DE LA LÉGITIME DÉFENSE

((/public/actionaires_Pinault_et_oeufs.jpeg|actionaires_Pinault_et_oeufs.jpeg|L))La menace leur pend au nez et ils commencent sérieusement à s’en inquiéter. ”« Jusqu’où peut aller l’insurrection française ? »” titre le Nouvel Observateur daté du 30 avril 2009. Dans une [vidéo|http://videos.nouvelobs.com/video/iLyROoafMMHS.html] en ligne, le rédacteur en chef de l’explosif dossier s’appuie sur un inévitable “spécialiste” de service pour tenter d’endiguer cette nouvelle source de pandémie à risques. ”« Spécificité française handicapante … Ce n’est pas la révolution … Aucune jonction entre les foyers … D’ailleurs, les révolutions interviennent dans des contextes d’instabilité économique considérable, de paupérisation ; on en est tout de même très loin en France ! »” Rien n’y fait. Le ver est dans le fruit. Et ils le savent.

UNE FAILLITE “POSITIVE”

((/public/chrysler.jpg|chrysler.jpg|L)) On l’attendait. Nous y sommes. Jeudi 30 avril 2009, Chrysler, 3e constructeur automobile américain, 9e constructeur mondial, s’est mis sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine du régime des faillites. Nouveau pas capital (car il s’agit d’une première, lourde de conséquences, pour une multinationale de l’économie réelle) dans la débandade d’un système vérolé en son cœur. Or que lit-on dans le communiqué AFP annonçant cet évènement historique ? ”« Obama sauve Chrysler en le mariant à Fiat. »”

Le programme du Yéti : 7. Petit état des lieux en guise de conclusion

Quoiqu’en proclame à tout va son carré d’officiers, immédiatement démentis par de nouveaux craquements sinistres, Le Titanic capitaliste néolibéral, que ses promoteurs nous présentaient comme définitivement insubmersible, s’enfonce inexorablement sous l’œil incrédule de son équipage et de ses passagers hébétés. Voilà pourquoi j’ai pensé qu’il était grand temps de proposer un modeste esquif de sauvetage, une embarcation bonhomme qui puisse affronter les grains les plus violents, et naviguer en père peinard une fois les eaux calmes regagnées.

Le programme du Yéti : 6. Des relations internationales assainies

Avec la crise, deux baudruches sont en train de voler en éclats : d’abord, cette “mondialisation” arrogante qui n’était finalement qu’un vulgaire contournement, par des prédateurs financiers, de toutes les protections sociales laborieusement élaborées sur la planète par certains États. Ensuite, une Union européenne dénaturée, réduite aux agissements opaques d’une Commission européenne et d’une Banque centrale ouvertement dévouées aux intérêts des lobbies industriels et financiers, et échappant à tout contrôle réellement démocratique.

UNE CONSTITUTION POUR L’ÉCONOMIE (réponse à Paul Jorion et Jean-Claude Werrebrouck)

Tandis que le système néolibéral n’en finit pas de se désintégrer, quelques penseurs de qualité essaient de réfléchir à des solutions nouvelles pour tirer le monde du sale guêpier où les prédateurs financiers l’ont fourré. Avec une approche sensiblement différente mais un esprit similaire, [Paul Jorion|http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2671] et [Jean-Claude Werrebrouck|http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2667] essaient de mettre sur pied une nouvelle __constitution pour l’économie__. Tous les deux la situent à un niveau global, ”<< là où le pouvoir économique a déjà pris ses aises >>”, note Paul Jorion. C’est sur ce point de la globalisation des solutions que je voudrais marquer, en toute modestie, mon désaccord avec ces deux personnalités.

CAPILOTADE DIPLOMATIQUE

Lundi 20 avril 2009, à Genève, débute une seconde conférence internationale sur le racisme, dite Durban II. Sans la présence remarquée de plusieurs pays d’importance : les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Pologne, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, Israël. Leur prétexte, répété à l’envie par tous leurs médias en cour : la crainte de voir l’Iran y imposer ses diatribes ”« antisémites »”.

Le programme du Yéti : 5. Éthique de l’économie

En quarante ans, notre [production d’ordures ménagères|http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=4&url=http%3A%2F%2Fwww2.ademe.fr%2Fservlet%2FgetBin%3Fname%3DCCD94A34A2100AD056090DB95682ADDB1170930507903.pdf&ei=_ZvdSYPADuCQjAfl3v2YDg&usg=AFQjCNEGL2lTs5f8BUTMZoILZ9yogoHo7g&sig2=I03KU4r8aGZNP5o2oSkZfQ] a plus que doublé. Ce seul fait suffit à illustrer l’étendue du gaspillage auquel a pu aboutir une économie mondialisée livrée à elle-même et aux margoulins insatiables. Malgré quelques pompeuses réunions de façade pour se donner bonne conscience, quelques pâles efforts pour enrayer la tendance, les mercantis à costume finissent toujours par sacrifier allègrement l’intérêt général et la salubrité vitale de nos conditions de vie sur l’autel de leur croissance ravageuse ou de cette hypothétique « reprise » qui, bien loin de marquer la fin d’une crise, serait une calamité pour l’avenir de notre planète.

Le programme du Yéti : 4. L’économie d’utilité publique

Certaines activités économiques se situent à la lisière assez floue qui sépare le domaine privé et le domaine d’intérêt public, bien à l’écart des simples soucis de rentabilité financière : * les arts, la culture, la vie intellectuelle * l’information * les échanges non-marchands (gratuits) sur Internet : musique, films, information, logiciels libres…

G20, LE BAL DES FAUX-CULS

((/public/G20.jpg|G20 la “fête”|L|G20 la “fête”))”« Chiche »”, titrait Pascal Riché dans [l’édito|http://eco.rue89.com/2009/04/02/fmi-paradis-fiscaux-le-g20-veut-changer-le-monde-chiche] de Rue 89 sur les [déclarations d’intention du G20|http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/04/02/g20-plus-de-1-000-milliards-de-dollars-pour-la-relance-et-l-aide-aux-institutions-financieres_1175971_1101386.html] à propos des paradis fiscaux, de la levée des secrets bancaires, et des « règlements » en tout genre, précédant (forcément) la capricieuse « reprise ». Bien sûr que non, ils ne seront pas « chiches » !

Le programme du Yéti : 3. Les services publics ressuscités

Qu’est-ce qu’ils ne nous ont pas seriné ! Avec la privatisation et la mise en compétition des services publics, on allait voir ce qu’on allait voir ! Une efficacité boostée à mort, des prix serrés au collet, une “offre” à ne plus savoir où donner de la tête. Et de nous chanter les “modèles qui marchent”, américains, anglais. On voit aujourd’hui le résultat : douloureux ! Ces gougnafiers nous ont tout détricoté ! Une Éducation nationale sonnée, un secteur de la santé et de la protection sociale en charpie, des trains dont la seule régularité est d’être en retard, une infrastructure de transports frappée de sénescence, un secteur des communications ubuesque…

Le programme du Yéti : 2. La moralisation du système financier

Ils n’ont plus que ça à la bouche : “moraliser” le système financier. Les mots après les maux. Qu’ont-ils réellement fait depuis que cette crise a éclaté, en janvier 2008 ? Rien. Des mots. Quelques vagues déclarations d’intention médiatiques, faussement indignées, pour faire bonne mesure et illusion, lors des moments les plus chauds. Mais sinon, rien. Il est grand temps de nettoyer ces écuries d’Augias.

Le programme du Yéti : 1. Le partage des revenus et des profits

Rien n’y fait ! Face à une situation de plus en plus catastrophique, les tenants du système néolibéral continuent de ressasser à l’envie leur vieilles lunes désormais périmées. Et, par l’indigence de leurs propositions, voire leur absence totale de projet, « les oppositions » montrent qu’elles sont plus enclines à s’opposer à un ancien monde défait qu’à en proposer un nouveau. Mais baste, la chienlit dans laquelle nous sommes irrémédiablement plongés permet toutes les audaces ! Dans ces conditions, pourquoi ne pas mettre soi-même la main à la pâte ? Voici donc le programme du Yéti avec un premier volet de choix : le partage des revenus et des profits.

L’ANNÉE DU “GRAND BOULEVERSEMENT”

((/public/19_mars.jpg|19 mars|L))Les alertes nous arrivent en boucle, implacables. ”<< Réchauffement climatique : plus que 20 ans pour agir >>”, titre Damien Jayat dans un [excellent article|http://www.rue89.com/infusion-de-sciences/2009/03/18/rechauffement-climatique-plus-que-20-ans-pour-agir] sur Rue89. ”<< Lorsque fondent les glaciers, il est déjà trop tard >>”, surenchérit le quotidien anglais The Independent dans son [éditorial du 12 mars 2009|http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2589]. Certains éditorialistes de la presse en cour, jadis fervents partisans de la mondialisation, commencent à sérieusement douter. Thomas Friedman, du New York Times, présente désormais l’année 2008 comme celle du [“Grand Bouleversement”|http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2587] : ”<< L’année 2008 est celle où nous avons heurté un mur — celle où Mère Nature et le marché nous on dit tous deux : "assez". >>”

NOUS NE DIRONS PLUS RIEN

”Ci-après, in extenso, [la tribune|http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/03/16/tarnac-face-a-un-pouvoir-toujours-plus-absurde-nous-ne-dirons-plus-rien_1168489_3232.html] signée dans le Monde daté du 16 mars par Aria, Benjamin, Bertrand, Elsa, Gabrielle, Manon, Matthieu et Yldune, toutes et tous compagnons d’infortune de Julien Coupat, encore emprisonné par des imbéciles. Et tous mis en examen avec lui dans l’affaire dite “de Tarnac”. À diffuser sans aucune modération.”

LE PLAN B

Décembre 2008 en Floride. Un quart de la population du comté de Lehigh Acres, petite bourgade paisible qui avait prospéré sur le secteur de la construction avant d’être rattrapée par la crise de l’immobilier, s’est vu attribué [des bons d’alimentation|http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2582] pour pouvoir se nourrir. Vous avez bien lu ? Des tickets de rationnement ! Si, en 1939, on avait dit à la population française qu’elle allait être soumise à ce régime-là, nulle doute qu’elle aurait bien rigolé. Et sans doute aussi, il y a quelques mois, les habitants de Lehigh Acres en Floride (oui, oui, en Floride, la côte d’Azur américaine !). Sauf que dans ce dernier cas, on a même pas eu besoin d’une guerre pour en arriver là !

DANS MA CHEMISE

((/public/coccinelle.jpeg|coccinelle.jpeg|L))\– ”Grand-père ! Grand-père ! Où t’es ?”%%% \– ”Dans ma ch’mise ! Allez dors, petit, dors”… Ce souvenir ! Ce souvenir ! La grande chambre commune, froide et humide, de la grande maison au bord de la rivière. L’aboiement des chiens dans la campagne. Le tic-tac obsédant du réveil matin. Cette obscurité terrifiante pour l’enfant qui se réveille en sursaut dans la nuit. Et la voix de grand-père pour le rassurer…

LES ROQUETS TENTENT DE MORDRE

Maintenant la Réunion ! Après la Guadeloupe, la Martinique. Et avant qui ? …. Ah, c’est réjouissant ! Les autres, ça leur reste en travers de la gorge ! Cette façon dont ils sont contraints de ramper dans la poussière devant tous ces Domota et leur bande de nèg’ obstinés. Ces accords signés par un préfet à la dérive. Ces patrons affolés par la tournure de ce vent de révolte. Ce “pouvoir” métropolitain aux abonnés absents… Voilà que les chiens se jettent sur le premier os qui passe : ”« Soit vous appliquez cet accord-là, soit vous quittez la Guadeloupe. »”

LE LKP EN MODÈLE

((/public/LKP.jpg|LKP|L))La grève en Guadeloupe ne se terminera pas comme souvent, par épuisement des acteurs et pourrissement d’une situation. Mais, quoiqu’il advienne désormais, par une victoire sans équivoque, sur bien des tableaux, d’un drôle de zinzin : le [LKP|http://www.lkp-gwa.org] (Liyannaj Kont Pwofitasyon \– vous remarquerez qu’il n’est même plus la peine d’en donner la traduction pour que chacun sache de quoi il retourne). Un modèle du genre à inscrire dans le livre d’or des luttes syndicales.

LA FIN EST MON COMMENCEMENT

((/public/terzani_0001.jpg|terzani_0001.jpg|L))”<< Tu sais, je me suis toujours intéressé à l'humanité. L'homme, mais qui est-il, bon sang ? Alors, j'ai fini par me poser cette question, un peu bête mais tellement importante : "Et moi, qui suis-je ?" Cet homme, cet homme... Bref, j'ai été totalement pris par l'homme, par l'humanité. Où va-t-il ? Que fabrique-t-il ? S'améliore-t-il ou ne s'améliore-t-il pas ? C'est cela l'Histoire, tu ne crois pas ? >>” L’Histoire avec un grand H, Tiziano Terzani (1938-2004), le grand écrivain-journaliste italien, la vécut pleinement. Dans une ultime et extraordinaire série d’entretiens avec son fils Folco (”La Fin est mon commencement”, éd. Les Arènes/Intervalles 2008), il illustre à merveille le dilemme qui est aujourd’hui celui de chacun d’entre nous : la lutte entre le Bien et le Mal, quand le Bien et le Mal sont d’inextricables frères siamois.

UN DISCOURS EN MANQUE D’IMAGINATION

Il nous avait laissé espérer avec quelques annonces ponctuelles plutôt révolutionnaires dans leur principe et inhabituelles dans la bouche d’un président des États-Unis d’Amérique (le revenu maximal de 500.000 dollars pour les patrons d’entreprises en difficulté). Hélas, le premier discours-programme économique prononcé le 24 février par Barack Obama brille par son manque d’imagination et l’inadéquation assez inquiétante des mesures proposées. Passons sur l’inévitable volontarisme un peu forcé de l’exercice pour conjurer la crise (”« les États-Unis d’Amérique en sortiront plus forts qu’auparavant »”) et examinons les quelques points avancés pour y parvenir.