DROIT D’AUTEUR ET DROIT DE PROPRIETE

Le cinéaste Besson vient de pousser sa beuglante contre les partageux d’Internet au nom du droit à la propriété pour les auteurs d’oeuvres artistiques. La ministre Albanel réclame à cors et à cris la limitation des bornes publiques de wifi pour limiter le “piratage” sur le web. Voilà qui me donne l’occasion d’aborder un sujet qui me tient à coeur : une des plus grandes arnaques du système actuel tient à l’interprétation du droit de propriété accordé aux auteurs artistiques (ou à leurs ayants-droits) sur leurs propres oeuvres.

DIRE LES CHOSES COMME ELLES SONT

Rien n’y fait ! Alors qu’on nous avoue officiellement une baisse brutale de notre PIB (-1,2% au dernier trimestre 2008), que la ministre Lagarde est contrainte, piteuse, de cracher le vilain mot de récession, voici que d’aucuns “spécialistes” laissent encore entendre sans rire qu’il s’agit d’une simple “phase d’adaptation de croissance”. Et que nombre d’acteurs économiques se contentent de serrer les fesses en attendant la sacro-sainte “reprise”. Quel vice congénital nous fait si obstinément refuser la réalité telle qu’est, nous précipiter comme des possédés, tel des naufragés du désert, vers des mirages d’oasis ? Les évidences éclatent pourtant à nos yeux, mais ceux-ci sont cillés. Les analyses lucides ne manquent pas, mais que nous refusons comme la peste. Ainsi du [lumineux texte testamentaire|http://www.catharsis-prod.eu/spip.php?article90ar_recherche=+gorz] laissé par le philosophe André Gorz avant de disparaître en septembre 2007.

LA TEMPÊTE QUI VIENT

En retenant l’appellation NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) pour leur mouvement tout neuf, Olivier Besancenot et les anciens de la LCR montrent qu’ils n’ont guère pris la mesure de la gravité des évènements actuels. À l’image du camp d’en face, ces prétendus “puissants” qui de G7 en G20 affichent juste leur désarroi et leur impuissance à relancer une machine en rade, nos “révolutionnaires” auto-proclamés paraissent hélas en retard d’une guerre. Car le capitalisme n’a plus besoin qu’on le combatte ou qu’on essaie de le sauver. Il est de lui-même tombé en état irréversible de mort clinique. Et sa chute ne date pas d’hier.

UN EURO POUR CHANGER DE MONDE

((/public/un_euro.png|un_euro.png|L))Qui niera que c’est l’éducation des enfants qui dessine l’image du monde ? Eh bien l’éducation, la Nationale, celle bien de chez nous, est aujourd’hui en danger, de la maternelle à l’université, mise à mal par des foutreculs malfaisants, des blafards qui vampirisent nos écoles pour renflouer leurs sales banques et imposer leur morale de soumission inculte. Des professeurs d’école primaire, de plus en plus nombreux, se sont dressés contre cette saignée à blanc de l’intelligence et de la culture. Les professeurs d’universités entrent eux aussi en sécession. AIDONS-LES !

UNE MESURE VÉRITABLEMENT RÉVOLUTIONNAIRE

Barack Obama, président des États-Unis d’Amérique, vient d’annoncer, le 4 février 2009, son intention de limiter à 500.000 dollars (389.000 euros) les revenus annuels globaux des patrons d’entreprises renflouées par l’État. Les diverses parties variables de ces revenus (bonus, primes…), souvent juteuses à l’excès, seraient interdites. Primes de départ et parachutes dorées totalement transparents et sous haute surveillance. On écarquille les yeux. Il s’agit d’une mesure véritablement révolutionnaire. Le franchissement d’un tabou, encore impensable il y a peu. Et au cœur même de l’Empire néo-libéral !

DES MOMENTS FORMIDABLES

((/public/Reve_generale.jpg|reve general|L))”<< En vrai, malgré leurs malheurs, tous ces gens vont vivre des moments formidables ! >>” Voilà ce que disait ma fille aînée, vingt-six ans, en regardant les images de la terrible tempête Klaus qui venait de ravager le sud-ouest de la France. Et de fait, la réalité lui donna raison. Nous parviennent au fil des jours les bribes de cette solidarité spontanée entre les naufragés, cette entraide née du vent furieux, ces repas pris en commun de par la force des éléments, ces chaleureuses veillées collectives improvisées pour pallier à l’absence d’électricité, de chauffage, d’eau potable. Drôle comme nos moments les plus mémorables nous viennent souvent des passages les plus périlleux de notre existence.

DÉBUT DES ÉMEUTES

((/public/greve_guadeloupe.jpg|greve_guadeloupe.jpg|L))Il fallait évidemment s’y attendre. La dramatique situation économique et politique actuelle, ses conséquences sociales, les désillusions et les exacerbations qu’elle engendre, ne pouvaient que déboucher sur des troubles graves. Or voilà que deux évènements, parfaitement distincts de par leur nature, se rejoignent par leurs conséquences. Le premier touche aujourd’hui un département dit “d’outremer”. Le second a éclaté en métropole, à Paris.

LE PLAN DE RELANCE DU YÉTI

Formidable ! Les socialistes viennent de nous sortir leur “contre-plan” de relance. ”« Agir vraiment contre la crise »” (dites-vous bien que quand un leader ou un parti politique inclut l’adverbe “vraiment” dans ses slogans, c’est qu’il n’est lui-même déjà pas trop convaincu par ce qu’il avance). Le dernier médicament-placebo en date de nos politiques, c’est le milliard sorti du chapeau. Plus de 40 pour le PS contre 26 pour Foutriquet, qui dit mieux ! Tout ça tient du mirage de charlatan. D’autant qu’aucun volet-recettes sérieux n’est prévu pour financer ces lubies (la lutte contre la fraude fiscale, laissez-nous rigoler ! ) Toujours la même pesante ritournelle : augmenter le pouvoir d’achat, faire baisser les prix (mais sans annoncer de contrôle des prix), combattre le chômage, relancer l’investissement… En gros, c’est du Foutriquet tout craché… d’avant élection !

COMME UN FRÉMISSEMENT DES MENTALITÉS

C’est comme au lendemain des soirées de trop grands excès, quand une sensation d’écœurement et de dégoût des choses vous saisit, quand la lucidité douloureuse qui pointe derrière l’horizon de votre gueule de bois carabinée vous laisse entrevoir la honte de vos écarts de la veille. Ce n’est pas que vous êtes prêts, non, pas encore, à abandonner ces agapes effrénées, mais juste que vous en percevez soudain la nauséeuse futilité et les dangers qu’elles font courir à votre foie malmené. C’est ainsi que Mai 68 avait ponctué la fin des fameuses Trente Glorieuses en secouant définitivement le cocotier du carcan moral étouffant de l’époque. C’est ainsi qu’un frémissement des mentalités semble poindre derrière l’effondrement graveleux des dernières et si tristes Trente Foireuses.

À NOS ACTES GRATUITS

Une question ne cesse de me tarabuster : pourquoi ce que nous faisons de plus passionnant dans nos vies, de plus important et même parfois de plus utile, se déroule presque toujours très loin des opulences financières, sinon aux confins du carrément fauché ? De l’écrivain qui touche des peccadilles en matière de droits d’auteur et qu’on étudiera peut-être plus tard dans les collèges et les lycées, du peintre maudit à la Van Gogh dont les œuvres ruissèleront d’or après la mort, de l’intermittent du spectacle qui enchante des centaines de passants dans ses représentations de rue pour des clopinettes, du blogueur fou porté aux nues qui ne lâche son clavier que pour aller toucher son RMI, du militant associatif qui secourt le déshérité ou l’opprimé à tour de bras en en partageant bien souvent les infortunes…

LA GUERRE CONFISQUÉE

Ce qui frappe une fois de plus, dans cette guerre de Gaza, c’est la tentative pour en escamoter les réalités sur le terrain. Pas d’images des évènements, à peine quelques vidéos lointaines de fumées s’élevant au dessus de silhouettes d’immeubles. Enfin, rien sur les médias occidentaux officiels ! Parce que des images, des reportages, des vidéos intra-muros, il en existe à la pelle sur les sites arabophones, notamment celui d'[Al Jazeera|http://english.aljazeera.net/]. Ainsi ce document sur le bombardement tragique d’une école pourtant sous couleur de l’ONU… ///html

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GRISGRIS

Françoise Fressoz et Marie-Ève Malouines, chefs de services politiques du Monde et de France Info, viennent de refuser la Légion d’honneur qui venait de leur être accordée (on ne sait comment ni pourquoi) . [Rue 89|http://www.rue89.com/2009/01/06/les-journalistes-doivent-ils-refuser-les-decorations?page=0#commentaires] écrit : ”<< La décision prise par Françoise Fressoz et Marie-Eve Malouines a fait grand bruit ce lundi. Toutes deux expliquent que rien, dans leur parcours professionnel, ne justifie une telle distinction. >>” Et précise : ”<< Il y a deux ans, deux autres chefs de services politiques, Anita Hausser et Sylvie Pierre-Brossolette, l'acceptaient. >>”

VŒUX POUR L’AN NEUF

((/public/voeux_2009.jpg|voeux_2009.jpg|L)) 31 décembre, aux dernières heures du dernier jour de l’an 08 du dernier millénaire, dans le magasin Monoprix de la rue du faubourg St Antoine à Paris, [une cinquantaine de clients|http://www.rue89.com/2009/01/01/autoreduction-au-monoprix-pour-redistribuer-partir-sans-payer] décidés — et organisés ! — bloquent les caisses, caddies pleins à ras bord. Puis négocient une sortie sans paiement avec la Direction du magasin… qui cède pour ne pas perdre le bénéfice des autres caddies dont la file d’attente aux mêmes caisses s’allonge démesurément. Les justifications des “pillards” sont claires et sans détour : ”<< C'est une autoréquisition qui est juste en ces temps de crise et qui permet aux précaires de fêter aussi le Nouvel An dignement. >>”

LE SYNDROME DU LEMMING (bis repetita)

((/images/lemming.jpg|lemming|L)) ”Le texte qui suit a été publié en juillet 2006 lors de l’agression israélienne contre le Liban. L’Histoire est un éternel et tragique recommencement. Il ne m’a fallu que changer quelques noms (Gaza au lieu de Cana, par exemple) pour l’actualiser, je dirais, douloureusement.” Dans les années 60, courait la légende du suicide des lemmings. Pris d’une incontrôlable pulsion de mort suicidaire, ces petits rongeurs de Norvège se précipitaient en masse, nous racontait-on, du haut des falaises qui dominaient les fjords. C’est un mythe que ce suicide collectif, démenti depuis par toutes les études scientifiques – les lemmings ne sont pas si fous ! Mais il éclaire sur l’esprit échauffé des humains qui l’ont propagé. Et si Israël était devenu le propre artisan de sa future destruction, se ruant tête baissée, tels les lemmings de la légende, vers le néant, l’anéantissement ?

IL N’Y AVAIT PERSONNE

”<< Il n'y avait personne, je suis sorti dans le couloir et j'ai dit "aidez-moi". Il y avait des témoins. Ils disaient "appelez les pompiers!". J'ai fait le tour, il n'y avait pas un seul infirmier. Et, quand les infirmiers sont venus, ils m'ont dit "arrêtez de vous affoler Monsieur, votre fils n'a rien. Pourquoi vous nous criez dessus ?" Je leur ai dit "mon fils est en train de mourir". >>” Ce terrible témoignage du père de ce jeune enfant mort dans un hôpital après une erreur dans l’administration d’un médicament, suffit à illustrer le désastre que fut toute cette année 2008.

LA CRÈCHE DE NOËL

Chère Yldune, cher Julien, ((/public/creche2.jpg|creche2.jpg|L))Donc, il paraîtrait que vous soyez condamnés, comme des petits jésus, à passer votre Noël sur la paille humide ? Pauvre Yldune, pauvre Julien, victimes de la rage dépitée des princes impuissants. Car c’est bien de ceci dont il s’agit maintenant, n’est-ce pas ? Coupables SEULEMENT d’avoir fait enrager et ridiculisé une ministresse si engageante, sa justice si transparente, et sa police si sûre d’elle-même, qu’ils avancent désormais tous masqués, piteux et péteux, comme les gangsters qu’ils étaient censés arrêter et juger.

L’AN 01

((/public/An-01.jpg|An-01.jpg|L))”À cheval sur mon bidet”%%% ”au galop il fait des pets”%%% ”au pas, au pas”%%% ”au trot, au trot”%%% ”au galop-galop-galop-galop”%%% ”YOOUUU !” Renversée sur mes genoux, Julia, six mois, la fille de ma fille, rit aux éclats. L’odeur du café et des chouquettes chaudes donne à la pièce son air de petit-déjeuner. Dehors, jour à peine levé, vent et crachin. ”<< ... cheval sur mon bidet... pets... galop-galop... >>” Ben oui ma p’tite puce, “papou” aussi se marre. Et sacrément ! Toi, tu as à peine bouclé la moitié de ta première année et “papou” vient d’en vivre une des plus rigolotes depuis des lustres. Oh, pas pour les mêmes raisons que toi, bien sûr ! Quoique…

LES NOUVEAUX JUSTES

((/public/Resister.jpg|Resister.jpg|L)) ”(Note du Y : je remonte ce billet dans la liste chronologique des chroniques, car les infos communiquées dans les derniers commentaires me semblent tout à fait dignes d’intérêt.)” Tandis que notre pays s’enfonce dans une confusion mentale et morale suicidaire, tandis que nos pouvoirs publics se vautrent dans le grotesque policier ; tandis qu’une frange paniquarde de la population, par ses réactions molles et soumises, cède peu ou prou à la justification ou à l’acceptation de l’inacceptable, voici qu’enfin se dressent, face à ce que mon amie [dom|http://uneepoqueformidable.unblog.fr] nomme une ”<< fascisation participative >>”, les nouveaux résistants authentiques, le dernier crû des Justes. Enfin !

BONJOUR PHILIPPINE

((/public/Adieux.jpg|Adieux.jpg|L))Ça fait des jours que je marne à essayer d’écrire cette damnée chronique : ”L’Apocalypse des cerveaux”, un brûlot (du moins le voulais-je ainsi) sur la décrépitude mentale, morale et intellectuelle qui ratatine notre univers de tous les jours et atteint aussi bien nos élites que le pays d’en bas. Mais impossible ! Une lassitude au plus profond qui me retient. Une envie irrépressible d’espaces irradiés et d’air vif. C’est alors que je suis tombé sur cet air vif, un vieil enregistrement télé du film de Jacques Rozier, ”Adieu Philippine”, ovni fulgurant d’un poète en lisière, à l’heure où la Nouvelle vague allait balayer le “cinéma de papa” d’avant les années soixante.