LA MÈRE QUI VOULAIT “COUPER”

Quelle drôle d’histoire ! Vous vous rappelez (peut-être déjà plus d’ailleurs), cette femme en instance de divorce, qui avait disparu de son chalet du Grand-Bornand avec ses deux enfants de quatorze et quinze ans, le futur ex, la justice et la police aux trousses ? Eh bien, elle vient d’être retrouvée. Ou du moins, elle s’est signalée. Elle voulait juste, dit-elle, << couper >>.

LA VIOLENCE QUI MONTE, QUI MONTE…

Comme le constatait le sociologue Michel Wieviorka dans une [tribune|http://www.liberation.fr/economie/0101584671-la-crise-ou-la-purge] publiée le 11 août par Libération, bien des analystes économiques et financiers, bien des responsables politiques auraient tendance à comparer la crise actuelle à la pandémie de la grippe A(H1N1). Après avoir tremblé devant les menaces de violences, d’émeutes et d’explosions sociales qu’elle risquait d’engendrer, les voilà qui profitent d’une accalmie (pourtant toute artificielle) pour souffler et se rassurer à bon compte. Tout va “moins mal que prévu” ! C’est aller bien sûr un peu vite en besogne. La violence ne se mesure pas forcément à la réalisation de ces extrémités. Et sa montée ne se résume pas à l’immédiateté de ses explosions.

WOODSTOCK, RIGHT NOW !

((/public/Woodstock_music_festival.jpg|Woodstock_music_festival.jpg|L))Le matin, je vais souvent balader mes chiennes sur la jetée qui donne sur le grand estuaire. En ce moment, il fait beau. Les touristes en font un lieu de pèlerinage. Mais ce que je préfère, c’est quand le quai est un désert battu par le vent et la pluie. Un vilain crachin noie interminablement le paysage. C’est à peine si là-bas, sur l’autre rive du fleuve, on aperçoit les ombres des complexes pétrochimiques et les fumées menaçantes de leurs hautes cheminées. De ce côté-ci, seules quelques rares silhouettes liquéfiées de passants obstinés s’accrochent au gras du bitume. Elles filent comme ombres pourchassées, imperméables au salut. Pourquoi faut-il qu’à ces instants me reviennent en mémoire les images d’un autre vieux souvenir ruisselant…

LAL

Mon copain Lal (Leonid Minor pour l’état-civil) est mort durant l’été. Presque un siècle de vie, et il s’est écroulé. Mort. Jusqu’à son dernier souffle, et même si un sort malheureux nous avait éloigné depuis quelques années, Lal Minor a toujours été à mes yeux une vivante représentation de l’élégance. Comme Don Quichotte l’était aux yeux d’Orson Welles. Qu’aurait-il pensé, lui, Lal Minor, de cette sinistre rentrée 2009, de ces lamentables convulsions d’un monde décadent, à bout de souffle, avec ces hallucinations puériles (”<< la récession est terminée ! >>”), ces illusions naufragées (”<< la reprise est à portée de vue ! >>”), ses lâchetés, ses faux-fuyants, ses abandons ?

LA FIERTÉ DU COUREUR DOPÉ (ré-édition)

Et c’est reparti pour un Tour ! Comme si de rien n’était, la caravane fourbit ses slogans publicitaires ; les radios et les télévisions salivent d’avance sur les audiences ; les journalistes font mine de s’enthousiasmer, glosent sur la “légende” ; les coureurs et leurs staffs parlent stratégie, osent quelques pronostics ; le grand public s’arrache les journaux, la carte des étapes, la liste des équipes… Le dopage ? Plus tard.

LE TEMPS REVENU DES INTELLECTUELS

((/public/penseur_de_Rodin.jpeg|penseur_de_Rodin.jpeg|L))Découvert, grâce au sociologue-anthropologue Paul Jorion, les quatre intéressantes “postures” de sortie de crise — A, B, C et D — telles que les a établies un certain Jean Maxence Granier dans sa ”[Sémiotique de la crise|http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/sc3a9miotique_de_la_crise_jmg_20091.pdf]”. Cette classification offre une vue d’ensemble assez claire de la problématique actuelle et laisse imaginer quelques intéressantes pistes de solutions.

T’AS PAS CENT BALLES ?

((/public/Versailles.jpg|Versailles.jpg|L))C’est drôle, toute cette pesante mise en scène, tous ces ors déployés, tout ce couteux falbala versaillais (avec une fois de plus, dans les travées, les indécrottables socialistes). Tout ça pour en arriver à quoi ? À l’annonce de l’ouverture d’un emprunt national pour financer la dett… pardon, ”« nos priorités nationales »” !

BUT HERE WE ARE !

Hier soir, les invités de ma maison avaient du mal à se dérider. Chacun lourd de son stress, son incompréhension, son désarroi face l’impitoyable détricotage de notre univers de vie. Ce matin, il fait beau, chaud. Le petit port baigne dans une atmosphère presque paisible. Sur les quais, les gens marchent lentement. Une journée à se rouler en boule sous le soleil. Je voudrais vous faire un cadeau…

UNE DANGEREUSE LOGIQUE GUERRIÈRE

Il y a quelques temps paraissait dans les pages Rebonds du quotidien Libération un curieux billet intitulé : [« L’Europe doit être prête à la guerre »|http://www.liberation.fr/monde/0101570629-l-europe-doit-etre-prete-a-la-guerre] (Libération du 1er juin 2009). L’auteur, néerlandais, « directeur de la recherche sur la gouvernance mondiale », y évoquait crûment la nécessité de ”« défendre” (notre) ”modèle et” (nos) ”valeurs »”, d’en ”« raviver la flamme »”. Et même ”« d’être prêts à faire le sacrifice suprême »”.

LE RÊVE ÉVEILLÉ DE L’OCCIDENT

((/public/Iran-victoire-d-Ahmadinejad.jpg|Iran-victoire-d-Ahmadinejad.jpg|L))Toute la journée que dura l’élection présidentielle en Iran ce vendredi, nos médias en cour multiplièrent les flashs d’information sur le déroulement du scrutin, avec force micros-trottoir à la sortie des urnes. Mais pas une seule interview, pas une seule intervention des partisans du président sortant, Mahmoud Ahmadinejad. Au contraire un déballage enflammé des propos lâchés par les soutiens du principal candidat adverse, auto-proclamé “modéré”, Mir Hossein Moussavi.

À QUOI SERVAIENT CES 192.500 EMPLOIS DÉTRUITS ?

((/public/192.500_EMPLOIS_DETRUITS.jpg|192.500_EMPLOIS_DETRUITS.jpg|L))Tandis que les pantins autorisés dansent obstinément la valse pathétique de l’optimisme surjoué (ou plutôt du pessimisme “moins mauvais qu’attendu”), le rouleau-compresseur de la dure réalité écrase un peu plus chaque jour leurs flageolantes certitudes. Au premier trimestre 2009 : 192.500 emplois salariés détruits, soit plus de 2.000 par jour, record battu depuis 1945.

ABSTENTION 59,4 %, UMP 11,3 %, PS 6,7 %… LA PUNITION

Au soir de l’élection européenne, sur les plateaux de télévision, il n’y avait évidemment aucun représentant des véritables vainqueurs : les abstentionnistes (59,4 %). Une fois de plus, nos importants du cénacle essayèrent de mettre ce camouflet électoral sur le désintérêt du “public” (ils appellent ainsi ceux qui ne sont jamais invités sur les plateaux) pour les enjeux européens.

CRISE, PHASE III : DÉFAILLANCE DES PUISSANCES PUBLIQUES

Après une première phase marquée par l’effondrement du système financier international en 2008, une seconde entamée début 2009 qui voit l’économie réelle péricliter à grand train avec la mise en faillite de mastodontes comme General Motors ou Chrysler (pour commencer), voilà que se dessine une nouvelle et troisième phase critique (second semestre 2009) : la déroute des puissances publiques, nationales ou locales.

JULIEN COUPAT, LA BAFFE

((/public/procureur_Marin.jpg|procureur_Marin.jpg|L))La pire rebuffade que puissent essuyer les dominants de tout poils, c’est lorsque leurs proies, qu’ils croyaient à leur merci, se rebiffent et les éclaboussent de leur mépris. La [récente interview|http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/25/julien-coupat-la-prolongation-de-ma-detention-est-une-petite-vengeance_1197456_3224.html] de Julien Coupat, publiée dans le Monde daté du 26 mai 2009, est un modèle de claque dans la figure. On savait bien qu’aucune charge sérieuse ne pesait véritablement contre lui. On se demandait juste s’il tiendrait, s’il saurait prendre son mal en patience. Vu sa périlleuse situation actuelle, on n’imaginait pas de lui qu’il leur vole dans les plumes à la première occasion. Et c’est ce que le bougre a fait ! Sans même attendre d’être libéré. Tête du procureur Marin (photo) !

LES DÉRIVES D’UNE ÉPOQUE MALADE ET UN MOYEN D’Y ÉCHAPPER

Des policiers agressés avec une arme de guerre dans les “quartiers”, un gamin qui poignarde son enseignante pour une punition, un ministre qui envisage de mettre des portiques de détection d’armes à la porte des établissements scolaires, des centaines et des centaines de milliers de personnes, jeunes chômeurs, retraités, tenus à distance d’une vie simplement convenable. Plus loin, des avions qui bombardent sans discernement des populations civiles au nom de la civilisation… N’en jetez plus, ils sont devenus fous !

UNE ABSTENTION MÛREMENT RÉFLÉCHIE

((/public/Logo_Europeennes.png|Logo_Europeennes.png|L))Le 7 juin 2009, jour des élections au Parlement européen, je n’irai pas voter. Non par indifférence pour le sujet, bien au contraire. Non par mépris de l’expression démocratique, bien au contraire. Ni par lassitude ou résignation. Mais en toute connaissance de cause. Parce que c’est le seul et unique moyen qui me reste pour marquer mon hostilité profonde à l’Union européenne telle qu’elle est devenue, et à la régression démocratique en cours dans notre pays.

TIR NA NOG

((/public/Sous_les_jupes_du_pont.jpg|Sous_les_jupes_du_pont|L)) Se désembourber. Échapper coûte que coûte au traquenard gluant de la dissolution collective. Je regarde en rétrospective les sujets de mes si sérieux derniers billets et en sors un peu assommé. Il y a quelques temps, après la publication de [mon petit programme|/index.php?post/PETIT-ETAT-DES-LIEUX-EN-GUISE-DE-CONCLUSION] économique et politique en sept volets, j’annonçais à mon amie Myriam mon intention d’essayer de trouver et de faire partager, quoiqu’il se passe, les quelques miettes de raisons de vivre qui nous restent au beau milieu du naufrage général. Eh bien, il est grand temps de commencer…

CRASH TESTS

La publication des résultats des tests de résistance (”stress tests”) que la Réserve Fédérale américaine a fait subir aux principales banques du pays pour mesurer leur degré de résistance face à une nouvelle dégradation de la conjoncture, illustre à merveille le dilemme des autorités pour nous présenter les évènements en toute franche transparence. Entamer un peu plus une confiance déjà bien mal en point, c’est ruiner définitivement toute idée de reprise, c’est enterrer plus sûrement le système en souffrance. D’où cet optimisme contraint, ces présentations maquillées d’un soulagement artificiel.

DE LA LÉGITIME DÉFENSE

((/public/actionaires_Pinault_et_oeufs.jpeg|actionaires_Pinault_et_oeufs.jpeg|L))La menace leur pend au nez et ils commencent sérieusement à s’en inquiéter. ”« Jusqu’où peut aller l’insurrection française ? »” titre le Nouvel Observateur daté du 30 avril 2009. Dans une [vidéo|http://videos.nouvelobs.com/video/iLyROoafMMHS.html] en ligne, le rédacteur en chef de l’explosif dossier s’appuie sur un inévitable “spécialiste” de service pour tenter d’endiguer cette nouvelle source de pandémie à risques. ”« Spécificité française handicapante … Ce n’est pas la révolution … Aucune jonction entre les foyers … D’ailleurs, les révolutions interviennent dans des contextes d’instabilité économique considérable, de paupérisation ; on en est tout de même très loin en France ! »” Rien n’y fait. Le ver est dans le fruit. Et ils le savent.

UNE FAILLITE “POSITIVE”

((/public/chrysler.jpg|chrysler.jpg|L)) On l’attendait. Nous y sommes. Jeudi 30 avril 2009, Chrysler, 3e constructeur automobile américain, 9e constructeur mondial, s’est mis sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine du régime des faillites. Nouveau pas capital (car il s’agit d’une première, lourde de conséquences, pour une multinationale de l’économie réelle) dans la débandade d’un système vérolé en son cœur. Or que lit-on dans le communiqué AFP annonçant cet évènement historique ? ”« Obama sauve Chrysler en le mariant à Fiat. »”