SANS ATTENDRE

””On ne se connait pas bien, je commente rarement chez toi. Mais quand je lis tes billets, je suis toujours déçue par la conclusion, qui est toujours un peu la même” (…) ”: le monde va à la catastrophe, la plupart des gens méritent ce qui va leur arriver, seul-es ceux et celles qui restent debout et conscient-es s’en sortiront, y’a qu’à attendre.”” Je résume ici un commentaire précédent signé par Christine ([Le(s) suiveur(s) des choses|http://aldebaran.eu.org]). Euh bon, si tant est que quand on est mal compris, c’est qu’on s’est mal exprimé, je vais essayer de préciser ici le contenu des deux cent dix premiers billets de ce blog. (Pas de panique, je vais faire court !)

LE MENTAL DU ROUGE-GORGE

((/images/rougegorge.jpg|rouge-gorge|L)) ””Mon bon Yéti, je ne sais pas à quel degré de sinistrose tu es parvenu, bien que chaque fois qu’on te fasse la remarque, tu prétends avoir un moral d’acier !!”” Ce commentaire de mon ami vieil anar ne cesse de me trotter dans la tête. Il est vrai que les situations décrites dans mes derniers billets peuvent frapper par leur catastrophisme. Et elles le sont. Pourtant, je m’efforce de garder le mental d’un rouge-gorge à l’arrivée du printemps. Vous avez déjà observé un rouge-gorge ? Ce n’est pas l’écervelé roucouleur que l’on imagine.

FAIBLESSES DE L’EMPIRE

On glose souvent sur la militarisation policière de la planète, sur les risques qui pèsent sur nos libertés, sur la mise en fiches de tous les individus du globe, sur la manipulation des masses par les médias aux ordres. On a raison si l’on décrit les intentions des puissants de l’Empire. Mais la réalisation de ces intentions prend sacrément la flotte ! Et les fissures qui lézardent la forteresse, de plus en plus criantes, mettent en péril leur vaisseau boursoufflé. Prenons quelques exemples en commençant par le plus rigolo : cette affaire du Ponant et l’inénarrable arrestation, par la grande armée française, d’une poignée de “pirates” faméliques.

GRANDS CORPS VIVANTS

((/images/GCV.jpg|grands_corps_vivants|L))C’est toujours comme ça. Quand on traverse des passes difficiles — et en ce moment on est servi ! — la poésie repointe toujours le bout de son nez. La poésie toute nue, la poésie toute crue, sans vains ornements ni colifichets. Comme exutoire à notre colère et baume à notre désarroi. Apollinaire au temps de la première ””der de der”” ; Char, Desnos, Éluard pendant la saloperie nazie ; aujourd’hui, deux tisons tout brûlants dont j’aimerais vous dire un mot.

JO : BOYCOTT SANS CONDITIONS !

((/images/beijing_2008.jpg|RSF|L))””Il ne faut pas boycotter les JO, pour que des hommes comme eux” (NB : Tommie Smith et John Carlos, levant leurs poings gantés aux Jeux de Mexico 1968) ”puissent se rencontrer pour vivre encore des histoires telles que celle-là.”” Voilà un commentaire ajouté par mon ami Nose de Champagne à la suite du billet [”Histoire émouvante”|http://www.yetiblog.org/index.php?2008/04/10/84-histoire-emouvante]. Plusieurs autres interventions allaient dans le même sens. J’avoue avoir hésité, réfléchi. Mais non, il n’y a plus aucune raison d’aller à ces JO et toutes les raisons de ne pas y aller, en Chine ou ailleurs. C’est mort !

AU CŒUR DE LA TOURMENTE

((/images/emeutes-de-la-faim.jpg|emeutes_de_la_faim|L)) Voilà quelques temps que nous alertions ici sur l’imminence d’une explosion mondialisée d’une extrême gravité. C’est avec la plus immense désolation que nous constatons aujourd’hui l’exactitude de ces prédictions. Pas trop compliquées, d’ailleurs, les prédictions, tant les signes annonciateurs en étaient patents. Et nous y voilà ! Nous ne sommes plus à la veille d’un cataclysme. Nous sommes désormais en plein cœur de la tourmente.

LE BORDEL

((/images/manifetudiantsJMelin.jpg|manifetudiantsJMelin|L))Dany Cohn-Bendit, qui a parfois encore des remontées salutaires de lucidité juvénile, a une nouvelle fois trouvé les mots justes : ””Il faut foutre le bordel à Pékin !”” OK, pas de problème, cher Dany, que dirais-tu si nous reprenions aussi ta formule pour notre cher pays ?

HISTOIRE ÉMOUVANTE

”L’histoire que vous allez lire maintenant est une des plus émouvantes que je connaisse. Je le dis avec d’autant plus d’humilité que je n’en suis pas l’auteur. Il est d’une inconnue dénommée Lnela. Voici son texte, illustrations comprises.” ///html

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Vous rappelez-vous ?

Une histoire vraie et émouvante

/// ((/images/histoire_emouvante 1.jpg|les trois amis avant|C))

ÉVEIL DE LA RUE

((/images/manifs_7avril08.jpg|manif_paris7avril08|L)) Ce qui frappe dans le joli merdier semé par les manifestants contre la bien vacillante flamme olympique à Paris le 7 avril 2008, ce n’est pas qu’une poignée de frêles braillards ait réussi à ridiculiser l’armada des gros culs policiers s’échinant en vain à les poursuivre. Ce n’est pas la déconfiture retentissante de cette grotesque cérémonie officielle qui prétendait exalter les “valeurs universelles” du sport à l’ombre des matraques. Non, ce qui retient l’attention, c’est les “hou hou” lancés spontanément par la foule des badauds rassemblés, prenant fait et cause pour les émeutiers, s’emparant sans barguigner des drapeaux qu’on leur tendait pour les agiter à tour de bras.

TROIS RENCONTRES

((/images/primitifs_flamands.jpg|primitifs_flamands|L)) Court séjour à Bruges, juste le temps de laisser retomber la poussière du chemin. Temps menaçant, puis crachin noyant les canaux, inondant les parapluies multicolores de quelques touristes obstinés à boucler leur périple aquatique en bateau-moteur malgré les éléments. Et puis cette visite étourdissante aux musées Groeninge et ”Memling in Sint Jan”…

LES PIONS DE LUNE

((/images/Pions de lune.jpg|pions de lune|L))21 juillet 1969 au plus profond de la nuit, avec mon frère cadet, dans la chambre de bonne face au CHU St Antoine où, un an auparavant, nous avons vécu les joyeuses agapes d’un mois de mai explosif. Face à nous, tout en haut d’une armoire claudiquante, notre tout petit poste de télévision allumée. Sur notre insistance surexcitée, notre père et notre mère nous ont rejoints, les yeux gonflés de sommeil. Sur l’écran, l’Américain Neil Armstrong, descend l’échelle de son LEM, sous l’œil vigilant de ses deux compagnons d’équipée. Voilà, ça y est, IL MARCHE SUR LA LUNE ! Ô triomphe du génie humain ! … Six ans plus tard, mon ami Alain Lacombe (1947-1992) fait paraître aux éditions Olivier Orban un petit opus, ”Les Pions de lune”, où il romance les affres de la terrible dépression qui frappa Armstrong et ses deux compères, lorsqu’ils furent, c’est le cas de le dire, “redescendus les pieds sur terre”.

LA CRISE EXPLIQUÉE AUX ENFANTS

Incroyable, je viens encore de lire un papier où de doctes “spécialistes” croient bon de sonner solennellement l’alerte ! ””États-Unis: la crise financière fait craindre la pire récession depuis 1945″” ([Boursorama – 22/03/2008|http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?&news=5294045]). Mais c’est depuis 1945 qu’elle est patente, la crise ! Et depuis une bonne dizaine d’années qu’elle saute aux yeux. Que des pékins du commun, le nez dans le cambouis, n’aient pas le recul nécessaire pour tout saisir, peut se comprendre. Mais des “spécialistes” ! Les mécanismes économiques et financiers qui conduisent aujourd’hui à la catastrophe sont d’une simplicité ENFANTINE ! Allez, assis à vos tables, ouvrez vos cartables, sortez cahiers et crayons…

QU’ALLEZ-VOUS FAIRE ?

((/images/Maus.jpg|Maus|L))LETTRE OUVERTE AUX ÉLUS LOCAUX DE GAUCHE Après les élections régionales 2004 qui vous ont offert vingt des vingt-deux régions françaises, les récentes élections municipales et cantonales ont affirmé vos positions dans les villes et à la tête des départements. Vous disposez donc de pouvoirs non négligeables sur une grande partie du territoire national. Or, sur le territoire national, se commettent aujourd’hui des crimes intolérables contre les droits humains élémentaires, des injures insupportables et injustifiables contre nos traditions d’humanisme et d’accueil.

SURRÉALISTE

((/images/extase.jpg|extase|L))J’allais pondre une petite bafouille sur les soirées électorales municipales à la télé. Une petite tartouille sur les conséquences et réactions de la dérouillée des uns, de la victoire sans grande importance des autres. Après quelques billets un peu graves, fallait détendre ! Mais là, c’est trop, on est servi ! Ces propos convenus, mille fois répétés, entre gens de bonne compagnie qui jouent un scénario si attendu (””C’est nous qu’on a gagné !” “Non, c’est plutôt nous qu’on n’a pas perdu !”) Et le lendemain, comme si de rien n’était, un petit lifting gouvernemental par ci, quelques annonces tiédasses de circonstances par là, quelques solennelles déclarations d’intentions des nouveaux élus, quelques vagues explications des battus (””Même pas mal !””). Surréaliste.

DE LA VIOLENCE

Dans les traversées de crises aussi graves que celle d’aujourd’hui, une des pires choses est le manque de lucidité. Mais pire encore que ce pire est le refus, la négation de cette lucidité, quand celle-ci nous aveugle. Confusément ou non, on SAIT, mais on se refuse à croire, à voir, à admettre l’évidence. Par peur, parce que cette évidence dépasse ce que notre raison est prête à accepter, parce que nous nous laissons enfumer docilement par les appels à une prétendue “modernité”, parce que nous sommes d’indécrottables optimistes quant aux ressources salvatrices de la nature humaine. Je suis persuadé que beaucoup pressentent désormais un dénouement douloureux à notre tragédie, une issue qui ne viendra pas des urnes, mais de la rue. Un passage obligé par un épisode violent.

CHIMÈRES ET RÉALITÉS

L’incertitude des périodes de fin de cycle comme celles que nous traversons aujourd’hui, conduit aux soubresauts les plus inattendus, aux réactions les plus imprévisibles, aux impulsions les plus irrationnelles. Mais aussi à tous les fantasmes brumeux, à tous les faux espoirs fous. Dans le fleurissement des commentaires, sur les blogs les plus éclairés du net, dans les mails que l’on m’adresse, un mot revient de plus en plus souvent en boucle : “révolution”. Je voudrais ici en profiter pour mettre les choses au clair, du moins en ce qui me concerne : la “révolution” (avec un grand R !), stop, oubliez !

DESCENTE AUX ENFERS

((/images/Lac gelé.jpg|lac gelé|L))’scusez, j’arrive tout juste des majestueuses cimes enneigées où j’ai essayé d’oublier quelques jours les fracas crépusculaires du monde. J’ai encore bien au chaud la vision de ce lac gelé tapi dans la brume entre deux forteresses rocheuses, cet aigle royal surgissant au faîte des grands pins accrochés aux falaises un lundi matin, le déferlement des couleurs inondant les sommets et les vallées. Mais alors, dites donc, la redescente vers les bas-fonds ! Oh là là, ce capharnaüm, cette chienlit, ces relents nauséabonds qui vous prennent à la gorge et vous retournent l’estomac…

LA MÉCHANTE

((/images/Dati.jpg|Dati|L))S’il fallait désigner le personnage le plus désagréable sévissant aujourd’hui au sommet de l’État, nulle doute que la palme reviendrait à Mme Dati. Arrogance, cynisme et absence totale de scrupules caractérisent la démarche de cette jeune femme dont il n’est qu’à regarder la dureté du regard, le maquillage glacial, le fond de teint sépulcral et la mâchoire crispée à se rompre, pour deviner la terrible fièvre de pouvoir qui l’anime.

LA MORALE

((/images/Morale.jpg|Morale|L))Et voilà, ça y est, on l’attendait, elle est là : LA MORALE sera mise en leçons dans les écoles dès la rentrée prochaine. Décision officielle proclamée aujourd’hui vendredi 15 février 2008 à Périgueux, France, fief du ministre de l’éducation nationale, par un type digne de l’internement. Et d’abord, QUELLE MORALE ?

L’HOMME RÉVOLTÉ ou LA NON-OBÉISSANCE CIVILE

((/images/Homme Revolte.jpg|L’homme révolté|L))Devant la fracassante [faillite de notre démocratie|http://www.yetiblog.org/index.php?2008/02/12/261-la-faillite-de-la-democratie], nul ne saurait adopter l’attitude du spectateur indifférent, la posture du contempteur aigri, la position de l’observateur goguenard. Détachement, ressentiment et ironie sont bien trop souvent masques à l’impuissance. Et l’attentisme prolongé tourne vite à la neurasthénie. Mais alors, quelle conduite ? Comment ? Quand ?