CHEZ PAPY

((/images/Maica.jpg|Maica|L))”— Allo, bonjour, ici la crêperie d’chez Papy.”%%% ”— Salut, Papy, t’as une table pour moi d’ici un quart d’heure ?” J’ai un pot dingue. Je bosse pour une boîte qui me paie TOUS mes repas de midi. Alors, parfois, j’avoue, j’en profite pour aller me taper un tagine ou un couscous à la crêperie de chez mon pote Papy. Oui, oui, je comprends, c’est pas clair, mais je vous explique. En fait la crêperie, ça doit être une couverture. Peu de gens en prennent, des crêpes, chez Papy, ou alors au dessert, et les enfants. Au départ, quand il a lancé son restau, perdu dans une petite bourgade à l’écart de la cité portuaire, sa spécialité de départ, à Papy, c’était la fondue savoyarde (toujours au menu). Papy est d’origine savoyarde. Les crêpes, ça devait probablement être pour compléter. Tout le monde sait faire des crêpes. Mais alors, me direz-vous, le couscous ? le tajine ?

AUTO-FLAGELLATION

((/images/Autoflagellation.jpg|autoflagellation|L))S’il y a un fait de société caractéristique qui mérite d’être souligné ces derniers temps, c’est bien la publication dans Paris-Match de cette interview des auteurs de l’embuscade afghane. Ces images de talibans paradant dans des uniformes arrachées aux dépouilles de leurs victimes françaises, exhibant leurs trophées morbides, mettant en scène une impayable générosité de vainqueur (la montre du soldat mort rendue à sa famille) sont proprement hallucinantes. Mais infiniment plus troublant encore le fait que des journalistes du pays humilié se soient cru devoir effectuer une telle enquête, plus sidérant le fait qu’un hebdo grand-public à grand tirage du même pays défait ait jugé bon d’en faire sa une et sa pub.

LA MAISON DE RETRAITE

Dans la “vraie” vie, je porte un prénom breton du genre breton bretonnant. Suffisamment rare et exotique pour que la première question qu’on me pose concerne toujours celui-ci (non, je ne suis pas breton). Ce prénom a toujours été une pierre dans mon jardin. Tantôt encombrant parce que rare (personne foutue de bien l’écrire ou le prononcer du premier coup correctement), tantôt instrument de séduction et prétexte à premières discussions parce qu’exotique. Il m’a fallu plusieurs dizaines d’années pour en apprendre l’origine. Par ma mère, maintenant âgée et malade, qui vient d’entrer en maison de retraite.

LA PÊCHE À LA MOUCHE

((/images/Truite.jpg|truite|L)) ”« Je pêche parce que j’aime pêcher ; parce que j’aime les lieux — toujours splendides — où vivent les truites, et que j’abhorre ceux — invariablement laids — où vivent les gens. »” Il y a quelques temps, quelques années même déjà, je me suis piqué de pêche à la mouche. Mais en vérité pas tout à fait pour les insociables raisons invoquées dans son savoureux ”Testament d’un pêcheur à la mouche” par ce vieux misanthrope de John D. Voelker (éditions Gallmeister).

AUTRUCHES EN DÉBANDADE

Hallucinant ce déluge d’inflammations patriotardes, d’outrances hystérico-guerrières, qui a suivi la mort en Afghanistan de ces dix malheureux soldats. C’est à qui remporterait la palme de la bouffonnerie cocardière. De Foutriquet soi-même, toujours en forme étincelante sur ces sujets merdeux, aux éditorialistes lèche-bottes de la presse poisseuse (la palme à [l’éditorial|http://www.liberation.fr/actualite/monde/346366.FR.php] de Laurent Joffrin dans Libé du 20/08). Vont même leur faire des funérailles nationales, à ces pauvres gosses. Célébration de la déroute !

ÉLOGE DE LA FUITE

((/images/main.jpg|main|L))Il m’a bien fallu quinze jours de vacances au fin fond du Quercy pour digérer le feuilleton d’Henri Laborit et pondre enfin cet épilogue qui me tenait tant à cœur. Quinze jours passés à visiter ces grottes où nos aïeux préhistoriques tentaient déjà de laisser la trace de leur fragile existence. Quinze jours à visiter le formidable musée des Écritures de Figeac (Lot), qui vous laisse l’impression d’appartenir à une espèce pas tout à fait complètement détestable. Quinze jours aussi pour relire l”’Éloge de la fuite” du même Laborit et décanter ses propos au regard de notre époque.

Feuilleton de l’été : VIVRE MALGRÉ TOUT (6)

((/images/inconscient.jpg|inconscient|L)) ///html

Épisode 6 : L’inconscience

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/// « L’inconscient constitue un instrument redoutable. Non pas tellement pour son contenu refoulé, refoulé parce que trop douloureux à exprimer car il serait puni par le socioculturel. Mais par tout ce qui est au contraire autorisé. Et quelquefois même récompensé par cette socioculture. Et qui a été placé dans son cerveau depuis sa naissance. L’homme n’a pas conscience que c’est là. »

Feuilleton de l’été : VIVRE MALGRÉ TOUT (5)

((/images/bagarre.jpg|bagarre|L)) ///html

Épisode 5 : Inhibition de l’action

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/// ”(Retour dans la cage au rat ; troisième cas de figure…)” « Dans cette troisième situation, le rat ne peut toujours pas fuir. Et va donc continuer à recevoir toutes les punitions. Mais il sera en face d’un autre rat qui lui servira d’adversaire. Et dans ce cas, il va lutter. Cette lutte est absolument inefficace. Elle ne lui permet pas d’éviter la punition. Mais il agit. Un système nerveux, ça ne sert qu’à agir.»

Feuilleton de l’été : VIVRE MALGRÉ TOUT (4)

((/images/Conditionnement.jpg|conditionnement|L)) ///html

Épisode 4 : Le mur du langage

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/// « Nous avons dit déjà que nous n’étions que les autres. L’individu ne peut plus maintenant et depuis déjà longtemps assurer sa survie seul. Il a besoin des autres pour vivre. Il ne sait pas tout faire. Il n’est pas poly-technicien. » « Dès son plus jeune âge, la survie du groupe est liée à l’apprentissage chez le petit de l’homme de ce qui est nécessaire pour vivre heureux en société. On lui apprend à ne pas faire caca dans sa culotte, à faire pipi dans son pot. »

Feuilleton de l’été : VIVRE MALGRÉ TOUT (3)

((/images/rat.jpg|Le rat|L)) ///html

Épisode 3 : Punition

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/// ”(Expérience : un rat dans une cage comportant deux compartiments. Entre ces deux compartiments, une cloison et une petite porte. Le plancher grillagé de chacun de ces deux compartiments est relié à une petite source électrique.)” « Le plancher du compartiment où se trouve le rat est électrifié intermitemment. Avant que le courant électrique passe dans le grillage du plancher, un signal sonore prévient l’animal qui se trouve dans la cage que quatre secondes après, le courant va passer. »

Feuilleton de l’été : VIVRE MALGRÉ TOUT (2)

((/images/petit chien.jpg|le petit chien|L)) ///html

Épisode 2 : Les autres

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/// « J’ai parlé de la mémoire. Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’au début de l’existence, le cerveau est encore, nous disons, immature. Donc, dans les deux ou trois premières années de la vie d’un homme, l’expérience qu’il aura du milieu qui l’entoure sera indélébile et constituera quelque chose de considérable pour l’évolution de son comportement dans toute son existence. »

Feuilleton de l’été : VIVRE MALGRÉ TOUT (1)

((/images/grenouille.jpg|grenouille|L)) ///html

Épisode 1 : Les trois cerveaux

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/// « La seule raison d’être d’un être, c’est d’être. C’est-à-dire de maintenir sa structure, de se maintenir en vie. Sans cela, il n’y aurait pas d’être. » « Contrairement aux plantes qui se maintiennent en vie sans se déplacer, les animaux, eux, donc l’homme qui est un animal, sont forcés d’agir à l’intérieur d’un espace. »

SALUT À TOI !

((/images/Salut.jpg|salut a toi !|L))Voilà les vacances ! Un rituel qui ne profite pas forcément à tout le monde, je sais, loin de là. Mais une petite période qu’on peut mettre à profit pour faire un tout petit pas de côté. Un break régénérant loin de la grisaille du monde des tristes. Une sarabande endiablée de la meute. Juste pour recharger les accus. Et se sentir complètement invincibles. Au moins l’espace d’un court instant. Hors de la portée des flèches imbéciles que détournent nos rires.

JULIA

((/images/Julia.jpg|Julia|L)) La première chose qui vous saute aux yeux, c’est les oreilles. Et les mains. Tout est déjà là, si clairement dessiné que vous en restez étourdi, estomaqué. Les lobes, les replis, les délicats ourlets, les marques savantes des jointures de doigts… Et ces lignes, déjà, oh ces lignes au creux de la paume qui feront plus tard les délices des voyantes vénales et des amoureux transis ! La petite Julia est née.

LE BLOCKHAUS ASSIÉGÉ

((/images/manouches.jpg|manouches|L))L’Europe, la généreuse et tolérante Europe, vient de se doter sans honte d’une loi visant à enrayer la ruée des pauvres sur les vestiges d’une splendeur déjà passée. À l’instar du défunt empire romain, nous en sommes réduits à essayer de nous dresser contre les “invasions barbares” qui se pressent à nos portes. C’est à chaque fois le même fiévreux symptôme : quand les choses tournent mal, quand leur petit monde se lézarde, quand tout ce à quoi ils pensaient se raccrocher mord la poussière, les “puissants” (et leurs suivants qui pensent l’être ou rêvent de le devenir) rentrent dans leur coquille, prêts à mordre quiconque ferait mine de la menacer.

LENTE MATURATION

((/images/Maturation.jpg|manif|L))De multiples foyers de protestations éclatent aux quatre coins du pays. Plus un jour sans sa manif, sa grève. Toutes ont la même source (la totale destruction de l’outil social, hérité de 1936, 1945 et 1968, qui faisait l’originalité de notre organisation économique). Mais chacun a ses revendications particulières, ses exigences propres, qui parfois contredisent celles de l’autre, s’y opposent. Qui contre des charges fiscales “trop lourdes”, qui contre la réforme des ports, contre le fuel trop cher, contre les quotas de pêche, contre la suppression des trente-cinq-heures et du code du travail… Éparpillement des colères et des désarrois.

CINQ RAISONS D’EXÉCRER L’UNION EUROPÉENNE

Depuis la branlée irlandaise, les tenants du “oui” européen ne tarissent pas d’aigreur contre ceux qui ont cru bon de tirer un bras d’honneur à la bouillie “constitutionnelle” qu’on prétendait leur imposer. Les arguments les plus vicieux contre les salauds de “nonistes” défilent en chapelet : ingratitude, égoïsme, trouille, archaïsme réac, refus de la “modernité”… J’en passe et des plus minables. Contentons-nous d’opposer à ce délire cinq raisons simples qui devraient conduire tout être humain dignement constitué à botter le cul de leur détestable édifice.

BALLADE IRLANDAISE

((/images/ballade irlandaise.jpg|NO|L)) Purée, la pile qu’ils se sont encore prise ! Jusqu’au bout, leurs sondages avaient claironné la victoire de leur “oui”. Puis avaient un peu bafouillé au dernier moment : euh… bon… ça va être ricrac. À moins de 50 % de participation, le “non” des gueux a ses chances ; à plus de 50%, ça devrait le faire pour notre “oui” lumineux. Résultat : 53% de votants et 53,4% pour le “non” ! La rouste.

«Je fais appel à la conscience des députés européens…»

”(Je relaie ici bien volontiers le texte remarquable qui suit, publié ce 13 juin 2008 dans les pages [Rebonds|http://www.liberation.fr/rebonds] du quotidien Libération – Le Y)” Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe était un continent d’émigrants. Des dizaines de millions d’Européens partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes. Aujourd’hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite «directive retour». Ce texte, validé le 5 juin par les ministres de l’Intérieur des 27 pays de l’Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu’il durcit de manière drastique les conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier, quelque ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.

IL Y A DES JOURS COMME ÇA…

((/images/intraday_1rPCAC_6.gif|CAC|L))Quand on ne se trouve pas immédiatement dans le cœur de la tourmente, les cataclysmes brutaux ont quelque chose d’irréels, de trop proprement incroyables pour qu’on en ressente physiquement, sur l’instant, la gravité. C’est pourtant à de véritables cataclysmes que nous venons d’assister le 6 juin 2008.