HORS DU CADRE

((/images/playtime.jpg|cadre|L)) À la fin de chaque été, avec mes collègues non sédentaires de province comme moi, nous nous rendons à ce qu’ils appellent dans mon entreprise, les « séminaires de rentrée ». Nous y croisons nos collègues du siège social parisien. À chaque fois, je suis stupéfait par les codes et les rituelles qui régissent la vie de ces étages de bureaux. Et auxquels tous se soumettent.

LE SOCLE COMMUN DES CONNAISSANCES ET DES COMPÉTENCES

Voici venu le temps de la rentrée des classes. À ce propos, savez-vous ce qui conditionne tous les programmes que vont ingurgiter vos marmousets ? Figurez-vous que je viens incidemment de tomber sur le poulet et sur son édifiante histoire. Ça s’appelle __ »le socle commun des connaissances et des compétences »__. Tout un programme !

CRÉPUSCULE D’ÉTÉ

((/images/crepuscule.jpg|Crépuscule|C))%%% L’été maussade aborde sa dernière phase. Chez nous, entre vents mauvais, tornades de pluie et températures  » »en-dessous des normales saisonnières » ». Ailleurs, entre cyclones ravageurs, canicules meurtrières et incendies dévastateurs. Au milieu de tout ça, l’esquif humain tangue dangereusement.

MAI 68

((/images/Mai68.jpg|Mai 68|L)) Je voudrais vous parler de Mai 68. Jusqu’à présent, je ne l’ai jamais fait que de façon fugace, éparse. Je n’ai pas souvenir d’avoir rien lu, ni rien entendu qui traduise le formidable déluge d’émotions que je ressentis à cette époque-là. Aucune des nombreuses analyses, pour pertinentes et fines qu’elles soient, n’est parvenue à m’en rendre l’intensité. Pourquoi une telle explosion vous laisse-t-elle ainsi sans voix quarante années durant ? Je me rends compte que ce sujet remonte peu à peu à la surface, que l’écriture de ces « chroniques d’un voyageur à domicile » n’en sont qu’une patiente tentative d’apprivoisement.

VIE PUBLIQUE, VIE PRIVÉE

N’allez pas croire, parce que j’ai consacré mes derniers billets à essayer de dégager un petit espace vital vivable pour moi-même et ma meute à l’écart de la grisaille ambiante, que j’en oublie la chose publique. Non, comme le chat assoupi sur un arbre sous un rare rayon de soleil, mieux vaut ne pas quitter de l’oeil ce qui se passe alentour. Vu le déroulement de la chose publique en question, les aguets sont d’extrême rigueur !

CAMPING

((/images/camping.jpg|Martin-Pêcheur|L)) Ma mioche, la petite dernière pour la route, s’est mise en tête de faire artiste de cirque. Une idée fixe et obstinée. Si encore lui suffisaient les trois heures de cours hebdomadaire annuel, à quatre-vingt kilomètres du nid familial, où je passe mon temps à l’attendre. Mais non, il lui faut aussi des stages d’été. Encore plus loin. Et sans hébergement sur place. Voilà pourquoi, une semaine de juillet polaire durant, je me suis retrouvé, tout seul avec mon acrobate, en camping dans une bourgade alanguie du Poitou.

LA NATURE

((/images/Paul dans sa vie.jpg|Paul dans sa vie|L)) J’achète mon fromage blanc, ma crème fraîche et une bonne partie de mes légumes chez des fermiers bio d’une bourgade voisine. Le soir, après la traite des vaches, ils ouvrent boutique dans une toute petite pièce à peine éclairée par une ampoule blafarde. Parfois, un boulanger, bio lui aussi, vient y laisser en dépôt quelques miches. Ce soir-là, la discussion battait son plein entre la fermière, le fermier et le boulanger. On y parlait nature, naturellement. Le boulanger bio n’avait pas de mots assez durs pour ses congénères.

PLAISIRS ET DÉSESPOIR

Dans les commentaires de mon [précédent billet|http://www.yetiblog.org/index.php?2007/06/20/174-quelques-instants-de-plaisirs] sur la quête du plaisir et les dessins que j’en tirais, d’aucuns, dont mon ami [Petaramesh|http://petaramesh.org], se sont déclarés incapables de céder aux joies du plaisir dans un contexte socio-politique aussi désastreux. Et d’invoquer, qui l’élection de Sarkozy, qui la dernière saillie de Ségolène Royal. La question mérite d’être posée tant elle revient en boucle dès lors qu’on aborde le sujet : doit-on se réjouir ou se désespérer des « petits » bonheurs au nom de la désolation du monde ?

QUELQUES INSTANTS DE PLAISIRS

((/images/Plaisirs.jpg|plaisirs|L)) Il y a quelques années, un jour anniversaire où je franchissais une énième décennie, à une époque où je m’en formalisais encore, je décidai de me lancer dans un recueil de dessins consacrés aux quelques inestimables instants de plaisirs que je supposais me rester. L’idée me vint dans le bar qui me servait alors de cantine. Ce jour-là, à une table écartée, une dame d’un âge certain contemplait avec un ravissement confondant une glace recouverte de crème chantilly sur laquelle trônait un imposant fruit rouge…

REVANCHE DE l’ÉLITE OUTRAGÉE

((/images/euroblog.jpg|quatremer|L)) Ils n’en pouvaient plus ! Fallait vraiment que ça sorte, depuis le temps qu’ils ravalaient leurs aigreurs. Un os leur restait en travers de la gorge : la victoire du non au référendum de 2005. Moins de deux jours après la fin des législatives, c’est fait, un certain Quatremer,  » »journaliste à Libération » », vient de le ronger à belles dents vengeresses dans un article intituté  »[L’Europe des chefs d’État|http://www.liberation.fr/rebonds/262039.FR.php] » (Libération du 19 juin 2007).

GUEULE DE BOIS

((/images/ivresse 1.jpg|ivresse|L)) Les socialistes ont remporté le second tour des législatives ! Non, sérieux je rigole ! Mais c’est l’impression qu’on pourrait avoir à en croire le flot des commentaires qui nous inondent depuis le 17 juin à 20 heures. C’est étonnant ce refus d’envisager une réalité dans son ensemble, pour n’en garder que quelques éclats avantageux.

UNE BOUFFÉE D’AIR

((/images/fin de partie.jpg|fin de partie|L)) Bon, ça y est, c’est (presque) fini. Les carottes sont cuites. Le pays a le président qu’il mérite. Le président a la chambre qu’il voulait, genre suite royale. Et nous, nous allons essayer de soigner notre mauvaise gueule de bois des lendemains de fêtes foireuses. Une bouffée d’air s’impose et vite…

L’ABSTENTION, UN ACTE POLITIQUE OFFENSIF

Certains avancent que l’abstention est une injure à ceux qui se sont battus et se battent encore pour obtenir le droit de vote. Pour ma part, je prétends qu’on ne peut s’abstenir que si le droit de vote a été acquis préalablement. C’est pourquoi je revendique le droit de voter librement pour ceux qui me représenteront. Et celui, tout aussi libre, de m’abstenir si aucun des candidats ne me convient.

LES VOLEURS DE POULES

Il y a quelques temps, V… s’est vu retirer son permis de conduire lors d’un contrôle routier au sortir d’une « teuf » un peu allumée : saisie sur elle de quelques grammes de canabis et d’une pincée de coke. Jugement, confirmation du retrait de permis, peine de vingt jours de prison avec sursis. Mais V… travaille, n’a jamais cessé de travailler. Ménages, garde de personnes âgées. Sans sa voiture, pas de « taf », pas d’argent pour vivre. V… s’est fait pincer par la maréchaussée pour conduite sans permis. Chute du sursis, vingt jours de prison ferme. Ce matin, V… nous a annoncé qu’elle était convoquée par le juge d’application des peines pour purger la sienne.  » »Prière d’apporter votre nécessaire de séjour. » »

LA FIERTÉ DU COUREUR DOPÉ

((/images/chute.jpg|chute|L)) Le coureur Bjarne Riis, vainqueur du Tour de France 1996, vient de reconnaître qu’il se dopait à l’EPO. Il n’est pas le premier à se répandre ainsi en confidences. C’est même une véritable hémorragie en ce moment. En vérité, ces révélations n’apprennent pas grand chose tant on  »savait » depuis longtemps. Justement, ce qui retient ici mon attention, c’est la réaction de tous ceux qui  »savaient », la réaction du grand public devant ces aveux.

LA LETTRE DE GUY MÔQUET

((/images/Guy Moquet.jpg|Guy Môquet|L)) Il a fait très fort notre nouveau président lorsque, à peine passée son élection, il a annoncé sa première décision : faire lire dès la prochaine rentrée scolaire à tous les lycéens de France la bouleversante lettre d’adieu de Guy Môquet* à sa famille. Du coup le malin, toujours en période de séduction jusqu’aux législatives, a bouclé le bec à ses opposants qui ne savent pas trop comment réagir face à une initiative aussi peu contestable. Sans doute auraient-ils pu faire remarquer que ce n’est pas dans la famille d’un quelconque résistant survivant genre Aubrac, Germaine Tillion, Lise London ou l’allemand Stéphane Hessel, que notre vibrionnant président avait choisi d’aller se reposer. Non, déjà privatisé sitôt élu, il leur a préféré le yacht luxueux d’un célébrissime héritier du grand patronat français.

LES « TRAÎTRES »

((/images/Sarko Kouchner.jpg|shake-hand|L)) L’affaire des transfuges de « gauche » dans le premier gouvernement Sarkozy, suscitent l’indignation des uns, les sarcasmes des autres, la compréhension un brin compatissante des plus indulgents. Sans doute, ne mérite-t-elle point tant d’opprobres, juste quelques sourires amusés devant un de ces petits travers humains si répandus quand il s’agit de pouvoir et de gloire. Au bout du compte, ne sont mis dans la gêne que les « renégats » eux-mêmes. Et les naïfs qui croient toujours au père Noël.

LE LEVER DU JOUR

((/images/lever du jour.jpg|lever du jour|L)) Le matin dans une maison, je mets toujours un point d’honneur à être le premier debout. J’aime attendre le réveil des autres occupants. Dans ma maison, il y a des proches, des amis, mais aussi, souvent, des voyageurs de passage inconnus. Après quelques longs instants de patience (le café est prêt, la table du petit-déjeuner est mise), les voici qui s’avancent, le cheveu en bataille, la paupière lourde, l’empreinte de l’oreiller sur la joue, l’odeur encore prégnante sur leur peau des draps chauds de la nuit.

LE POÈTE EXEMPLAIRE

((/images/Char.jpg|le sourire de René Char|L)) S’il y a une chose que je déteste par-dessus tout, c’est de me laisser engluer dans les lamentations et les déplorations lors des traversées de mauvaises passes. À l’issue de cette pénible élection présidentielle, il fallait passer tout de suite à autre chose. Je me suis replongé dans la lecture tonifiante des textes de René Char.