LE FOND

> ””Partout, quand on touche le fond, on finit par remonter. En Algérie, quand on touche le fond, on creuse !”” Cette phrase terrible de Fellag, humoriste algérien, je me demande si elle n’a pas déteint sur nous autres, Français. Parce que vraiment, en ce moment, pour ce qui est de toucher le fond, on fait fort ! Suffit de jeter un œil sur les dernières péripéties grandguignolesques de notre vie publique …

DE LA DÉMOCRATIE

””Toute démocratie est-elle nécessairement respectable ?”” Voilà un sujet qui aurait mérité de figurer dans l’épreuve de philosophie du bac. Entrons sans tarder dans le vif de ce sujet brûlant : répondre à la question posée par l’affirmative, c’est admettre qu’était respectable le pouvoir nazi soutenu par une majorité d’électeurs allemands de l’époque ; qu’est respectable ce pouvoir néo-libéral d’aujourd’hui, exercé par une bande de voyous, pour la plupart passibles de prison, qui ont fait main basse sur les richesses de la collectivité, et entraînent le monde dans leur naufrage.

CONSCIENCE ASSASSINE

((/images/conscience.jpg|Conscience affolée|L)) Le grand problème des volatiles humains, c’est la conscience dont ils sont affublés. À la différence des animaux qui vivent au jour le jour sans se soucier du hier et du demain, les bipèdes que nous sommes se voient sans cesse rappeler par cette conscience sarcastique leur triste condition d’êtres éphémères, mortels, condamnés au dépérissement sans l’ombre d’un échappatoire. Vous connaissez un chien, vous, qui envisage son vieillissement, l’heure de sa retraite, l’arrivée de sa mort ? Pire, la sournoise enfonce le clou en nous faisant miroiter des possibilités d’infini, des rêves d’éternité, des désirs d’absolu que nous ne connaitrons jamais. C’est plus que nous n’en pouvons supporter.

BANQUES, LE HOLD-UP PERMANENT

((/images/banque.jpg|Le cul sur le perron|L)) De pillées qu’elles étaient autrefois dans tout bon western digne de ce nom, les banques sont passées maîtresses dans l’art de faire main-basse sur nos cagnottes. Fortiches aussi pour ce qui est de capter la richesse publique ou blanchir les pépettes des crapules, hors-la-loi ou officielles, comme dans l’affaire Clearstream. Après les entreprises privées (cf. [L’entreprise, une forteresse à conquérir|http://www.yetiblog.org/index.php?2006/04/05/50-une-forteresse-a-reconquerir]), il serait temps qu’un pouvoir social de gauche s’attaque à ce coffre-fort hermétique et tout-puissant qui s’enrichit sur la misère du monde.

DETTE PUBLIQUE, L’ENTOURLOUPE

Dans le cadre de leur vaste offensive contre le bien public, les prêcheurs de la secte privée usent d’un argument tombant apparemment sous le sens : la croissance excessive de __la dette publique__. Celle-ci serait faramineuse, grèverait le budget de chaque citoyen et hypothèquerait durablement l’avenir de nos chères têtes blondes. Ce faisant, sur l’air dramatisant du ””on peut pas dépenser plus que c’qu’on gagne””, nos gourous justifient les coupes purgatives dans les dépenses publiques et les réductions laxatives du nombre de fonctionnaires. Un certain Michel Husson, administrateur à l’INSEE et chercheur à l’IRES (Institut d’Études Économiques et Sociales), vient de pondre un petit rapport, [Dette publique, rente privée|http://hussonet.free.fr/detpub7.pdf], qui révèle l’entourloupe. Je résume en clair…

MASSES MOLLES

Au comptoir du ”Fou de Bassan”, Ahmed, l’épicier de nuit, était furibard. – Ah, il avait raison, Pierre Bourdieu, quand il disait que les médias du microcosme faisaient tout pour limiter le champ politique à ce qui leur paraissait acceptable ! Après les émeutes de banlieues, les manifestations anti-CPE, et maintenant cette affaire Clearstream qui fait vaciller le pouvoir de droite, les voilà qui montent en épingle la seule personnalité de “gauche” susceptible de ne pas trop bousculer leurs petits intérêts, cette pitoyable Royal ! – Vous f’rai r’marquer, fit un petit monsieur à moustaches en costume étriqué, qu’ils ont déjà avancé deux autres pions de leur stratégie : “Le Pen, le retour” en guise d’épouvantail ; suivi de l’incontournable “Votez utile”, prompt à désamorcer toutes vélleités de révolte rebelle.

LA “FÊTE” DU TRAVAIL

((/images/stop_work-s.jpg|stop works|L)) – ”1er mai : c’est la fête du Travail !” Ben justement, je me préparais à la lui faire, sa “fête”, au travail ! On essaie encore de nous faire avaler que le travail est la seule valeur référente et incontournable pour pouvoir “se payer” le droit de vivre. “Travailler plus pour gagner plus”, qu’ils disent. Ah, ils doivent bien rigoler, les actionnaires rentiers des fonds de pension ! Le problème, c’est que beaucoup parmi nos amis croient encore dur comme fer à ces sornettes. Ils réclament le retour du plein-emploi à cors et à cris, et montent en mayonnaise si on leur parle de raisonner la [croissance|http://www.yetiblog.org/?2006/08/25/74-la-croissance-reve-ou-calamite].

LE CUL SUR LE PERRON

((/images/Le cul sur le perron.jpg|Le cul sur le perron|L)) Après les moments forts, intenses, on éprouve toujours comme un trop-plein. On voudrait que l’euphorie dure, que l’enthousiasme persiste. Mais non, l’énergie manque. Ne nous restent que quelques ultimes soubresauts qui éclatent en pétards mouillés. On se sent coupables d’impuissance, furieux de n’avoir pas mené l’action aussi loin que l’on aurait voulu, conscients d’avoir gagné une bataille mais pas la guerre, exaspérés par les inévitables corbeaux de mauvais augures qui voltigent au-dessus du champ de bataille en comptant les points. C’est ce qui arrive, je pense, aux étudiants et aux lycéens récemment insurgés contre la stupidité du monde qu’on leur offre.

L’ENTREPRISE, UNE FORTERESSE À CONQUÉRIR

((/images/entreprise.JPG|entreprises-forteresses|L)) La première des forteresses à conquérir par un pouvoir de gauche alternatif me paraît être l’entreprise privée. L’entreprise privée est le point d’ancrage central du système libéral, celui par lequel tout passe : emplois, production de biens et services destinés (prétend-on) à satisfaire les besoins de la population, flux financiers qui aboutiront à la répartition des richesses (de façon équitable ou non). Or, dans le système libéral, l’entreprise tend à devenir une dangereuse zone de non-droits. Droits sociaux de plus en plus remis en questions, syndicats marginalisés, opacité totale sur l’utilisation des flux financiers engendrés, omnipotence des actionnaires et des cadres dirigeants qui n’ont pas le moindre scrupule à s’emparer de la cagnotte. Sans contrôle strict de cette entité, point de salut.

MESSAGE À MES VOISINS

Chers voisins, Vous avez sans doute entendu dire que ça chauffait plutôt, en ce moment, dans notre maison France. La rumeur de notre tapage s’est propagée par les habituels couloirs médiatiques de vos pays respectifs. Mais la rumeur tord parfois le coup aux vérités les plus élémentaires. Nous, Français, aurions ””l’amour de la révolte et la haine des réformes”” (Daily Telegraph), nous serions ””une espèce de communauté de rentiers vivant aux frais d’un État de plus en plus endetté”” (ABC). Ne les écoutez pas ! Ce sont des menteurs à langue fourchue, appartenant aux mêmes mafias financières que nos médias à nous. La vérité est que nous leur avons lancé un défi qui les affole : leur reprendre de gré ou de force ce qu”ils nous, ce qu’ils vous ont piqué.

LA CROISÉE DES CHEMINS (2/2 – Le cycle des lueurs)

((/images/soleil levant.jpg|Soleil levant|L)) La récente intervention d’un Président de la République pathétique, sombrant dans le ridicule en promulguant une loi qu’il demande de ne pas appliquer, montre que les signes de défaillance de la mafia libérale commencent à apparaître. Si nous voulons échapper au [cycle des ténèbres|http://www.yetiblog.org/index.php?2006/03/31/47-la-croisee-des-chemins] vers lequel ils nous conduisent, il nous faut renforcer nos actions et préparer attentivement celles de demain. Les pistes qui s’offrent à nous sont nombreuses, mais étroites. Actuellement, étudiants et lycéens en tracent une avec brio. Il est temps pour nous de redoubler d’efforts et de sang froid si nous ne voulons pas qu’elle se termine en cul-de-sac.

LA CROISÉE DES CHEMINS (1/2 – Le cycle des ténèbres)

((/images/tenebres.jpg|Ténèbres|L)) Dans un précédent article ([La fin d’un monde ?|http://www.yetiblog.org/index.php?2005/11/03/16-la-fin-dun-monde]), j’essayais d’évoquer ces fins de cycle qui, tous les dix ou vingt ans, marquent l’histoire des sociétés humaines (Première Guerre mondiale, grande crise de 1929, Seconde Guerre mondiale, bouleversements des années 60/70, chute du bloc soviétique…. Ces ruptures précèdent, après des périodes de flottements parfois douloureux, le début de nouveaux cycles. Eh bien, je crois que cette fois, nous y sommes.

POUSSEZ !

((/images/poussez.jpg|Poussez !|L)) Ce cri scandé en rythme par les sages-femmes des salles d’accouchement m’a toujours fasciné. Bien souvent, cette incantation entraînante m’est revenue à l’esprit quand il me fallait affronter une difficulté ou franchir un obstacle. C’est à vous, les jeunes en révolte, que j’ai envie d’en transmettre l’énergie aujourd’hui. POUSSEZ ! Vous êtes à un moment crucial de votre histoire. Vous avez pris vos problèmes à bras le corps, bien décidés à ne pas vous en laisser conter par les puissants qui cherchent à vous endormir à grands coups de “je vous ai compris” mielleux. Ce sont des menteurs sans scrupule. Il n’y a que leurs profits qui les intéressent. Reculez maintenant, ce serait leur laisser le terrain libre pour des années. Virez-les ! POUSSEZ !

LES DEBOUTS ET LES ASSIS

((/images/Merde_au_CPE.jpg|Merde au CPE|L)) Ce soir, je suis passé devant le lycée de ma petite ville. “Grève !” “Occupation des locaux !” “Merde au CPE !”, proclamaient des banderoles sur la façade du respectable établissement. Ainsi donc, même là, dans cette bourgade paisible du bord de mer seulement agitée par les vents du large, ils s’y étaient mis. “Ils”, c’était eux, les minots, que certains avaient un peu trop vite enterrés. Ils étaient là, sur le trottoir, le nez offert aux rayons du premier soleil de printemps, presque étonnés de leur audace, à brailler leurs slogans entre deux éclats de grands rires et aux sons tonitruants des djembés.

PRENDRE SA VIE EN MAIN

((/images/manif.jpg|Manifestation|L)) __Message aux jeunes en colère… et aux autres__ Enfin, il fallait que ça arrive. Je ne sais combien elle durera, ni où elle aboutira, mais votre colère est là. Une révolte vitale pour vous, pour nous. Voilà des années qu’on vous, qu’on nous traîne dans la farine au nom de je ne sais quelle réalité inexorable : la “mondialisation”, disent-ils (ils n’osent plus parler de “progrès”). En réalité — ++leur++ réalité — une bande de gangsters s’est emparée de notre monde et l’assèche, le médiocrise, pour leurs seuls profits égoïstes. Pendant que vous désespérez de faire des études décentes dans des conditions décentes, de trouver un travail décent, de vous fabriquer un présent au moins acceptable et un avenir honorable, ils roulent sur l’or de façon obscène* en vous, en nous tenant le nez dans la poussière.

LE SANG NEUF

Quand j’ai débarqué sur ces nouveaux sites d’expression qui fleurissent sur le web comme celui où je sévis — [Bellaciao|www.bellaciao.org/fr] — j’ai été agréablement surpris par la proportion de femmes qui y allaient de leur énergique grain de sel. J’avais trop souvent connu ces conversations politiques de fin de repas où s’isolait la seule gente mâle. Et on essayait toujours de me laisser accroire que le web était le joujou exclusif des mecs accros à leur “ordi”. Manquait pourtant un élément dans cet univers enfin mixte de débats passionnés : les “djeunes”. Or, les voilà qui débarquent en trombe, poussés au paroxysme du ras-la-casquette par ces crétins qui prétendent nous gouverner.

LE MUSÉE DES CIVILISATIONS

ALLO, ALLO, ICI LONDRES, LES FRANÇAIS PARLENT AUX FRANÇAIS … ((/images/British Museum.jpg|La rotonde du British Museum|L)) Eh oui, je vous parle de Londres où je me suis offert un petit séjour aératif. Je sors tout juste d’une visite au ”British Museum”. Vous connaissez le ”British Museum” ? C’est le musée de TOUTES les civilisations ! À chaque fois que j’y mets les pieds (tous les vingt/vingt-cinq ans environ), je me dis que cette fois, non c’est fini, je ne me laisserai plus ébaubir, hors de question … et paf ! j’en sors étourdi comme après une soirée de griserie au bar du ”Fou de Bassan”.

LE BUTIN DES PILLARDS

((/images/total.jpg|tract anti Total|L)) ”__TOTAL : bénéfice net record en 2005__” > ”Le groupe pétrolier a dégagé un bénéfice de 12 milliards en 2005, en hausse de 31% par rapport à 2004.” > > ”Le groupe pétrolier français Total a dégagé un bénéfice net record de 12 milliards d’euros l’an dernier, grâce à la flambée des prix du pétrole brut sur les marchés mondiaux et marquant un bond de 31% sur 2004, a annoncé le groupe mercredi 15 janvier.” > ”Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 143,2 milliards d’euros, en hausse de 17%.”%%% > (Source: NOUVELOBS.COM | 15.02.06) Vous avez bien lu : un ””bénéfice net record”” obtenu ””grâce à la flambée des prix du pétrole brut sur les marchés mondiaux”” !

LE RETOUR DU SOLEIL

Tous les ans, à la mi-février, un évènement secoue la routine du ”Fou de Bassan” : le retour du soleil. Mon bar favori est adossé côté sud à une grande colline. Courant novembre, l’astre disparaît derrière cette colline pour aller réchauffer l’autre hémisphère. Durant toutes les journées d’hiver, le ”Fou de Bassan” reste plongé dans l’ombre. Sa nuit polaire, en quelque sorte. Le soleil ne revient qu’en février. L’évènement tombait bien. Notre hiver avait été secoué par des vents mauvais qui avaient braqué les esprits : des caricatures polémiques, les retombées d’un fiasco judiciaire, les exactions répétées de la horde de pillards qui détenaient le pouvoir, j’en passe et des meilleurs…

LE ROUAGE GRIPPÉ

((/images/burgaud.jpg|Le juge Burgaud auditionné par la commission parlementaire|L)) Je suis fasciné par les images que les médias donnent du juge Burgaud auditionné devant la commission d’enquête parlementaire le mercredi 8 février 2006. Ce visage blême, ces yeux affolés, ce désarroi de gamin pris en faute. Ainsi donc, c’est lui l’instructeur impitoyable qui a broyé l’existence d’une bonne dizaine d’innocents ? Eh oui, c’est bien lui ! Vous avez vu, il ressemble à tout le monde. Vous le croiseriez dans la rue, vous ne le remarqueriez même pas. Pourtant si, il me rappelle quelque chose… quelqu’un… Ah oui !