L’ENTREPRISE, UNE FORTERESSE À CONQUÉRIR

((/images/entreprise.JPG|entreprises-forteresses|L)) La première des forteresses à conquérir par un pouvoir de gauche alternatif me paraît être l’entreprise privée. L’entreprise privée est le point d’ancrage central du système libéral, celui par lequel tout passe : emplois, production de biens et services destinés (prétend-on) à satisfaire les besoins de la population, flux financiers qui aboutiront à la répartition des richesses (de façon équitable ou non). Or, dans le système libéral, l’entreprise tend à devenir une dangereuse zone de non-droits. Droits sociaux de plus en plus remis en questions, syndicats marginalisés, opacité totale sur l’utilisation des flux financiers engendrés, omnipotence des actionnaires et des cadres dirigeants qui n’ont pas le moindre scrupule à s’emparer de la cagnotte. Sans contrôle strict de cette entité, point de salut.

MESSAGE À MES VOISINS

Chers voisins, Vous avez sans doute entendu dire que ça chauffait plutôt, en ce moment, dans notre maison France. La rumeur de notre tapage s’est propagée par les habituels couloirs médiatiques de vos pays respectifs. Mais la rumeur tord parfois le coup aux vérités les plus élémentaires. Nous, Français, aurions  » »l’amour de la révolte et la haine des réformes » » (Daily Telegraph), nous serions  » »une espèce de communauté de rentiers vivant aux frais d’un État de plus en plus endetté » » (ABC). Ne les écoutez pas ! Ce sont des menteurs à langue fourchue, appartenant aux mêmes mafias financières que nos médias à nous. La vérité est que nous leur avons lancé un défi qui les affole : leur reprendre de gré ou de force ce qu »ils nous, ce qu’ils vous ont piqué.

LA CROISÉE DES CHEMINS (2/2 – Le cycle des lueurs)

((/images/soleil levant.jpg|Soleil levant|L)) La récente intervention d’un Président de la République pathétique, sombrant dans le ridicule en promulguant une loi qu’il demande de ne pas appliquer, montre que les signes de défaillance de la mafia libérale commencent à apparaître. Si nous voulons échapper au [cycle des ténèbres|http://www.yetiblog.org/index.php?2006/03/31/47-la-croisee-des-chemins] vers lequel ils nous conduisent, il nous faut renforcer nos actions et préparer attentivement celles de demain. Les pistes qui s’offrent à nous sont nombreuses, mais étroites. Actuellement, étudiants et lycéens en tracent une avec brio. Il est temps pour nous de redoubler d’efforts et de sang froid si nous ne voulons pas qu’elle se termine en cul-de-sac.

LA CROISÉE DES CHEMINS (1/2 – Le cycle des ténèbres)

((/images/tenebres.jpg|Ténèbres|L)) Dans un précédent article ([La fin d’un monde ?|http://www.yetiblog.org/index.php?2005/11/03/16-la-fin-dun-monde]), j’essayais d’évoquer ces fins de cycle qui, tous les dix ou vingt ans, marquent l’histoire des sociétés humaines (Première Guerre mondiale, grande crise de 1929, Seconde Guerre mondiale, bouleversements des années 60/70, chute du bloc soviétique…. Ces ruptures précèdent, après des périodes de flottements parfois douloureux, le début de nouveaux cycles. Eh bien, je crois que cette fois, nous y sommes.

POUSSEZ !

((/images/poussez.jpg|Poussez !|L)) Ce cri scandé en rythme par les sages-femmes des salles d’accouchement m’a toujours fasciné. Bien souvent, cette incantation entraînante m’est revenue à l’esprit quand il me fallait affronter une difficulté ou franchir un obstacle. C’est à vous, les jeunes en révolte, que j’ai envie d’en transmettre l’énergie aujourd’hui. POUSSEZ ! Vous êtes à un moment crucial de votre histoire. Vous avez pris vos problèmes à bras le corps, bien décidés à ne pas vous en laisser conter par les puissants qui cherchent à vous endormir à grands coups de « je vous ai compris » mielleux. Ce sont des menteurs sans scrupule. Il n’y a que leurs profits qui les intéressent. Reculez maintenant, ce serait leur laisser le terrain libre pour des années. Virez-les ! POUSSEZ !

LES DEBOUTS ET LES ASSIS

((/images/Merde_au_CPE.jpg|Merde au CPE|L)) Ce soir, je suis passé devant le lycée de ma petite ville. « Grève ! » « Occupation des locaux ! » « Merde au CPE ! », proclamaient des banderoles sur la façade du respectable établissement. Ainsi donc, même là, dans cette bourgade paisible du bord de mer seulement agitée par les vents du large, ils s’y étaient mis. « Ils », c’était eux, les minots, que certains avaient un peu trop vite enterrés. Ils étaient là, sur le trottoir, le nez offert aux rayons du premier soleil de printemps, presque étonnés de leur audace, à brailler leurs slogans entre deux éclats de grands rires et aux sons tonitruants des djembés.

PRENDRE SA VIE EN MAIN

((/images/manif.jpg|Manifestation|L)) __Message aux jeunes en colère… et aux autres__ Enfin, il fallait que ça arrive. Je ne sais combien elle durera, ni où elle aboutira, mais votre colère est là. Une révolte vitale pour vous, pour nous. Voilà des années qu’on vous, qu’on nous traîne dans la farine au nom de je ne sais quelle réalité inexorable : la « mondialisation », disent-ils (ils n’osent plus parler de « progrès »). En réalité — ++leur++ réalité — une bande de gangsters s’est emparée de notre monde et l’assèche, le médiocrise, pour leurs seuls profits égoïstes. Pendant que vous désespérez de faire des études décentes dans des conditions décentes, de trouver un travail décent, de vous fabriquer un présent au moins acceptable et un avenir honorable, ils roulent sur l’or de façon obscène* en vous, en nous tenant le nez dans la poussière.

LE SANG NEUF

Quand j’ai débarqué sur ces nouveaux sites d’expression qui fleurissent sur le web comme celui où je sévis — [Bellaciao|www.bellaciao.org/fr] — j’ai été agréablement surpris par la proportion de femmes qui y allaient de leur énergique grain de sel. J’avais trop souvent connu ces conversations politiques de fin de repas où s’isolait la seule gente mâle. Et on essayait toujours de me laisser accroire que le web était le joujou exclusif des mecs accros à leur « ordi ». Manquait pourtant un élément dans cet univers enfin mixte de débats passionnés : les « djeunes ». Or, les voilà qui débarquent en trombe, poussés au paroxysme du ras-la-casquette par ces crétins qui prétendent nous gouverner.

LE MUSÉE DES CIVILISATIONS

ALLO, ALLO, ICI LONDRES, LES FRANÇAIS PARLENT AUX FRANÇAIS … ((/images/British Museum.jpg|La rotonde du British Museum|L)) Eh oui, je vous parle de Londres où je me suis offert un petit séjour aératif. Je sors tout juste d’une visite au  »British Museum ». Vous connaissez le  »British Museum » ? C’est le musée de TOUTES les civilisations ! À chaque fois que j’y mets les pieds (tous les vingt/vingt-cinq ans environ), je me dis que cette fois, non c’est fini, je ne me laisserai plus ébaubir, hors de question … et paf ! j’en sors étourdi comme après une soirée de griserie au bar du  »Fou de Bassan ».

LE BUTIN DES PILLARDS

((/images/total.jpg|tract anti Total|L))  »__TOTAL : bénéfice net record en 2005__ » >  »Le groupe pétrolier a dégagé un bénéfice de 12 milliards en 2005, en hausse de 31% par rapport à 2004. » > >  »Le groupe pétrolier français Total a dégagé un bénéfice net record de 12 milliards d’euros l’an dernier, grâce à la flambée des prix du pétrole brut sur les marchés mondiaux et marquant un bond de 31% sur 2004, a annoncé le groupe mercredi 15 janvier. » >  »Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 143,2 milliards d’euros, en hausse de 17%. »%%% > (Source: NOUVELOBS.COM | 15.02.06) Vous avez bien lu : un  » »bénéfice net record » » obtenu  » »grâce à la flambée des prix du pétrole brut sur les marchés mondiaux » » !

LE RETOUR DU SOLEIL

Tous les ans, à la mi-février, un évènement secoue la routine du  »Fou de Bassan » : le retour du soleil. Mon bar favori est adossé côté sud à une grande colline. Courant novembre, l’astre disparaît derrière cette colline pour aller réchauffer l’autre hémisphère. Durant toutes les journées d’hiver, le  »Fou de Bassan » reste plongé dans l’ombre. Sa nuit polaire, en quelque sorte. Le soleil ne revient qu’en février. L’évènement tombait bien. Notre hiver avait été secoué par des vents mauvais qui avaient braqué les esprits : des caricatures polémiques, les retombées d’un fiasco judiciaire, les exactions répétées de la horde de pillards qui détenaient le pouvoir, j’en passe et des meilleurs…

LE ROUAGE GRIPPÉ

((/images/burgaud.jpg|Le juge Burgaud auditionné par la commission parlementaire|L)) Je suis fasciné par les images que les médias donnent du juge Burgaud auditionné devant la commission d’enquête parlementaire le mercredi 8 février 2006. Ce visage blême, ces yeux affolés, ce désarroi de gamin pris en faute. Ainsi donc, c’est lui l’instructeur impitoyable qui a broyé l’existence d’une bonne dizaine d’innocents ? Eh oui, c’est bien lui ! Vous avez vu, il ressemble à tout le monde. Vous le croiseriez dans la rue, vous ne le remarqueriez même pas. Pourtant si, il me rappelle quelque chose… quelqu’un… Ah oui !

LE MONDE DES EFFARÉS

((/images/Outreau.jpg|La commission parlementaire|L)) Il m’a fallu un temps avant de me décider à oser écrire sur une affaire comme Outreau. J’ai suivi avec attention le déroulement de la mission parlementaire, assisté aux témoignages hallucinants des « coupables » innocents, entendu les déclarations des politiques, lu les commentaires d’une presse qui en oublie ses propres dérives sur le sujet. Oui, il s’agit bien du procès justifié d’un juge et d’un appareil judiciaire. Mais le mal est plus profond et dépasse, je le crains, le seul cadre de la justice.

VIVRE OU MOURIR

((/images/Philo.jpg|Manuel de philo de M. Grateloup|L)) — Parfois, je me demande quelles raisons poussent des gens à s’engager comme des forcenés dans des combats qu’ils savent perdus d’avance ? À s’embarquer vers de nouvelles aventures quand toutes les précédentes ou presque se sont soldées pour eux par des défaites ou des désillusions ? — L’envie de vivre, peut-être, tout simplement. — C’est Don Quichotte partant à l’assaut des moulins à vent ! — Et alors ? Orson Welles disait que Don Quichotte était la représentation même de l’élégance. Si tu veux, je peux te raconter une histoire.

FRAGILE

((/images/fragile.jpg|Couverture du dvd|L)) Il y a des fois où on a vraiment envie de balancer des beignes ! C’est ma fille aînée qui m’a fait découvrir il y a quelques années le groupe  »Têtes Raides ». J’ai compris pourquoi une adolescente pouvait aimer : une quête forcenée d’absolu, un humour qui se voulait dévastateur. Moi, au début du moins, j’avoue être resté un peu sur la réserve : l’engagement trop carré des  »Têtes Raides », leur — comment dire ? — leur « moralisme binaire », leur humour « dévastateur » un peu facile, tout cela contribuait à me tenir à distance. Et puis, peu à peu, je m’y suis fait. Le retour d’âge, peut-être. Ou une plus grande ouverture d’esprit ! Récemment, j’ai écouté un de leur dernier titre : __ »Fragile »__. Superbe.

PLOP !

Derrière la vitre ruisselante du  »Fou de Bassan », mon bistrot favori, dansaient d’étranges silhouettes. Recroquevillées sous les bourrasques glaciales de vent et de pluie, elles passaient à vive allure et s’enfonçaient dans la nuit noire. Parfois, l’une d’entre elles, curieuse, essayait d’entrevoir l’intérieur de la salle où nous étions attablés. L’espace d’un instant, dix doigts se posaient sur la vitre, laissant une traînée noire sur la buée. Blafard et fantomatique comme un masque de carnaval, un visage déformé par les perles d’eau surgissait, puis s’enfuyait.

LE PRINCIPE DE PETER

Selon le principe de Peter qui veut que chacun tende à s’élever à son niveau d’incompétence, je crains que la société humaine elle-même soit actuellement atteinte de ce syndrome. Je veux dire qu’elle n’est pas du tout au niveau auquel elle croit pouvoir prétendre. C’est ainsi de façon cyclique depuis la nuit des temps. Soudain, les choses nous échappent, s’emballent. Plus personne, nulle analyse, nulle considération, ne sauraient arrêter cette folle cavalcade vers on ne sait quel gouffre. Les commentaires, les explications ne font qu’illustrer l’engrenage qui nous aspire. Elles l’accompagnent, mais ne l’enrayent pas. Pas tout de suite.

LE FACTEUR HUMAIN

((/images/Bistro_Paris.jpg|Le bistrot des éclopés de la vie|L)) Le jour n’était pas levé quand je suis sorti. Il fallait absolument que je sorte. La soirée de la veille avait été plutôt agitée. Vous savez, une de ces soirées où, sous le feu de l’excitation, les conversations dérapent et s’enveniment sans que plus personne ne puisse enrayer le flot des imprécations. Au petit matin, il vous en reste une petite boule amère de regrets au fond de la gorge et un vague sentiment de culpabilité. Pour secouer, ça avait secoué !

UN INTELLECTUEL NIQUE SA MÈRE !

Je n’écoute, ni ne lis plus les médias officiels. Quand d’aventure je les parcours, ce n’est pas pour l’info, mais pour savoir où en est l’adversaire. Pourtant, un titre en bas de la une de Libération (18/11/2005) a accroché mon regard :  »[Nique ta mère !|http://www.liberation.fr/page.php?Article=339243] » L’auteur : Jean Baudrillard, un intellectuel français très intelligent. Je lis les premières lignes :  » »Une société elle-même en voie de désintégration n’a aucune chance de pouvoir intégrer ses immigrés, puisqu’ils sont à la fois le résultat et l’analyseur sauvage de cette désintégration. » »