RÉSEAUX DE RÉSISTANCE

Ça a commencé comme ça devait commencer :  » »Je veux réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l’honneur la nation et l’identité nationale. » » Pas la moindre surprise là-dedans, bien sûr. Ces propos éclairent d’un jour mauvais l’évidence des difficultés qui s’annoncent. Face à ces sombres perspectives, une seule solution : organiser la résistance. Tout de suite.

LA VICTOIRE DES VEAUX

((/images/vache.jpg|tête de veau|L)) ///html

« Ce sont des veaux. Ils sont bons pour le massacre. Ils n’ont que ce qu’ils méritent. »
Charles De Gaulle à propos des Français, début juin 1940, cité par son fils Philippe De Gaulle (« De Gaulle, mon père », Plon)

/// Voilà, on y est arrivé. Un dernier petit sursaut en 2002, une ultime révolte en 2005. Ça se sentait venir comme le nez au milieu de la figure, la majorité a fini par se laisser emporter par ses vieux démons. Retour vers les saintes valeurs. Quelques boucs émissaires pour les petits défoulements aigres. Et, sinistre cerise sur le gâteau, un « guide suprême » depuis dimanche 7 au soir. En route pour le vilain plongeon.

MES CONDITIONS

À l’issue du premier tour des présidentielles 2007, le dimanche 22 avril, en comptant très large, la gauche a péniblement totalisé 10,62 % des suffrages exprimés, répartis sur six candidats. Son plus faible score depuis des années. Ridicule. Pourtant une bataille politique ne s’abandonne pas à la première défaite, un navire ne se quitte pas à la première voie d’eau. Pour ma part, je suis prêt à poursuivre l’aventure vers la recomposition d’une vraie force de gauche sociale, non libérale. Sous quelques conditions.

TEMPS COUVERT

((/images/temps couvert.jpg|temps couvert|L)) Nous espérions un sursaut citoyen lors de ce premier tour. Nous avons eu un mouvement de crispation massif. Une sorte de réaction de rejet tardive, cinq ans après, contre les risques de séisme d’un nouveau 21 avril 2002. Je défie quiconque, malgré le fort taux de participation, de déceler le moindre enthousiasme de la part de quiconque à l’issue de ce scrutin. Perspectives bien mornes. Quoique…

ON N’ARRÊTE PAS LE PROGRÈS !

((/images/Rouen.jpg|Rouen|L)) Ce que je retiens de cette lamentable affaire de Mont St Aignan, près de Rouen, où l’on voit une bande de brutes assermentées massacrer deux types menottés au vu et au su d’une caméra d’amateur, c’est que le progrès est en train d’échapper à ceux qui pensaient pouvoir le maîtriser pour asservir le monde. Sans blague, je tiens le téléphone portable, qui permet à n’importe quel pèlerin de photographier et de filmer aussi facilement qu’il respire, comme une avancée extraordinaire des libertés individuelles et de la démocratie.

LA NEF DES FOUS

((/images/plaquepioneer.gif|pioneer|L)) L’autre jour, dans une brasserie, une amie retrouvée me disait son désarroi devant le délabrement de notre société, l’absence de perspectives, les angoisses terribles qui la tenaient éveillée au petit matin, son envie de fuir au bout du monde pour tout oublier. Au bout du monde ? Je me rappelle qu’en 1977, nous autres, humains, expédiâmes vers les confins de l’univers, à l’assaut de planètes inconnues du vaste cosmos, un tout petit objet volant avec à son bord, gravés par les nations, quelques témoignages de notre existence terrestre.

RETOUR À LA MAISON

((/images/maison du retour.jpg|La Maison du retour|L))  » »Ce soir, il fait si doux que j’ai décidé d’attendre la nuit dans le hamac en dégustant un corona. L’inaction obéit à des règles strictes dont la principale est la maîtrise du temps. Le véritable amateur a tout son temps. Il n’est pas vrai que l’oisiveté est la mère de tous les vices. Elle est très absorbante et exige une application constante. » »

SOUPE TIÈDE ou PLAT ÉPICÉ ?

((/images/affiche.jpg|affiche|L))J’avais un ami qui avait affiché dans sa cuisine (sa pièce de prédilection) un écriteau : >  »Tu fais comme tu veux »%%% >  »Tu pars ou tu restes »%%% >  »Mais tu te décides ! » Eh bien, je crois que certains devraient méditer cet axiome et en prendre sérieusement de la graine !

LES DÉGUEULASSES

((/images/Tentes SDF.jpg|tentes|L)) Ils ont commencé par gueuler quand Médecins du monde s’est avisé de distribuer des tentes aux SDF, en décembre 2005.  » »Contre-productif ! » », a braillé la ministre de la « Cohésion sociale »(sic). Ensuite, ils ont tout fait pour les virer du centre de Paris parce qu’ils faisaient taches dans leur camping sauvage en face de leur « plage » ou sous leurs fenêtres. Enfin, en cette fin d’année, ils y vont de leurs sournoiseries habituelles pour tenter de discréditer une association de bénévoles, les Enfants de Don Quichotte, qui vient d’attirer de façon spectaculaire l’attention du grand public et des pouvoirs du même nom sur le sort des sans logis. Comme on le voit, les dégueulasses ne sont pas forcément les pouilleux, ni ceux de la photo !

JOUR DE PLUIE

((/images/Cargo.jpg|cargo|C)) Aujourd’hui, ma petite oiselle m’a appelé, affolée. — Papa, tout à l’heure, je suis tombée sur le quai du métro. Il y avait plein de monde qui descendait de la rame. Ils sont passés sans me voir, sans s’arrêter. N’ont même pas vu mes béquilles. Mon oiselle a vingt ans, vaillante et amoureuse autant que faire se peut. Mais voilà, en ce moment, elle a un problème à une jambe — ne me demandez pas quoi, même le gratin de la médecine ne sait toujours pas. Depuis un an, elle marche avec des béquilles, tire sa jambe et sa douleur. — Juste avant, à la FNAC, je faisais mes courses de Noël. Il y avait foule. J’ai voulu passer par la caisse dite « prioritaire ». Les gens dans la queue n’ont pas voulu. Ils ont dit qu’eux aussi attendaient depuis longtemps.

LENDEMAIN DE FÊTES

((/images/artifice.jpg|feu d’artifice|L)) Vous vous rappelez, le film de Jacques Tati,  »Les Vacances de M. Hulot » ? Il se terminait en apothéose par un feu d’artifice ravageur, suite à une mèche allumée par inadvertance par le héros. Eh bien, c’est grosso modo ce qui arrive à notre paysage politique et médiatique. Le pétard ravageur, c’est le non du référendum de 2005. Il a commencé par cramer sérieux la suffisance de nos institutions politiques officielles de droite (PS compris). Il a calciné la certitude des médias du microcosme gonflés d’importance. Voilà qu’il enflamme maintenant la gauche « antilibérale », je veux parler des vieux appareils chenus, ceux qui pensaient retrouver là une seconde jeunesse et se hisser en haut du mât de cocagne, poussés au cul par des collectifs providentiels.

LES VALEURS

((/images/Philippe_Petain.jpg|Pétain|L)) Il y a un phénomène symptomatique : une bonne partie de la prochaine campagne présidentielle des candidats adoubés par les médias officiels, s’engage résolument sur le thème des valeurs. C’est marrant, la dernière branche à laquelle se raccroche toujours un monde qui s’effondre, c’est à ses sacro-saintes « valeurs ». Comme dans les vieux films de gangsters où les voyous et les tueurs, avant de tomber sous les rafales des gangs adverses, ne juraient que par le sens de l’honneur, la loi du milieu, la fraternité du sang.  »Travailler plus pour gagner plus … revaloriser le mérite … ré instaurer un ordre juste … restaurer l’autorité parentale au sein de la famille… » En résumant, on tombe pile-poil sur le TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE si cher au Maréchal Pétain. Ragoûtant !

PETITE VUE PANORAMIQUE DU CHAMP DE BATAILLE

((/images/Beit_Hanoun.jpg|Beit Hanoun|L)) Il y a une image qui me hante. Le corps de ces deux femmes palestiniennes s’effondrant sous les balles anonymes de tireurs israéliens à Beit Hanoun dans la bande de Gaza. Je me fous totalement des sinistres prétextes avancés par les assassins et relayés d’abondance par leurs thuriféraires occidentaux :  » »Elles faisaient rempart de leur corps »… « il y avait des hommes déguisés en femme parmi elles » »… Conneries ! Regardez [cette vidéo|http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=36295] et vous constaterez par vous-même. Je me rappelle le film de Spielberg,  »La Liste de Schindler », je crois. On y voyait un SS très beau, très bien fait de sa personne, abattant de sa fenêtre à la carabine, sans autre motif que sa propre folie, le prisonnier (ou la prisonnière, je ne sais plus) d’un camp nazi. Même impression d’écœurement glauque. De celles qui vous retournent le ventre quand vous constatez que les êtres humains ne s’appartiennent plus.

L’IMAGE DÉCHIRÉE

((/images/bus.jpg|bus brûlé|L)) Alors voilà, les mouvements de révoltes resurgissent en banlieues. Et à chaque fois, ce sont les mêmes réactions de désarroi et d’effroi, les mêmes tourbillons d’incompréhension, de colère, de condamnations sans appel. Pourquoi ? Oui, pourquoi s’attaquer ainsi à son propre territoire, s’en prendre à ses propres services publics, faire des victimes parmi la population de sa propre communauté, comme cette malheureuse jeune fille gravement brûlée dans l’incendie criminelle d’un autobus à Marseille ? Pourquoi ? Je suis étonné de cet étonnement. Ces explosions de violences, qualifiées de « gratuites » par beaucoup, ont toujours été endémiques à tous les ghettos du monde, des favelas brésiliennes au Bronx américain, en passant par les Soweto sud-africains et bien d’autres. Nul n’y échappe jamais.