DÉRAPAGE INCONTRÔLÉ

((/images/derapage.JPG|derapage|L))Cher José, Troisième jour de grève de la faim déjà. Vous devez avoir un sacré creux, toi et tes potes. J’ai lu de ci de là que certains tentaient de vous tourner à l’ironie, d’y aller de leurs insinuations perfides sur un “possible coup médiatique”. Te bile pas, les gens sont comme ça, prompts à rabaisser ceux qui, par leurs actes, mettent en lumière leur cruelle impuissance à eux, leur incurable pusillanimité.

PATAQUÈS CHEZ LES GROS RICHES

Cher José Bové, J’apprends que tu viens d’entamer une grève de la faim avec quelques compagnons pour obtenir la signature de la clause de sauvegarde promise interdisant la culture du maïs OGM. J’ai lu que vous aviez soigneusement préparé cette grève, en vous lavant l’appareil digestif, passant des saucisses à la soupe de légumes. Sûr que c’est sérieux une grève de la faim, que ça va vous prendre tout votre temps, toute votre énergie, dans votre caravane au pied de la Tour Eiffel. Ben justement, moi, je me propose de te tenir régulièrement au courant de ce qui se passe dans le reste du monde comme il va. Allez hop, je commence…

LE PLATEAU DE FRUITS DE MER

((/images/Tatihou.jpg|Tatihou|L)) Rien ne devrait nous ébranler. La terre pourrait s’écrouler autour de nous, le sable se dérober sous nos pieds, notre compte en banque hurler à l’agonie, ça ne devrait rien changer : il faut continuer à manger avec délectation. Aujourd’hui midi, allez hop, profiteroles d’escargots à l’andouille de Vire dans sa crème chaude de camembert, plus un rognon de veau grillé* pour faire oublier la froidure de l’hiver.

AU BORD DU GOUFFRE

””Nous risquons une crise de 1929 … Nous sommes au bord d’une récession … En quelques mois, nous sommes passés d’une économie de l’euphorie à une économie de panique.”” Non, ce n’est pas un altermondialiste qui livre ces lugubres prédictions. Ni un ex-stalinien soiffard au comptoir du bistrot des illusions perdues. Mais Jacques Attali, mitterrandien bon teint émigré de fraîche date en Zébulonnerie fervente. Et ce n’est pas dans les pages intérieures du journal l’Humanité qu’on les trouve, mais à la une du Journal du Dimanche (daté du 17/12/2007), feuille dominicale confite en dévotion appartenant à l’héritier Lagardère.

L’EUROPE, UNE IDÉE MORTE

((/images/Europe.jpg|Europe|L))””A l’opposé d’un cartel international tendant à la répartition et à l’exploitation des marchés nationaux par des pratiques restrictives et le maintien de profits élevés, l’organisation projetée” (l’Union européenne) ”assurera la fusion des marchés et l’expansion de la production.”” Voilà ce qu’écrivait Robert Schumann dans la [déclaration fondatrice|http://europa.eu/abc/symbols/9-may/decl_fr.htm] de ce qui était encore alors une idée généreuse. La même déclaration précisait : ””L’une de ses tâches essentielles: le développement du continent africain.”” Comme on peut le constater, ces ambitions sociales et humanistes ont tourné au fiasco. L’Europe est une idée durablement morte.

UN ESSOUFLEMENT QUI NE MANQUE PAS D’AIR

((/images/manif2.jpg|manif|L))Ce matin sur France Inter, ô surprise, on nous annonce en catimini que trente-cinq universités (sur quatre-vingt) sont encore plus ou moins ””bloquées ou très perturbées””. Mais dites-donc, je croyais qu’il s’essoufflait, ce mouvement ! Tellement à court d’oxygène, nous laissait-on entendre, que plus aucun des médias bien en cours n’en pipait mot. Sauf ce matin. J’en reste bouche bée.

VENTS MAUVAIS

((/images/Aigrettes.jpg|aigrettes|L)) Dans un des arbres bordant le marais, on distingue d’étranges silhouettes blanches. L’œil averti reconnaîtra un petit groupe d’aigrettes garzettes s’abritant des vents mauvais du large. Arbres, buissons, joncs des marais, passants égarés sur la digue, ploient et frissonnent sous la bourrasque. Mais les points blancs, eux, ne bronchent pas d’une plume. Au milieu du déchaînement, ces cousins marins du héron ont su trouver sans coup férir le seul refuge qui les protège de la furie.

VIVRE TUE

Dans moins d’un mois maintenant, il sera interdit de fumer dans tous les lieux publics. Gueule du café-tabac-PMU où je vais chaque matin acheter mon journal. Et qui vous flingue d’entrée sous les relents de nicotine et de cendres froides. Une feuille à grands carreaux arrachée dans un cahier et scotchée sur le miroir derrière le comptoir, clame son indignation : ””LAISSEZ-NOUS FUMER !””

LE DOUDOU

((/images/doudou.jpg|doudou|L)) Marre ! Ah non, vraiment marre de la chose publique, de la politique, de ce merdier saumâtre dans lequel nos tristes communautés humaines sont en train de s’enfoncer ! Envie impérieuse, furieuse, de se raccrocher à des branches bien solides, à la vie tout court. Tiens, je vais vous raconter une expérience peu commune que j’ai faite avec une de mes filles, du temps où sa vie dépendait encore entièrement d’un objet difforme, gluant de salive et puant : le doudou.

LE SILENCE DES PANTOUFLES

((/images/autruches.jpg|autruches|L)) Retour sur les émeutes qui ont ensanglanté la cité de Villiers-le-Bel fin novembre. Une nouvelle fois, de quelque bord qu’on se trouve, qu’on explique la colère des jeunes de banlieues (en se pinçant le nez), ou qu’on cherche à se réfugier sans réfléchir derrière les véhicules meurtris de la police et de l’ordre, un seul mot pour qualifier l’explosion de violence : ””inacceptable !”” Osons émettre un avis différent : une réaction de survie.

RIEN

Le “président de la république” est intervenu ce jeudi soir à la télévision. Une nouvelle fois. Il fallait qu’il s’explique. Il fallait qu’on le comprenne. Il a une mission, vous comprenez. Les Français la lui ont confié. ””J’ai été élu pour cela, je fais le travail””… je… Air erratique, regard fuyant. Même ses deux interrogateurs ne semblaient pas y croire. Voix blanches monocordes et ton presque compatissant.

QUESTIONS

((/images/Villiers-le-Bel.jpg|Villiers-le-Bel|L))Quelques jours après le drame de Villiers-le-Bel, bien des zones d’ombres entourent les circonstances de l’accident qui a entraîné la mort de deux jeunes à Villiers-le-Bel. Je ne suis ni détective, ni procureur. Je ne me permettrais surtout pas d’émettre sur le sujet la moindre hâtive conclusion, la moindre condamnation. Quand on est assis sur une poudrière, il est suicidaire d’allumer la mèche. Mais, comme tout bons citoyens soucieux de vérité, nous sommes en droit de nous poser quelques questions en regard de plusieurs éléments troublants.

L’OCCASION FAIT LE LARRON

Plus ça va, plus les échos alarmants du monde me parviennent, et plus j’ai la conviction que la communauté humaine s’approche à grande vitesse de son moment de vérité. Cela concerne notre pays qui sombre inéluctablement dans le marasme, les relations internationales minées de toute part par les tensions, l’avenir même de notre planète déjà ouvertement malmenée par les désastres écologiques que nous avons occasionnés. Tout est lié. Reste la question de notre légendaire instinct de survie…

CUL-DE SAC

((/images/cul-de-sac.jpg|cul-de-sac|L)) Les grévistes de la SNCF ou de la RATP n’ont hélas strictement rien à attendre des négociations en cours. Depuis quelques années, les syndicats actuels, de la CFDT à la CGT en passant par FO ou la CFTC, ne se préoccupent plus guère que d’obtenir quelques pilules placébos pour apaiser les plus vives brûlures des salariés. Renonçant à enrayer le déclin, ils se contentent de l’accompagner. Il en sera une fois de plus ainsi. Car le pouvoir, n’accordera rien, ne peut rien accorder sans mettre en péril ceux qui le soutiennent : les “grands frères” de l’ordre néo-libéral.

UPPERCUT

((/images/uppercut.jpg|uppercut|L)) Hé hé, en cette deuxième semaine de grève, pas sûr qu’ils fassent toujours autant les fanfarons, nos Fillon, Xavier Bertrand et autre muette carpe présidentielle. Pas certain qu’elle soit toujours aussi dominatrice, maîtresse Idrac, flanquée au fouet de son inénarrable factotum, le sieur Pépy (respectivement chef et sous-chef d’une SNCF désespérément récalcitrante).

HUBERT EST MORT

Mon ami Hubert est mort. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans notre petit cercle. Quand nous sommes arrivés à ce [nouveau séminaire|http://www.yetiblog.org/index.php?2007/09/07/187-le_cadre] de travail, à Paris, certains de mes collègues étaient en larmes et ne s’en cachaient pas. Notre ami et collègue Hubert, parti à la retraite un couple d’années plus tôt, ne s’était pas réveillé d’une des siestes dont il se faisait une jubilante obligation.