DEMANDEZ LE PROGRAMME !

((/images/pres07.jpg|présidentielles 07|L)) Ben ça y est, on avance ! Réunis en conclave les 14 et 15 octobre 2006 à Nanterre, les collectifs de la gauche sociale* ont travaillé à partir d'[un document programmatique|http://bellaciao.org/fr/IMG/rtf/cequenousvoulonsV06-021006.rtf] plutôt bien ficelé, même si, comme ils le reconnaissent, ça demande encore discussions, précisions, compléments. D’accord, discutons. J’avais justement deux trois petites suggestions à apporter en guise de grain de sel…

CAUSER DANS LE POSTE

((/images/tf1.jpg|tf1|L)) Devant la raréfaction saharienne des oasis politiques à la télévision, les acteurs politiques se posent fréquemment la question de savoir s’il faut accepter ou non de passer dans des émissions dites « grand public » pour tenter d’y toucher un maximum de gens. « Pour quel public et avec quel impact ? » se demande Clémentine Autain dans un récent billet. Essayons de répondre précisément à la question. Vouloir toucher le plus de monde possible, échapper à la confidentialité militante, peut aisément se comprendre. Mais on peut aussi douter que le souci d’animateurs comme Ruquier, Ardisson ou Fogiel soit de permettre à leurs invités de s’exprimer. On peut surtout se demander si le public de TF1, de Ruquier, Ardisson ou Fogiel, aussi nombreux soit-il, a le moins du monde envie d’être convaincu par des arguments de qui que ce soit ?

QUELQUES PAS DE PLUS …

((/images/11 septembre.jpg|11 septembre|L))  »__ »Le Congrès US légalise la torture »__ » Ce titre perdu au milieu des unes du nouvelobs.com, m’a fait l’effet d’une déflagration. Un peu comme celles produites par les avions kamikazes dans les Twin towers. Et le fait de savoir qu’une telle mesure n’est pas surprenante, qu’elle était « attendue », en renforce l’effet de souffle plus qu’il ne l’atténue. Les hérauts du « Monde libre », les chantres de la démocratie triomphante et des forces du Bien venaient, en deux petits votes presque anonymes à la Chambre des représentants et au Sénat US, de pulvériser un des fondements mêmes de la civilisation occidentale, l »’Habeas corpus ». Dans l’indifférence quasi générale. « Une régression de huit cents ans », dénonce Reed Brody, directeur du bureau européen de Human Rights Watch. Mais qui l’entend ?

GOBEURS DE MOUCHES

((/images/mouche.jpg|mouche|L))  » »Je me permets un aparté. J’ai essayé plusieurs fois de lire » Mein Kampf  »(Mon Combat). La première fois où j’ai essayé, je n’en revenais pas. C’est bête. C’est très bête. Comment un tel personnage politique »[1]  »avait-il pu écrire un tel tissu d’âneries ? C’est vraiment trop bête. C’est pour cela qu’il va encore y avoir une guerre. Parce qu’on peut faire croire n’importe quoi aux gens. » » Le type qui a écrit ces lignes s’appelle Gilles Ascaride. Sans doute un des plus grands écrivains du moment. Le texte est tiré de son dernier livre,  »La Dernière histoire du monde »[2]. Je ne sais si l’Ascaride en question suit l’actualité politique, mais il aurait eu matière à rajouter quelques chapitres à son bouquin. Parce que question gobages de mouches imbéciles, on est servi !

LE MINIMUM VITAL DÉCENT

((/images/chiens.jpg|chiens|L)) Tous les jours, comme des millions de Français, je donne à manger à mon chien. Des croquettes hors de prix. Le chien, lui, il s’en fout. À part s’engloutir les ruineuses croquettes, il passe sa journée à roupiller ou à courir le guilledou dans la campagne environnante. Vous remarquerez que tout le monde trouve ça normal. Pas un qui proteste. Me regardent même de travers si le chien fait mine d’être affamé ou malheureux. Qu’est-ce que ce serait s’il s’agissait d’un être humain ! Quoi, comment, un fainéant qui bosse pas, s’empiffre et se la coule douce ? Halte là, pas de boulot, pas de picaillons! Et pas de picaillons, pas de croquettes ! Je pense, moi, qu’un programme politique un tant soit peu social devrait traiter les humains aussi bien que nos chiens de compagnie.

LA CROISSANCE, RÊVE OU CALAMITÉ ?

Allez hop, voilà la rentrée politique ! Et puisqu’ils y vont tous (de leur future candidature sans projet), je vais y aller moi aussi (de mon projet sans candidature). Thème d’aujourd’hui : la croissance, rêve ou calamité ? Qu’est-ce qu’on a pu nous en rebattre avec cette idée de croissance ! Paraît même qu’elle serait définitivement incontournable. Sans croissance, pas de progrès, pas d’avenir, régression,  »no future », pas d’emplois, j’en passe et des meilleurs. Hum, hum, voyons voir tout ça de plus près…

QUAND VIENT LA FIN DE L’ÉTÉ …

((/images/chats sauvages.jpg|derniers baisers|L)) Eh ben dis donc, quel été ! Une litanie de drames, de massacres, d’abominations insupportables, de chairs déchiquetées, de fureurs aveugles, de douleurs incoercibles, sur fond d’explosions de bombes à fragmentations et d’averses de roquettes. Et maintenant le ballet grotesque des « forces de la paix » en train de nous mitonner avec enthousiasme (sic) une bonne petite Finul bien neutre, bien équitable. Les Français ne veulent pas y aller ? les Européens rechignent ? Pas grave, les Syriens ou les Iraniens nous donneront bien un coup de main. (Non, je rigole !) C’est vrai qu’il y a moins de risques à chasser l’immigré, l’enfant, le sans-papiers. Oh, la jolie chasse à courre menée à train d’enfer par ceux-là même qui vantent les mérites de la mondialisation sans carcan.

PARANOÏA DU PLEUTRE

((/images/tony_blair.jpg|blair|L)) Lorsque le journaliste Robert Fisk, envoyé spécial du quotidien anglais The Independent au Moyen-Orient, rapporte des faits, il les accompagne d’un maximum de preuves techniques : numéro et adresse de fabrication de la bombe qui vient d’exploser, noms, prénoms, date de naissance des victimes, etc. Or voilà qu’on nous annonce à grands coups de titres ronflants que Londres vient de « déjouer une attaque terroriste », un complot de « dimension mondiale » qui « visait à provoquer des destructions et des pertes humaines incalculables. » Mais les preuves, où sont-elles les preuves ?

« ACCORD DE PAIX » ou NOUVELLE PHASE DE GUERRE ?

((/images/g8.jpg|g8|L)) Voilà qu’on nous claironne qu’un projet franco-américain de résolution du conflit est « enfin » en cours d’adoption à l’ONU. « Un accord de paix, » nous susurre-t-on, qui devrait être voté avant le 15 août. Quelle farce sinistre ! En réalité, cette prétendue résolution n’est rien moins que la nouvelle phase de la guerre impitoyable menée par les puissances riches du Nord (dites occidentales) contre le reste du monde.

LE SYNDROME DU LEMMING

((/images/lemming.jpg|lemming|L)) Dans les années 60, courait la légende du suicide des lemmings. Pris d’une incontrôlable pulsion de mort suicidaire, ces petits rongeurs de Norvège se précipitaient en masse, nous racontait-on, du haut des falaises qui dominaient les fjords. C’est un mythe que ce suicide collectif, démenti depuis par toutes les études scientifiques – les lemmings ne sont pas si fous ! Mais il éclaire sur l’esprit échauffé des humains qui l’ont propagé. Et si Israël était devenu le propre artisan de sa future destruction, se ruant tête baissée, tels les lemmings de la légende, vers le néant, l’anéantissement ?

LA GRANDE GUERRE POUR LA CIVILISATION (suite)

((/images/beirut5.jpg|Beyrouth|L))  »(J’écris ce billet en vacancier affalé dans une chaise longue, à peine abrité de la canicule par l’ombre des grands arbres du jardin, avec une bouteille de soda glacé bien remplie pour lutter contre la déshydratation. Tout pour être heureux et insouciant, en somme. Sauf que non, là je ne peux pas, c’est trop.) » __ »La Grande guerre pour la civilisation »__•, elle, ne prend pas de vacances et se propage inexorablement sur toute notre planète. Les bombes israéliennes s’abattent sur le Liban et sur Gaza, les roquettes du Hezbollah frappent Haïfa. Et le vacarme assourdissant qui en résulte fait oublier un instant, un instant seulement, le bruit des engins de mort qui continuent de meurtrir l’Irak, l’Afghanistan …

EUPHORIE

((/images/euphorie.jpg|euphorie|L)) Avec des copains, on est entré dans un petit restau très sympa à Paris. La patronne nous a installés dans un coin, près d’une table où dînait une vieille dame avec un ensemble plutôt chicos et un chapeau ridicule comme ceux que les femmes n’osent mettre que les jours de mariage. On n’avait pas beaucoup de temps pour manger. Dans une heure, commençait la demi-finale de foot entre la France et le Portugal, on avait déjà la tête ailleurs. – J’m’appelle Marcelle, quarante-trois ans à la CGT. En c’temps-là, les mecs avaient des couilles au cul et nous avec !

LE FOND

>  » »Partout, quand on touche le fond, on finit par remonter. En Algérie, quand on touche le fond, on creuse ! » » Cette phrase terrible de Fellag, humoriste algérien, je me demande si elle n’a pas déteint sur nous autres, Français. Parce que vraiment, en ce moment, pour ce qui est de toucher le fond, on fait fort ! Suffit de jeter un œil sur les dernières péripéties grandguignolesques de notre vie publique …

DE LA DÉMOCRATIE

 » »Toute démocratie est-elle nécessairement respectable ? » » Voilà un sujet qui aurait mérité de figurer dans l’épreuve de philosophie du bac. Entrons sans tarder dans le vif de ce sujet brûlant : répondre à la question posée par l’affirmative, c’est admettre qu’était respectable le pouvoir nazi soutenu par une majorité d’électeurs allemands de l’époque ; qu’est respectable ce pouvoir néo-libéral d’aujourd’hui, exercé par une bande de voyous, pour la plupart passibles de prison, qui ont fait main basse sur les richesses de la collectivité, et entraînent le monde dans leur naufrage.

CONSCIENCE ASSASSINE

((/images/conscience.jpg|Conscience affolée|L)) Le grand problème des volatiles humains, c’est la conscience dont ils sont affublés. À la différence des animaux qui vivent au jour le jour sans se soucier du hier et du demain, les bipèdes que nous sommes se voient sans cesse rappeler par cette conscience sarcastique leur triste condition d’êtres éphémères, mortels, condamnés au dépérissement sans l’ombre d’un échappatoire. Vous connaissez un chien, vous, qui envisage son vieillissement, l’heure de sa retraite, l’arrivée de sa mort ? Pire, la sournoise enfonce le clou en nous faisant miroiter des possibilités d’infini, des rêves d’éternité, des désirs d’absolu que nous ne connaitrons jamais. C’est plus que nous n’en pouvons supporter.

BANQUES, LE HOLD-UP PERMANENT

((/images/banque.jpg|Le cul sur le perron|L)) De pillées qu’elles étaient autrefois dans tout bon western digne de ce nom, les banques sont passées maîtresses dans l’art de faire main-basse sur nos cagnottes. Fortiches aussi pour ce qui est de capter la richesse publique ou blanchir les pépettes des crapules, hors-la-loi ou officielles, comme dans l’affaire Clearstream. Après les entreprises privées (cf. [L’entreprise, une forteresse à conquérir|http://www.yetiblog.org/index.php?2006/04/05/50-une-forteresse-a-reconquerir]), il serait temps qu’un pouvoir social de gauche s’attaque à ce coffre-fort hermétique et tout-puissant qui s’enrichit sur la misère du monde.

DETTE PUBLIQUE, L’ENTOURLOUPE

Dans le cadre de leur vaste offensive contre le bien public, les prêcheurs de la secte privée usent d’un argument tombant apparemment sous le sens : la croissance excessive de __la dette publique__. Celle-ci serait faramineuse, grèverait le budget de chaque citoyen et hypothèquerait durablement l’avenir de nos chères têtes blondes. Ce faisant, sur l’air dramatisant du  » »on peut pas dépenser plus que c’qu’on gagne » », nos gourous justifient les coupes purgatives dans les dépenses publiques et les réductions laxatives du nombre de fonctionnaires. Un certain Michel Husson, administrateur à l’INSEE et chercheur à l’IRES (Institut d’Études Économiques et Sociales), vient de pondre un petit rapport, [Dette publique, rente privée|http://hussonet.free.fr/detpub7.pdf], qui révèle l’entourloupe. Je résume en clair…

MASSES MOLLES

Au comptoir du  »Fou de Bassan », Ahmed, l’épicier de nuit, était furibard. – Ah, il avait raison, Pierre Bourdieu, quand il disait que les médias du microcosme faisaient tout pour limiter le champ politique à ce qui leur paraissait acceptable ! Après les émeutes de banlieues, les manifestations anti-CPE, et maintenant cette affaire Clearstream qui fait vaciller le pouvoir de droite, les voilà qui montent en épingle la seule personnalité de « gauche » susceptible de ne pas trop bousculer leurs petits intérêts, cette pitoyable Royal ! – Vous f’rai r’marquer, fit un petit monsieur à moustaches en costume étriqué, qu’ils ont déjà avancé deux autres pions de leur stratégie : « Le Pen, le retour » en guise d’épouvantail ; suivi de l’incontournable « Votez utile », prompt à désamorcer toutes vélleités de révolte rebelle.

LA « FÊTE » DU TRAVAIL

((/images/stop_work-s.jpg|stop works|L)) –  »1er mai : c’est la fête du Travail ! » Ben justement, je me préparais à la lui faire, sa « fête », au travail ! On essaie encore de nous faire avaler que le travail est la seule valeur référente et incontournable pour pouvoir « se payer » le droit de vivre. « Travailler plus pour gagner plus », qu’ils disent. Ah, ils doivent bien rigoler, les actionnaires rentiers des fonds de pension ! Le problème, c’est que beaucoup parmi nos amis croient encore dur comme fer à ces sornettes. Ils réclament le retour du plein-emploi à cors et à cris, et montent en mayonnaise si on leur parle de raisonner la [croissance|http://www.yetiblog.org/?2006/08/25/74-la-croissance-reve-ou-calamite].

LE CUL SUR LE PERRON

((/images/Le cul sur le perron.jpg|Le cul sur le perron|L)) Après les moments forts, intenses, on éprouve toujours comme un trop-plein. On voudrait que l’euphorie dure, que l’enthousiasme persiste. Mais non, l’énergie manque. Ne nous restent que quelques ultimes soubresauts qui éclatent en pétards mouillés. On se sent coupables d’impuissance, furieux de n’avoir pas mené l’action aussi loin que l’on aurait voulu, conscients d’avoir gagné une bataille mais pas la guerre, exaspérés par les inévitables corbeaux de mauvais augures qui voltigent au-dessus du champ de bataille en comptant les points. C’est ce qui arrive, je pense, aux étudiants et aux lycéens récemment insurgés contre la stupidité du monde qu’on leur offre.