“ACCORD DE PAIX” ou NOUVELLE PHASE DE GUERRE ?

((/images/g8.jpg|g8|L)) Voilà qu’on nous claironne qu’un projet franco-américain de résolution du conflit est “enfin” en cours d’adoption à l’ONU. “Un accord de paix,” nous susurre-t-on, qui devrait être voté avant le 15 août. Quelle farce sinistre ! En réalité, cette prétendue résolution n’est rien moins que la nouvelle phase de la guerre impitoyable menée par les puissances riches du Nord (dites occidentales) contre le reste du monde.

LE SYNDROME DU LEMMING

((/images/lemming.jpg|lemming|L)) Dans les années 60, courait la légende du suicide des lemmings. Pris d’une incontrôlable pulsion de mort suicidaire, ces petits rongeurs de Norvège se précipitaient en masse, nous racontait-on, du haut des falaises qui dominaient les fjords. C’est un mythe que ce suicide collectif, démenti depuis par toutes les études scientifiques – les lemmings ne sont pas si fous ! Mais il éclaire sur l’esprit échauffé des humains qui l’ont propagé. Et si Israël était devenu le propre artisan de sa future destruction, se ruant tête baissée, tels les lemmings de la légende, vers le néant, l’anéantissement ?

LA GRANDE GUERRE POUR LA CIVILISATION (suite)

((/images/beirut5.jpg|Beyrouth|L)) ”(J’écris ce billet en vacancier affalé dans une chaise longue, à peine abrité de la canicule par l’ombre des grands arbres du jardin, avec une bouteille de soda glacé bien remplie pour lutter contre la déshydratation. Tout pour être heureux et insouciant, en somme. Sauf que non, là je ne peux pas, c’est trop.)” __”La Grande guerre pour la civilisation”__•, elle, ne prend pas de vacances et se propage inexorablement sur toute notre planète. Les bombes israéliennes s’abattent sur le Liban et sur Gaza, les roquettes du Hezbollah frappent Haïfa. Et le vacarme assourdissant qui en résulte fait oublier un instant, un instant seulement, le bruit des engins de mort qui continuent de meurtrir l’Irak, l’Afghanistan …

EUPHORIE

((/images/euphorie.jpg|euphorie|L)) Avec des copains, on est entré dans un petit restau très sympa à Paris. La patronne nous a installés dans un coin, près d’une table où dînait une vieille dame avec un ensemble plutôt chicos et un chapeau ridicule comme ceux que les femmes n’osent mettre que les jours de mariage. On n’avait pas beaucoup de temps pour manger. Dans une heure, commençait la demi-finale de foot entre la France et le Portugal, on avait déjà la tête ailleurs. – J’m’appelle Marcelle, quarante-trois ans à la CGT. En c’temps-là, les mecs avaient des couilles au cul et nous avec !

LE FOND

> ””Partout, quand on touche le fond, on finit par remonter. En Algérie, quand on touche le fond, on creuse !”” Cette phrase terrible de Fellag, humoriste algérien, je me demande si elle n’a pas déteint sur nous autres, Français. Parce que vraiment, en ce moment, pour ce qui est de toucher le fond, on fait fort ! Suffit de jeter un œil sur les dernières péripéties grandguignolesques de notre vie publique …

DE LA DÉMOCRATIE

””Toute démocratie est-elle nécessairement respectable ?”” Voilà un sujet qui aurait mérité de figurer dans l’épreuve de philosophie du bac. Entrons sans tarder dans le vif de ce sujet brûlant : répondre à la question posée par l’affirmative, c’est admettre qu’était respectable le pouvoir nazi soutenu par une majorité d’électeurs allemands de l’époque ; qu’est respectable ce pouvoir néo-libéral d’aujourd’hui, exercé par une bande de voyous, pour la plupart passibles de prison, qui ont fait main basse sur les richesses de la collectivité, et entraînent le monde dans leur naufrage.

CONSCIENCE ASSASSINE

((/images/conscience.jpg|Conscience affolée|L)) Le grand problème des volatiles humains, c’est la conscience dont ils sont affublés. À la différence des animaux qui vivent au jour le jour sans se soucier du hier et du demain, les bipèdes que nous sommes se voient sans cesse rappeler par cette conscience sarcastique leur triste condition d’êtres éphémères, mortels, condamnés au dépérissement sans l’ombre d’un échappatoire. Vous connaissez un chien, vous, qui envisage son vieillissement, l’heure de sa retraite, l’arrivée de sa mort ? Pire, la sournoise enfonce le clou en nous faisant miroiter des possibilités d’infini, des rêves d’éternité, des désirs d’absolu que nous ne connaitrons jamais. C’est plus que nous n’en pouvons supporter.

BANQUES, LE HOLD-UP PERMANENT

((/images/banque.jpg|Le cul sur le perron|L)) De pillées qu’elles étaient autrefois dans tout bon western digne de ce nom, les banques sont passées maîtresses dans l’art de faire main-basse sur nos cagnottes. Fortiches aussi pour ce qui est de capter la richesse publique ou blanchir les pépettes des crapules, hors-la-loi ou officielles, comme dans l’affaire Clearstream. Après les entreprises privées (cf. [L’entreprise, une forteresse à conquérir|http://www.yetiblog.org/index.php?2006/04/05/50-une-forteresse-a-reconquerir]), il serait temps qu’un pouvoir social de gauche s’attaque à ce coffre-fort hermétique et tout-puissant qui s’enrichit sur la misère du monde.

DETTE PUBLIQUE, L’ENTOURLOUPE

Dans le cadre de leur vaste offensive contre le bien public, les prêcheurs de la secte privée usent d’un argument tombant apparemment sous le sens : la croissance excessive de __la dette publique__. Celle-ci serait faramineuse, grèverait le budget de chaque citoyen et hypothèquerait durablement l’avenir de nos chères têtes blondes. Ce faisant, sur l’air dramatisant du ””on peut pas dépenser plus que c’qu’on gagne””, nos gourous justifient les coupes purgatives dans les dépenses publiques et les réductions laxatives du nombre de fonctionnaires. Un certain Michel Husson, administrateur à l’INSEE et chercheur à l’IRES (Institut d’Études Économiques et Sociales), vient de pondre un petit rapport, [Dette publique, rente privée|http://hussonet.free.fr/detpub7.pdf], qui révèle l’entourloupe. Je résume en clair…

MASSES MOLLES

Au comptoir du ”Fou de Bassan”, Ahmed, l’épicier de nuit, était furibard. – Ah, il avait raison, Pierre Bourdieu, quand il disait que les médias du microcosme faisaient tout pour limiter le champ politique à ce qui leur paraissait acceptable ! Après les émeutes de banlieues, les manifestations anti-CPE, et maintenant cette affaire Clearstream qui fait vaciller le pouvoir de droite, les voilà qui montent en épingle la seule personnalité de “gauche” susceptible de ne pas trop bousculer leurs petits intérêts, cette pitoyable Royal ! – Vous f’rai r’marquer, fit un petit monsieur à moustaches en costume étriqué, qu’ils ont déjà avancé deux autres pions de leur stratégie : “Le Pen, le retour” en guise d’épouvantail ; suivi de l’incontournable “Votez utile”, prompt à désamorcer toutes vélleités de révolte rebelle.

LA “FÊTE” DU TRAVAIL

((/images/stop_work-s.jpg|stop works|L)) – ”1er mai : c’est la fête du Travail !” Ben justement, je me préparais à la lui faire, sa “fête”, au travail ! On essaie encore de nous faire avaler que le travail est la seule valeur référente et incontournable pour pouvoir “se payer” le droit de vivre. “Travailler plus pour gagner plus”, qu’ils disent. Ah, ils doivent bien rigoler, les actionnaires rentiers des fonds de pension ! Le problème, c’est que beaucoup parmi nos amis croient encore dur comme fer à ces sornettes. Ils réclament le retour du plein-emploi à cors et à cris, et montent en mayonnaise si on leur parle de raisonner la [croissance|http://www.yetiblog.org/?2006/08/25/74-la-croissance-reve-ou-calamite].

LE CUL SUR LE PERRON

((/images/Le cul sur le perron.jpg|Le cul sur le perron|L)) Après les moments forts, intenses, on éprouve toujours comme un trop-plein. On voudrait que l’euphorie dure, que l’enthousiasme persiste. Mais non, l’énergie manque. Ne nous restent que quelques ultimes soubresauts qui éclatent en pétards mouillés. On se sent coupables d’impuissance, furieux de n’avoir pas mené l’action aussi loin que l’on aurait voulu, conscients d’avoir gagné une bataille mais pas la guerre, exaspérés par les inévitables corbeaux de mauvais augures qui voltigent au-dessus du champ de bataille en comptant les points. C’est ce qui arrive, je pense, aux étudiants et aux lycéens récemment insurgés contre la stupidité du monde qu’on leur offre.

L’ENTREPRISE, UNE FORTERESSE À CONQUÉRIR

((/images/entreprise.JPG|entreprises-forteresses|L)) La première des forteresses à conquérir par un pouvoir de gauche alternatif me paraît être l’entreprise privée. L’entreprise privée est le point d’ancrage central du système libéral, celui par lequel tout passe : emplois, production de biens et services destinés (prétend-on) à satisfaire les besoins de la population, flux financiers qui aboutiront à la répartition des richesses (de façon équitable ou non). Or, dans le système libéral, l’entreprise tend à devenir une dangereuse zone de non-droits. Droits sociaux de plus en plus remis en questions, syndicats marginalisés, opacité totale sur l’utilisation des flux financiers engendrés, omnipotence des actionnaires et des cadres dirigeants qui n’ont pas le moindre scrupule à s’emparer de la cagnotte. Sans contrôle strict de cette entité, point de salut.

MESSAGE À MES VOISINS

Chers voisins, Vous avez sans doute entendu dire que ça chauffait plutôt, en ce moment, dans notre maison France. La rumeur de notre tapage s’est propagée par les habituels couloirs médiatiques de vos pays respectifs. Mais la rumeur tord parfois le coup aux vérités les plus élémentaires. Nous, Français, aurions ””l’amour de la révolte et la haine des réformes”” (Daily Telegraph), nous serions ””une espèce de communauté de rentiers vivant aux frais d’un État de plus en plus endetté”” (ABC). Ne les écoutez pas ! Ce sont des menteurs à langue fourchue, appartenant aux mêmes mafias financières que nos médias à nous. La vérité est que nous leur avons lancé un défi qui les affole : leur reprendre de gré ou de force ce qu”ils nous, ce qu’ils vous ont piqué.

LA CROISÉE DES CHEMINS (2/2 – Le cycle des lueurs)

((/images/soleil levant.jpg|Soleil levant|L)) La récente intervention d’un Président de la République pathétique, sombrant dans le ridicule en promulguant une loi qu’il demande de ne pas appliquer, montre que les signes de défaillance de la mafia libérale commencent à apparaître. Si nous voulons échapper au [cycle des ténèbres|http://www.yetiblog.org/index.php?2006/03/31/47-la-croisee-des-chemins] vers lequel ils nous conduisent, il nous faut renforcer nos actions et préparer attentivement celles de demain. Les pistes qui s’offrent à nous sont nombreuses, mais étroites. Actuellement, étudiants et lycéens en tracent une avec brio. Il est temps pour nous de redoubler d’efforts et de sang froid si nous ne voulons pas qu’elle se termine en cul-de-sac.

LA CROISÉE DES CHEMINS (1/2 – Le cycle des ténèbres)

((/images/tenebres.jpg|Ténèbres|L)) Dans un précédent article ([La fin d’un monde ?|http://www.yetiblog.org/index.php?2005/11/03/16-la-fin-dun-monde]), j’essayais d’évoquer ces fins de cycle qui, tous les dix ou vingt ans, marquent l’histoire des sociétés humaines (Première Guerre mondiale, grande crise de 1929, Seconde Guerre mondiale, bouleversements des années 60/70, chute du bloc soviétique…. Ces ruptures précèdent, après des périodes de flottements parfois douloureux, le début de nouveaux cycles. Eh bien, je crois que cette fois, nous y sommes.

POUSSEZ !

((/images/poussez.jpg|Poussez !|L)) Ce cri scandé en rythme par les sages-femmes des salles d’accouchement m’a toujours fasciné. Bien souvent, cette incantation entraînante m’est revenue à l’esprit quand il me fallait affronter une difficulté ou franchir un obstacle. C’est à vous, les jeunes en révolte, que j’ai envie d’en transmettre l’énergie aujourd’hui. POUSSEZ ! Vous êtes à un moment crucial de votre histoire. Vous avez pris vos problèmes à bras le corps, bien décidés à ne pas vous en laisser conter par les puissants qui cherchent à vous endormir à grands coups de “je vous ai compris” mielleux. Ce sont des menteurs sans scrupule. Il n’y a que leurs profits qui les intéressent. Reculez maintenant, ce serait leur laisser le terrain libre pour des années. Virez-les ! POUSSEZ !

LES DEBOUTS ET LES ASSIS

((/images/Merde_au_CPE.jpg|Merde au CPE|L)) Ce soir, je suis passé devant le lycée de ma petite ville. “Grève !” “Occupation des locaux !” “Merde au CPE !”, proclamaient des banderoles sur la façade du respectable établissement. Ainsi donc, même là, dans cette bourgade paisible du bord de mer seulement agitée par les vents du large, ils s’y étaient mis. “Ils”, c’était eux, les minots, que certains avaient un peu trop vite enterrés. Ils étaient là, sur le trottoir, le nez offert aux rayons du premier soleil de printemps, presque étonnés de leur audace, à brailler leurs slogans entre deux éclats de grands rires et aux sons tonitruants des djembés.

PRENDRE SA VIE EN MAIN

((/images/manif.jpg|Manifestation|L)) __Message aux jeunes en colère… et aux autres__ Enfin, il fallait que ça arrive. Je ne sais combien elle durera, ni où elle aboutira, mais votre colère est là. Une révolte vitale pour vous, pour nous. Voilà des années qu’on vous, qu’on nous traîne dans la farine au nom de je ne sais quelle réalité inexorable : la “mondialisation”, disent-ils (ils n’osent plus parler de “progrès”). En réalité — ++leur++ réalité — une bande de gangsters s’est emparée de notre monde et l’assèche, le médiocrise, pour leurs seuls profits égoïstes. Pendant que vous désespérez de faire des études décentes dans des conditions décentes, de trouver un travail décent, de vous fabriquer un présent au moins acceptable et un avenir honorable, ils roulent sur l’or de façon obscène* en vous, en nous tenant le nez dans la poussière.

LE SANG NEUF

Quand j’ai débarqué sur ces nouveaux sites d’expression qui fleurissent sur le web comme celui où je sévis — [Bellaciao|www.bellaciao.org/fr] — j’ai été agréablement surpris par la proportion de femmes qui y allaient de leur énergique grain de sel. J’avais trop souvent connu ces conversations politiques de fin de repas où s’isolait la seule gente mâle. Et on essayait toujours de me laisser accroire que le web était le joujou exclusif des mecs accros à leur “ordi”. Manquait pourtant un élément dans cet univers enfin mixte de débats passionnés : les “djeunes”. Or, les voilà qui débarquent en trombe, poussés au paroxysme du ras-la-casquette par ces crétins qui prétendent nous gouverner.