallu plusieurs dizaines d’années pour en apprendre l’origine. Par ma mère, maintenant âgée et malade, qui vient d’entrer en maison de retraite.

LA PÊCHE À LA MOUCHE

((/images/Truite.jpg|truite|L)) ”« Je pêche parce que j’aime pêcher ; parce que j’aime les lieux — toujours splendides — où vivent les truites, et que j’abhorre ceux — invariablement laids — où vivent les gens. »” Il y a quelques temps, quelques années même déjà, je me suis piqué de pêche à la mouche. Mais en vérité pas tout à fait pour les insociables raisons invoquées dans son savoureux ”Testament d’un pêcheur à la mouche” par ce vieux misanthrope de John D. Voelker (éditions Gallmeister).

AUTRUCHES EN DÉBANDADE

Hallucinant ce déluge d’inflammations patriotardes, d’outrances hystérico-guerrières, qui a suivi la mort en Afghanistan de ces dix malheureux soldats. C’est à qui remporterait la palme de la bouffonnerie cocardière. De Foutriquet soi-même, toujours en forme étincelante sur ces sujets merdeux, aux éditorialistes lèche-bottes de la presse poisseuse (la palme à [l’éditorial|http://www.liberation.fr/actualite/monde/346366.FR.php] de Laurent Joffrin dans Libé du 20/08). Vont même leur faire des funérailles nationales, à ces pauvres gosses. Célébration de la déroute !

ÉLOGE DE LA FUITE

((/images/main.jpg|main|L))Il m’a bien fallu quinze jours de vacances au fin fond du Quercy pour digérer le feuilleton d’Henri Laborit et pondre enfin cet épilogue qui me tenait tant à cœur. Quinze jours passés à visiter ces grottes où nos aïeux préhistoriques tentaient déjà de laisser la trace de leur fragile existence. Quinze jours à visiter le formidable musée des Écritures de Figeac (Lot), qui vous laisse l’impression d’appartenir à une espèce pas tout à fait complètement détestable. Quinze jours aussi pour relire l”’Éloge de la fuite” du même Laborit et décanter ses propos au regard de notre époque.