SALUT À TOI !

((/images/Salut.jpg|salut a toi !|L))Voilà les vacances ! Un rituel qui ne profite pas forcément à tout le monde, je sais, loin de là. Mais une petite période qu’on peut mettre à profit pour faire un tout petit pas de côté. Un break régénérant loin de la grisaille du monde des tristes. Une sarabande endiablée de la meute. Juste pour recharger les accus. Et se sentir complètement invincibles. Au moins l’espace d’un court instant. Hors de la portée des flèches imbéciles que détournent nos rires.

JULIA

((/images/Julia.jpg|Julia|L)) La première chose qui vous saute aux yeux, c’est les oreilles. Et les mains. Tout est déjà là, si clairement dessiné que vous en restez étourdi, estomaqué. Les lobes, les replis, les délicats ourlets, les marques savantes des jointures de doigts… Et ces lignes, déjà, oh ces lignes au creux de la paume qui feront plus tard les délices des voyantes vénales et des amoureux transis ! La petite Julia est née.

LE BLOCKHAUS ASSIÉGÉ

((/images/manouches.jpg|manouches|L))L’Europe, la généreuse et tolérante Europe, vient de se doter sans honte d’une loi visant à enrayer la ruée des pauvres sur les vestiges d’une splendeur déjà passée. À l’instar du défunt empire romain, nous en sommes réduits à essayer de nous dresser contre les “invasions barbares” qui se pressent à nos portes. C’est à chaque fois le même fiévreux symptôme : quand les choses tournent mal, quand leur petit monde se lézarde, quand tout ce à quoi ils pensaient se raccrocher mord la poussière, les “puissants” (et leurs suivants qui pensent l’être ou rêvent de le devenir) rentrent dans leur coquille, prêts à mordre quiconque ferait mine de la menacer.

LENTE MATURATION

((/images/Maturation.jpg|manif|L))De multiples foyers de protestations éclatent aux quatre coins du pays. Plus un jour sans sa manif, sa grève. Toutes ont la même source (la totale destruction de l’outil social, hérité de 1936, 1945 et 1968, qui faisait l’originalité de notre organisation économique). Mais chacun a ses revendications particulières, ses exigences propres, qui parfois contredisent celles de l’autre, s’y opposent. Qui contre des charges fiscales “trop lourdes”, qui contre la réforme des ports, contre le fuel trop cher, contre les quotas de pêche, contre la suppression des trente-cinq-heures et du code du travail… Éparpillement des colères et des désarrois.

CINQ RAISONS D’EXÉCRER L’UNION EUROPÉENNE

Depuis la branlée irlandaise, les tenants du “oui” européen ne tarissent pas d’aigreur contre ceux qui ont cru bon de tirer un bras d’honneur à la bouillie “constitutionnelle” qu’on prétendait leur imposer. Les arguments les plus vicieux contre les salauds de “nonistes” défilent en chapelet : ingratitude, égoïsme, trouille, archaïsme réac, refus de la “modernité”… J’en passe et des plus minables. Contentons-nous d’opposer à ce délire cinq raisons simples qui devraient conduire tout être humain dignement constitué à botter le cul de leur détestable édifice.

BALLADE IRLANDAISE

((/images/ballade irlandaise.jpg|NO|L)) Purée, la pile qu’ils se sont encore prise ! Jusqu’au bout, leurs sondages avaient claironné la victoire de leur “oui”. Puis avaient un peu bafouillé au dernier moment : euh… bon… ça va être ricrac. À moins de 50 % de participation, le “non” des gueux a ses chances ; à plus de 50%, ça devrait le faire pour notre “oui” lumineux. Résultat : 53% de votants et 53,4% pour le “non” ! La rouste.

«Je fais appel à la conscience des députés européens…»

”(Je relaie ici bien volontiers le texte remarquable qui suit, publié ce 13 juin 2008 dans les pages [Rebonds|http://www.liberation.fr/rebonds] du quotidien Libération – Le Y)” Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe était un continent d’émigrants. Des dizaines de millions d’Européens partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes. Aujourd’hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite «directive retour». Ce texte, validé le 5 juin par les ministres de l’Intérieur des 27 pays de l’Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu’il durcit de manière drastique les conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier, quelque ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.

IL Y A DES JOURS COMME ÇA…

((/images/intraday_1rPCAC_6.gif|CAC|L))Quand on ne se trouve pas immédiatement dans le cœur de la tourmente, les cataclysmes brutaux ont quelque chose d’irréels, de trop proprement incroyables pour qu’on en ressente physiquement, sur l’instant, la gravité. C’est pourtant à de véritables cataclysmes que nous venons d’assister le 6 juin 2008.

CHRONIQUE ORDINAIRE DU GRAND BANDITISME

((/images/banditisme.jpg|banditisme|L)) Figurez-vous que notre Assemblée nationale va, après la loi OGM et la réforme des institutions, s’attaquer à un projet de loi dit, sans rire ni pleurer, ”Loi de “Modernisation” Économique” (”LME”). En gros, une énième embrouille grossière qui consiste en un texte de 44 articles d’après lequel, en s’appuyant sur des espoirs fous de croissance ressuscitée et sur une explosion fantasmée des offres d’emplois, on débouchera “forcément” sur “plus de pouvoir d’achat” , ce désespérant miroir à gogos qui maintient les veaux sous perfusion.

UN RAPPORT DOUTEUX

Je voudrais revenir sur [le rapport|http://kinoks.org/spip.php?article288] d’un certain F. William Engdhal, qui circule actuellement sur tout le web, et tendrait à démontrer que la crise pétrolière actuelle relève d’une pure et simple spéculation capitaliste. D’un complot ourdi par les puissants, d’une machine infernale qui désarme d’avance tous nos espoirs de chute d’un système honni. La lecture de cette analyse laisse pourtant dubitatif sur bien des points. Examinons ceux-là en détail.

MAI 2008, UN TOURNANT DÉCISIF

Mai 2008 s’achève et déjà nous pouvons savoir qu’il représentera une rupture capitale dans notre histoire. Sans doute pas celle que nous disions espérer avec une once d’ironie en évoquant Mai 68. Mais un tournant décisif dans la déchéance de l’Empire. Insensiblement, avec cette crise profonde du pétrole, nous abordons la dernière phase du sabordage final. Nous n’avons plus d’autre choix que d’essayer d’être les maîtres de notre destinée. Tout de suite.

QUEUES DE LOTTES

Avec le problème actuel du prix du pétrole (+12,54 % en 30 jours, + 101,22 % en un an), je crois que nous venons d’entrer dans une nouvelle phase, sans doute décisive, de la lente — trop lente, je sais ! — dégringolade de l’Empire. Car ce n’est plus en périphérie que celui-ci est atteint. Aux yeux du système, le chômage, la précarisation de la population, les problèmes comme ceux de la faim ou de la misère touchent des acteurs “périphériques”. Mais dans le cas présent, comme pour la crise financière qui poursuit ses ravages, la crise du pétrole touche le système au cœur.

SOURCE VIVE

((/images/JournalManchette1966-1974.jpg|Manchette|L)) Je viens de terminer le ”Journal” de Jean-Patrick Manchette, que son fils, Doug Headline, vient de faire paraître. Lu ce pavé (640 pages) d’une traite haletante. Jean-Patrick Manchette était un peu plus âgé que moi (huit ans). Mais tout au long de la lecture, j’ai eu l’impression que nos pas avaient emprunté les mêmes traces, parfois au même moment, à une heure près. Mêmes lectures, mêmes films, mêmes endroits de prédilection, mêmes décors, mêmes évènements… Je ressors de cette lecture passionnante avec une impression étrange de vide, d’ébullition interrompue trop brutalement. Impression de manque presque physique, comme celle d’un fumeur arrêtant la cigarette.

LA RÉVOLUTION EST COMMENCÉE

Difficile de ne pas être interpellé par la multiplication exponentielle des catastrophes naturelles qui frappent l’humanité au sang : cyclone en Birmanie suivie de pluies torrentielles (plus de 130.000 morts, des millions de sinistrés), séismes à répétition en Chine (plus de 50.000 morts, des millions de sinistrés), vague brutale de tornades aux USA (22 victimes le 10 mai 08), tempête de sable meurtrière dans le nord de l’Inde (45 morts le 14 mai 08), violents orages et averses de grêle dans le nord-ouest, le nord et le sud-ouest de la France (15 mai 08)…

CRÉATION

((/images/Etonnants voyageurs.jpg|Etonnants voyageurs|L)) Week-end à Saint-Malo pour la dix-neuvième édition du festival ”[Étonnants Voyageurs|http://www.etonnants-voyageurs.com]”. Un temps de rêve, un soleil incitant le visiteur nonchalant à relâcher avec volupté et sans l’ombre d’une pudeur son petit ventre débonnaire. Déambulé dans les allées des exposants sous la grande tente montée pour l’occasion comme chaque année le long du quai. Un peu assommé, une nouvelle fois, par la pléthore d’ouvrages proposés, par la quantité d’auteurs quêtant le passant pour une dédicace.

LE POIL DE LA BÊTE

J’avoue qu’en ce moment, il faut avoir le moral bien accroché pour se sentir un ”mental de résistant” (pour reprendre l’expression de Grand Corps Malade). Et, à en croire mes visites journalières sur leurs derniers billets, ça ne m’a pas l’air non plus d’aller au mieux chez mes potes de la blogosphère. Notre colère s’est muée en cris de désespoir et d’impuissance. Sensation de tourner en rond, de rabâcher en pure perte. D’aucuns rentrent dans leur cocon. D’autres réduisent le rythme de leurs parutions. Certains abandonnent et passent à autre chose. Je comprends d’autant mieux cette détresse que je ne me sens guère plus fringant.

“MON MEILLEUR COPAIN”

((/images/aborigene.JPG|peinture_aborigene|L)) Je viens de relire l’excellent ouvrage de Bruce Chatwin, ”Le Chant des pistes” (éd. Grasset & Le Livre de poche), consacré aux Aborigènes d’Australie et aux chants avec lesquels ceux-là tracent leurs pistes dans le désert. On trouve dans ce livre essentiel de judicieuses considérations sur ce qui sépare le sédentaire du nomade. Justement, un “nomade”, il y en a un dans la rue principale de ma petite ville, le jour du marché…

EUPHORIE

En avril, les places boursières mondiales ont un peu repris du poil de la bête. Loin encore de revenir à leur niveau du début de l’année, cahin-caha et avec des dents de scie impressionnants, mais disons qu’elles ont un peu enrayé la dégringolade. Ça m’a étonné. Aucun indicateur économique, aucune prévision ne justifiait cette soudaine bouffée d’euphorie. Je me suis penché sur la question pour en comprendre les raisons.

REPRISE

((/images/reprise.jpg|Reprise|L))Demain, 1er mai ! Ça y est, c’est vraiment l’anniversaire de Mai 68 ! Qu’est-ce que vous diriez d’une petite facette décalée, un brin émouvante, comme ça en passant, des fameux “évènements” ? En voici une filmée sur le tas par des étudiants en grève de l’IDHEC (Institut des Hautes Études Cinématographiques) le 10 juin de la même année brûlante. Le titre : ”Wonder Mai 68”. Tout un poème ! Le précieux joyau fut repris vingt-huit ans plus tard par le cinéaste Hervé Le Roux dans son film ”Reprise”. Accrochez-vous, on est parti. D’abord, une petite intro de présentation pour la mise en bouche…