UN ESSOUFLEMENT QUI NE MANQUE PAS D’AIR

((/images/manif2.jpg|manif|L))Ce matin sur France Inter, ô surprise, on nous annonce en catimini que trente-cinq universités (sur quatre-vingt) sont encore plus ou moins ””bloquées ou très perturbées””. Mais dites-donc, je croyais qu’il s’essoufflait, ce mouvement ! Tellement à court d’oxygène, nous laissait-on entendre, que plus aucun des médias bien en cours n’en pipait mot. Sauf ce matin. J’en reste bouche bée.

VENTS MAUVAIS

((/images/Aigrettes.jpg|aigrettes|L)) Dans un des arbres bordant le marais, on distingue d’étranges silhouettes blanches. L’œil averti reconnaîtra un petit groupe d’aigrettes garzettes s’abritant des vents mauvais du large. Arbres, buissons, joncs des marais, passants égarés sur la digue, ploient et frissonnent sous la bourrasque. Mais les points blancs, eux, ne bronchent pas d’une plume. Au milieu du déchaînement, ces cousins marins du héron ont su trouver sans coup férir le seul refuge qui les protège de la furie.

VIVRE TUE

Dans moins d’un mois maintenant, il sera interdit de fumer dans tous les lieux publics. Gueule du café-tabac-PMU où je vais chaque matin acheter mon journal. Et qui vous flingue d’entrée sous les relents de nicotine et de cendres froides. Une feuille à grands carreaux arrachée dans un cahier et scotchée sur le miroir derrière le comptoir, clame son indignation : ””LAISSEZ-NOUS FUMER !””

LE DOUDOU

((/images/doudou.jpg|doudou|L)) Marre ! Ah non, vraiment marre de la chose publique, de la politique, de ce merdier saumâtre dans lequel nos tristes communautés humaines sont en train de s’enfoncer ! Envie impérieuse, furieuse, de se raccrocher à des branches bien solides, à la vie tout court. Tiens, je vais vous raconter une expérience peu commune que j’ai faite avec une de mes filles, du temps où sa vie dépendait encore entièrement d’un objet difforme, gluant de salive et puant : le doudou.

LE SILENCE DES PANTOUFLES

((/images/autruches.jpg|autruches|L)) Retour sur les émeutes qui ont ensanglanté la cité de Villiers-le-Bel fin novembre. Une nouvelle fois, de quelque bord qu’on se trouve, qu’on explique la colère des jeunes de banlieues (en se pinçant le nez), ou qu’on cherche à se réfugier sans réfléchir derrière les véhicules meurtris de la police et de l’ordre, un seul mot pour qualifier l’explosion de violence : ””inacceptable !”” Osons émettre un avis différent : une réaction de survie.

RIEN

Le “président de la république” est intervenu ce jeudi soir à la télévision. Une nouvelle fois. Il fallait qu’il s’explique. Il fallait qu’on le comprenne. Il a une mission, vous comprenez. Les Français la lui ont confié. ””J’ai été élu pour cela, je fais le travail””… je… Air erratique, regard fuyant. Même ses deux interrogateurs ne semblaient pas y croire. Voix blanches monocordes et ton presque compatissant.

QUESTIONS

((/images/Villiers-le-Bel.jpg|Villiers-le-Bel|L))Quelques jours après le drame de Villiers-le-Bel, bien des zones d’ombres entourent les circonstances de l’accident qui a entraîné la mort de deux jeunes à Villiers-le-Bel. Je ne suis ni détective, ni procureur. Je ne me permettrais surtout pas d’émettre sur le sujet la moindre hâtive conclusion, la moindre condamnation. Quand on est assis sur une poudrière, il est suicidaire d’allumer la mèche. Mais, comme tout bons citoyens soucieux de vérité, nous sommes en droit de nous poser quelques questions en regard de plusieurs éléments troublants.

L’OCCASION FAIT LE LARRON

Plus ça va, plus les échos alarmants du monde me parviennent, et plus j’ai la conviction que la communauté humaine s’approche à grande vitesse de son moment de vérité. Cela concerne notre pays qui sombre inéluctablement dans le marasme, les relations internationales minées de toute part par les tensions, l’avenir même de notre planète déjà ouvertement malmenée par les désastres écologiques que nous avons occasionnés. Tout est lié. Reste la question de notre légendaire instinct de survie…

CUL-DE SAC

((/images/cul-de-sac.jpg|cul-de-sac|L)) Les grévistes de la SNCF ou de la RATP n’ont hélas strictement rien à attendre des négociations en cours. Depuis quelques années, les syndicats actuels, de la CFDT à la CGT en passant par FO ou la CFTC, ne se préoccupent plus guère que d’obtenir quelques pilules placébos pour apaiser les plus vives brûlures des salariés. Renonçant à enrayer le déclin, ils se contentent de l’accompagner. Il en sera une fois de plus ainsi. Car le pouvoir, n’accordera rien, ne peut rien accorder sans mettre en péril ceux qui le soutiennent : les “grands frères” de l’ordre néo-libéral.

UPPERCUT

((/images/uppercut.jpg|uppercut|L)) Hé hé, en cette deuxième semaine de grève, pas sûr qu’ils fassent toujours autant les fanfarons, nos Fillon, Xavier Bertrand et autre muette carpe présidentielle. Pas certain qu’elle soit toujours aussi dominatrice, maîtresse Idrac, flanquée au fouet de son inénarrable factotum, le sieur Pépy (respectivement chef et sous-chef d’une SNCF désespérément récalcitrante).

HUBERT EST MORT

Mon ami Hubert est mort. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans notre petit cercle. Quand nous sommes arrivés à ce [nouveau séminaire|http://www.yetiblog.org/index.php?2007/09/07/187-le_cadre] de travail, à Paris, certains de mes collègues étaient en larmes et ne s’en cachaient pas. Notre ami et collègue Hubert, parti à la retraite un couple d’années plus tôt, ne s’était pas réveillé d’une des siestes dont il se faisait une jubilante obligation.

DÉMÉNAGEMENT

((/images/demenagement.jpg|demenagement|L)) C’est bizarre, un déménagement. Pendant le temps qu’il dure, c’est comme si votre vie était pliée dans des cartons. Vous avez beau avoir annoté chacun d’entre eux soigneusement, au feutre épais, vous ne vous y retrouvez plus vraiment quand vous débarquez dans vos nouveaux locaux. Un effort de familiarisation avec ces lieux encore étrangers s’impose…

DÉCONFITURE

((/images/KO.jpg|ko|L))Ce 22 octobre 2007, le président de ce qui nous reste de république devait lire officiellement la lettre de Guy Môquet aux élèves du lycée Carnot, à Paris. À la dernière minute, notre héroïque patriote détala sous la menace d’une missive d’enseignants dudit lycée, exaspérés par sa tentative de récupération de l’Histoire. Des “engagements internationaux”, prétextèrent ses services, sous les quolibets goguenards…

APPEL AUX ENSEIGNANTS DES LYCÉES

Le 22 octobre 2007, des gougnafiers sans foi ni autres lois que leurs seuls intérêts particuliers, prétendent vous imposer la lecture de la fameuse lettre de Guy Môquet à ses parents, devant vos élèves. Lettre dans laquelle est sanctifié l’esprit de sacrifice. Sacrifice de quoi et au profit de qui ? Déjà ridiculisé par sa pitoyable utilisation dans un vestiaire de rugby, allez-vous enfoncer un peu plus dans la honte le souvenir de ce jeune résistant ?

LE VOYAGE À DOMICILE

((/images/voyage_a_domicile 2.jpg|voyage à domicile|L)) Pfff… parfois on se sent si poisseux, si fatigué de se coltiner sans discontinuer la bêtise et la crasse du monde. Ce soir, je ressens l’impérieux besoin de me réfugier dans un sujet qui me tient à coeur, si léger et si indispensable, ce thème du voyage à domicile qui me hante depuis si longtemps. Le voyage à domicile, c’est celui qu’on fait, non pas dans quelque exotique et lointaine contrée, mais au bas de chez soi, sur le trottoir de sa rue. Un voyage dont on se décide un jour à tenir la chronique.

CRISE DE CROISSANCE

Rien n’y fait ! Tous les officines genre INSEE ont beau le marteler en rafales et sur tous les tons (””la croissance française 2007 sera rachitique !””), la ministre Lagarde n’en démord pas : ””On l’aura, on l’aura, on l’aura !”” Et le président Sarkozy d’en rajouter, théâtral : ””Bougez pas ! Je cours vous la chercher !”” Manque de pot, c’est mort ! La croissance est une idée morte. Et le système capitaliste, qui n’existe que par elle, est en pleine sénescence. C’est le sens du __[lumineux texte testamentaire|http://www.alternativeunitaire2007.org/spip/article.php3?id_article=1844&var_recherche=+gorz]__ laissé par le philosophe André Gorz avant de disparaître. Je décrypte.