ÉVEIL DE LA RUE

((/images/manifs_7avril08.jpg|manif_paris7avril08|L)) Ce qui frappe dans le joli merdier semé par les manifestants contre la bien vacillante flamme olympique à Paris le 7 avril 2008, ce n’est pas qu’une poignée de frêles braillards ait réussi à ridiculiser l’armada des gros culs policiers s’échinant en vain à les poursuivre. Ce n’est pas la déconfiture retentissante de cette grotesque cérémonie officielle qui prétendait exalter les “valeurs universelles” du sport à l’ombre des matraques. Non, ce qui retient l’attention, c’est les “hou hou” lancés spontanément par la foule des badauds rassemblés, prenant fait et cause pour les émeutiers, s’emparant sans barguigner des drapeaux qu’on leur tendait pour les agiter à tour de bras.

TROIS RENCONTRES

((/images/primitifs_flamands.jpg|primitifs_flamands|L)) Court séjour à Bruges, juste le temps de laisser retomber la poussière du chemin. Temps menaçant, puis crachin noyant les canaux, inondant les parapluies multicolores de quelques touristes obstinés à boucler leur périple aquatique en bateau-moteur malgré les éléments. Et puis cette visite étourdissante aux musées Groeninge et ”Memling in Sint Jan”…

LES PIONS DE LUNE

((/images/Pions de lune.jpg|pions de lune|L))21 juillet 1969 au plus profond de la nuit, avec mon frère cadet, dans la chambre de bonne face au CHU St Antoine où, un an auparavant, nous avons vécu les joyeuses agapes d’un mois de mai explosif. Face à nous, tout en haut d’une armoire claudiquante, notre tout petit poste de télévision allumée. Sur notre insistance surexcitée, notre père et notre mère nous ont rejoints, les yeux gonflés de sommeil. Sur l’écran, l’Américain Neil Armstrong, descend l’échelle de son LEM, sous l’œil vigilant de ses deux compagnons d’équipée. Voilà, ça y est, IL MARCHE SUR LA LUNE ! Ô triomphe du génie humain ! … Six ans plus tard, mon ami Alain Lacombe (1947-1992) fait paraître aux éditions Olivier Orban un petit opus, ”Les Pions de lune”, où il romance les affres de la terrible dépression qui frappa Armstrong et ses deux compères, lorsqu’ils furent, c’est le cas de le dire, “redescendus les pieds sur terre”.

LA CRISE EXPLIQUÉE AUX ENFANTS

Incroyable, je viens encore de lire un papier où de doctes “spécialistes” croient bon de sonner solennellement l’alerte ! ””États-Unis: la crise financière fait craindre la pire récession depuis 1945″” ([Boursorama – 22/03/2008|http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?&news=5294045]). Mais c’est depuis 1945 qu’elle est patente, la crise ! Et depuis une bonne dizaine d’années qu’elle saute aux yeux. Que des pékins du commun, le nez dans le cambouis, n’aient pas le recul nécessaire pour tout saisir, peut se comprendre. Mais des “spécialistes” ! Les mécanismes économiques et financiers qui conduisent aujourd’hui à la catastrophe sont d’une simplicité ENFANTINE ! Allez, assis à vos tables, ouvrez vos cartables, sortez cahiers et crayons…

QU’ALLEZ-VOUS FAIRE ?

((/images/Maus.jpg|Maus|L))LETTRE OUVERTE AUX ÉLUS LOCAUX DE GAUCHE Après les élections régionales 2004 qui vous ont offert vingt des vingt-deux régions françaises, les récentes élections municipales et cantonales ont affirmé vos positions dans les villes et à la tête des départements. Vous disposez donc de pouvoirs non négligeables sur une grande partie du territoire national. Or, sur le territoire national, se commettent aujourd’hui des crimes intolérables contre les droits humains élémentaires, des injures insupportables et injustifiables contre nos traditions d’humanisme et d’accueil.

SURRÉALISTE

((/images/extase.jpg|extase|L))J’allais pondre une petite bafouille sur les soirées électorales municipales à la télé. Une petite tartouille sur les conséquences et réactions de la dérouillée des uns, de la victoire sans grande importance des autres. Après quelques billets un peu graves, fallait détendre ! Mais là, c’est trop, on est servi ! Ces propos convenus, mille fois répétés, entre gens de bonne compagnie qui jouent un scénario si attendu (””C’est nous qu’on a gagné !” “Non, c’est plutôt nous qu’on n’a pas perdu !”) Et le lendemain, comme si de rien n’était, un petit lifting gouvernemental par ci, quelques annonces tiédasses de circonstances par là, quelques solennelles déclarations d’intentions des nouveaux élus, quelques vagues explications des battus (””Même pas mal !””). Surréaliste.

DE LA VIOLENCE

Dans les traversées de crises aussi graves que celle d’aujourd’hui, une des pires choses est le manque de lucidité. Mais pire encore que ce pire est le refus, la négation de cette lucidité, quand celle-ci nous aveugle. Confusément ou non, on SAIT, mais on se refuse à croire, à voir, à admettre l’évidence. Par peur, parce que cette évidence dépasse ce que notre raison est prête à accepter, parce que nous nous laissons enfumer docilement par les appels à une prétendue “modernité”, parce que nous sommes d’indécrottables optimistes quant aux ressources salvatrices de la nature humaine. Je suis persuadé que beaucoup pressentent désormais un dénouement douloureux à notre tragédie, une issue qui ne viendra pas des urnes, mais de la rue. Un passage obligé par un épisode violent.

CHIMÈRES ET RÉALITÉS

L’incertitude des périodes de fin de cycle comme celles que nous traversons aujourd’hui, conduit aux soubresauts les plus inattendus, aux réactions les plus imprévisibles, aux impulsions les plus irrationnelles. Mais aussi à tous les fantasmes brumeux, à tous les faux espoirs fous. Dans le fleurissement des commentaires, sur les blogs les plus éclairés du net, dans les mails que l’on m’adresse, un mot revient de plus en plus souvent en boucle : “révolution”. Je voudrais ici en profiter pour mettre les choses au clair, du moins en ce qui me concerne : la “révolution” (avec un grand R !), stop, oubliez !

DESCENTE AUX ENFERS

((/images/Lac gelé.jpg|lac gelé|L))’scusez, j’arrive tout juste des majestueuses cimes enneigées où j’ai essayé d’oublier quelques jours les fracas crépusculaires du monde. J’ai encore bien au chaud la vision de ce lac gelé tapi dans la brume entre deux forteresses rocheuses, cet aigle royal surgissant au faîte des grands pins accrochés aux falaises un lundi matin, le déferlement des couleurs inondant les sommets et les vallées. Mais alors, dites donc, la redescente vers les bas-fonds ! Oh là là, ce capharnaüm, cette chienlit, ces relents nauséabonds qui vous prennent à la gorge et vous retournent l’estomac…

LA MÉCHANTE

((/images/Dati.jpg|Dati|L))S’il fallait désigner le personnage le plus désagréable sévissant aujourd’hui au sommet de l’État, nulle doute que la palme reviendrait à Mme Dati. Arrogance, cynisme et absence totale de scrupules caractérisent la démarche de cette jeune femme dont il n’est qu’à regarder la dureté du regard, le maquillage glacial, le fond de teint sépulcral et la mâchoire crispée à se rompre, pour deviner la terrible fièvre de pouvoir qui l’anime.

LA MORALE

((/images/Morale.jpg|Morale|L))Et voilà, ça y est, on l’attendait, elle est là : LA MORALE sera mise en leçons dans les écoles dès la rentrée prochaine. Décision officielle proclamée aujourd’hui vendredi 15 février 2008 à Périgueux, France, fief du ministre de l’éducation nationale, par un type digne de l’internement. Et d’abord, QUELLE MORALE ?

L’HOMME RÉVOLTÉ ou LA NON-OBÉISSANCE CIVILE

((/images/Homme Revolte.jpg|L’homme révolté|L))Devant la fracassante [faillite de notre démocratie|http://www.yetiblog.org/index.php?2008/02/12/261-la-faillite-de-la-democratie], nul ne saurait adopter l’attitude du spectateur indifférent, la posture du contempteur aigri, la position de l’observateur goguenard. Détachement, ressentiment et ironie sont bien trop souvent masques à l’impuissance. Et l’attentisme prolongé tourne vite à la neurasthénie. Mais alors, quelle conduite ? Comment ? Quand ?

DÉCOMPOSITION

((/images/enfants juifs.JPG|enfants juifs|L))Dans un discours prononcé lors d’un dîner avec les membres du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), le président de la république française a décrété que chaque élève de CM2 se verra ””confier la mémoire d’un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah”” lors de la prochaine rentrée scolaire. Ce qui me laisse désespéré dans cette nouvelle incartade répugnante de ce malade aux abois, ce sont les réactions liquéfiées, molles à l’excès de notre société civile.

LA FAILLITE DE LA DÉMOCRATIE

[((/images/souviens-toi.jpg|souviens-toi|L))|http://blog.monolecte.fr/public/vote-page1.jpeg]La démocratie parlementaire à l’occidental a durablement déposé son bilan. En l’état de décomposition où elle se trouve, plus rien n’est à attendre d’elle, certainement pas un espoir de liberté, ni une aspiration à l’égalité, encore moins une perspective de fraternité. La démocratie représentative, ce ””pire des régimes à l’exception de tous les autres””*, est aujourd’hui une idée inéluctablement ””corrompue””**. Non au sens où l’entendait la vieille extrême droite parlementaire (””tous pourris””), mais parce que les garde-fous qui en garantissaient le bon fonctionnement ont cédé : des “représentants” qui ne se soucient plus de représenter qui que ce soit sinon quelques commanditaires privés, des contre-pouvoirs (médias, justice…) affidés ou jugulés, un “peuple” qui cède aux peurs les plus primales ou dont on nie les quelques velléités de révolte.

LE PRISONNIER POLITIQUE

Ils s’y sont repris à deux fois mais ils ont fini par y parvenir, en appel, sur insistance obstinée du Parquet qui, en matière de justice, représente le Ministère public, c’est-à-dire le ””pouvoir politique par le biais du Garde des Sceaux, ministre de la justice et de la Direction des affaires criminelles et des grâces.”” (Wikipedia). Jérôme Kerviel, le trader fou de la Société Générale, est en prison.

1er MAI 2008 : J’AI FAIT UN RÊVE !

((/images/Affiche Mai 08.jpg|Mai 08|L))”Une idée dingue me passe par la tête (en anglais :” “I have a dream””). Dehors, un mot d’ordre répété en boucle, lancinant :” ///html

LE 1er MAI 2008
GRANDE MANIF AU QUARTIER LATIN !

/// ”Imaginez : le “peuple” laisse les élites officielles à leurs commémorations larmoyantes sur les décombres soixante-huitardes et défile sur le Boul’Mich’ ! Il faut dire que notre pays a vraiment touché le fond de la honte et de l’indignité.”

LE KEBAB

((/images/kebab.jpg|le kebab|L))La loupiote, notre petite dernière pour la route, s’est mise en tête d’être acrobate de cirque. Le cours de cirque le plus proche se trouve à E…, une petite ville assoupie des bords de Seine. À 82,72 km du domicile familial ! Alors, tous les lundis soirs, j’attends ma loupiote. Trois heures durant, j’erre comme une âme en peine dans les rues désertes.

MAI 08, LE MANIFESTE

Mai 08Vous allez voir, on ne va pas tarder à commencer à commémorer le quarantenaire de Mai 68. Les anciens nostalgiront, les faux-culs de l’époque n’en finiront pas de justifier leurs trahisons, et les abrutis revanchards du pouvoir continueront de proclamer leur volonté de “liquider l’héritage”. Laissons-les mariner et préparons plutôt notre MAI 08.

Parce qu’au rythme où va la déconfiture actuelle, parions que cette année de dingues ne va pas rester sans réactions cuisantes. Je ne sais ce que seront ces “évènements”, ni même s’ils auront lieu en mai, mais point ne faut regarder bêtement passer le train. Allez hop, allons-y de notre

MANIFESTE !

LE BOUILLON

((/images/SG.jpg|le PDG marri|L))Dans l’incroyable succession de scènes au ralenti que nous offre le peplum-catastrophe sur l’effrondrement de la tour néo-libérale mondiale, voici un nouvel épisode qui nous touche particulièrement. Avec les pertes considérables de la Société Générale, c’est tout le système bancaire français qui est salement touché. Sept milliards d’un coup, mazette, c’est plus de la moitié du trou de notre sécu et cinq plans d’urgence pour les banlieues ! Passons tout de suite sur une invraisemblance hautement comique du scénario : le canular du ”trader” indélicat.