MAI 08, LE MANIFESTE

Mai 08Vous allez voir, on ne va pas tarder à commencer à commémorer le quarantenaire de Mai 68. Les anciens nostalgiront, les faux-culs de l’époque n’en finiront pas de justifier leurs trahisons, et les abrutis revanchards du pouvoir continueront de proclamer leur volonté de « liquider l’héritage ». Laissons-les mariner et préparons plutôt notre MAI 08.

Parce qu’au rythme où va la déconfiture actuelle, parions que cette année de dingues ne va pas rester sans réactions cuisantes. Je ne sais ce que seront ces « évènements », ni même s’ils auront lieu en mai, mais point ne faut regarder bêtement passer le train. Allez hop, allons-y de notre

MANIFESTE !

LE BOUILLON

((/images/SG.jpg|le PDG marri|L))Dans l’incroyable succession de scènes au ralenti que nous offre le peplum-catastrophe sur l’effrondrement de la tour néo-libérale mondiale, voici un nouvel épisode qui nous touche particulièrement. Avec les pertes considérables de la Société Générale, c’est tout le système bancaire français qui est salement touché. Sept milliards d’un coup, mazette, c’est plus de la moitié du trou de notre sécu et cinq plans d’urgence pour les banlieues ! Passons tout de suite sur une invraisemblance hautement comique du scénario : le canular du  »trader » indélicat.

KRACH BOURSIER 2. quelques lueurs pour l’avenir

((/images/Krach3.jpg|reflexion|L))Sur les décombres fumantes d’un système, plutôt que de se lamenter, essayons de commencer à dessiner les contours d’une reconstruction. Balayons d’un revers de main les vieilles toupies archaïques du passé, de droite comme de gauche, faisons fi des croyances et lubies du moment, et essayons d’examiner sereinement quelques points essentiels, quelques mesures cruciales, à la lueur du simple bon sens.

KRACH BOURSIER 1. la sanction d’une dérive

((/images/Krach2.jpg|lundi noir|L)) »Préambule : je recopie ici [une tribune|http://www.rue89.com/2008/01/21/krach-boursier-la-sanction-dune-derive] également publiée sur Rue 89 le lundi noir du 21 janvier 2008. Les lecteurs de ce blog n’y seront guère surpris. Ils y découvriront résumés, parfois mot pour mot, quelques points bien souvent traités ici, mais synthétisés pour le citoyen lambda, tant il est nécessaire que chacun comprennent (enfin !) la très simple situation socio-économique mondiale actuelle. » Nous y voilà. Lundi 21 janvier 2008, le krach boursier, qu’on sentait menaçant, vient d’avoir lieu. Et rien qui permette d’envisager une inversion à court ou à moyen terme. Les « petits actionnaires » paniquent, les spécialistes s’affolent, essaient de sauver la face en (se) rassurant à grands coups d’hypothèses savantes. Rien n’y fait, la machine est durablement enrayée, compromettant tout l’édifice économique mondiale.

2008, ANNÉE EXPLOSIVE ?

((/images/Krach.jpg|krach|L))Voici deux documents passionnants transmis par mon ami Christophe84. Ils éclairent crûment ce que risque fort d’être l’année 2008. Ils n’ont pas été extraits de quelconques blogs gauchistes, mais émanent de sites hautement pointus, genre [Boursorama|http://www.boursorama.com] ou [Newzy.fr|http://newzy.fr], là où des spécialistes échangent des infos que les médias du cénacle ne divulguent jamais. À voir et à diffuser sans modération…

LE MOMENT DE VÉRITÉ

((/images/Nasdaq.jpg|Nasdaq|L)) Eh bien voilà, nous y sommes ! Les bourses, places fortes où d’aucuns jouent leurs magots comme au casino, sont en train de dévisser sérieux. La machine est enrayée, compromettant tout le système. Ça commence à s’alarmer drôlement dans les milieux autorisés et dans les médias du cénacle. Que de commentaires interloqués ! Que d’analyses ébaubies ! Quoi ? Comment ? NOUS ? Est-ce possible ?

LIBÉRATION

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Ce jeudi soir, je suis tombé sur la libération, filmée en direct par la télévision vénézuélienne, des deux otages colombiennes, Clara Rojas et Consuelo Gonzalez. Ainsi donc, c’était fait ! Que de péripéties, que d’exacerbations, que d’emportements, que de commentaires enflammés et d’oracles définitifs (et faux) avant ce dénouement heureux !

Heureux, oui, vraiment. Les images qui défilaient sur l’écran ne correspondaient pas à ce que je m’étais imaginé, à ce qu’on m’avait incité à attendre.

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DÉRAPAGE INCONTRÔLÉ

((/images/derapage.JPG|derapage|L))Cher José, Troisième jour de grève de la faim déjà. Vous devez avoir un sacré creux, toi et tes potes. J’ai lu de ci de là que certains tentaient de vous tourner à l’ironie, d’y aller de leurs insinuations perfides sur un « possible coup médiatique ». Te bile pas, les gens sont comme ça, prompts à rabaisser ceux qui, par leurs actes, mettent en lumière leur cruelle impuissance à eux, leur incurable pusillanimité.

PATAQUÈS CHEZ LES GROS RICHES

Cher José Bové, J’apprends que tu viens d’entamer une grève de la faim avec quelques compagnons pour obtenir la signature de la clause de sauvegarde promise interdisant la culture du maïs OGM. J’ai lu que vous aviez soigneusement préparé cette grève, en vous lavant l’appareil digestif, passant des saucisses à la soupe de légumes. Sûr que c’est sérieux une grève de la faim, que ça va vous prendre tout votre temps, toute votre énergie, dans votre caravane au pied de la Tour Eiffel. Ben justement, moi, je me propose de te tenir régulièrement au courant de ce qui se passe dans le reste du monde comme il va. Allez hop, je commence…

LE PLATEAU DE FRUITS DE MER

((/images/Tatihou.jpg|Tatihou|L)) Rien ne devrait nous ébranler. La terre pourrait s’écrouler autour de nous, le sable se dérober sous nos pieds, notre compte en banque hurler à l’agonie, ça ne devrait rien changer : il faut continuer à manger avec délectation. Aujourd’hui midi, allez hop, profiteroles d’escargots à l’andouille de Vire dans sa crème chaude de camembert, plus un rognon de veau grillé* pour faire oublier la froidure de l’hiver.

AU BORD DU GOUFFRE

 » »Nous risquons une crise de 1929 … Nous sommes au bord d’une récession … En quelques mois, nous sommes passés d’une économie de l’euphorie à une économie de panique. » » Non, ce n’est pas un altermondialiste qui livre ces lugubres prédictions. Ni un ex-stalinien soiffard au comptoir du bistrot des illusions perdues. Mais Jacques Attali, mitterrandien bon teint émigré de fraîche date en Zébulonnerie fervente. Et ce n’est pas dans les pages intérieures du journal l’Humanité qu’on les trouve, mais à la une du Journal du Dimanche (daté du 17/12/2007), feuille dominicale confite en dévotion appartenant à l’héritier Lagardère.

L’EUROPE, UNE IDÉE MORTE

((/images/Europe.jpg|Europe|L)) » »A l’opposé d’un cartel international tendant à la répartition et à l’exploitation des marchés nationaux par des pratiques restrictives et le maintien de profits élevés, l’organisation projetée » (l’Union européenne)  »assurera la fusion des marchés et l’expansion de la production. » » Voilà ce qu’écrivait Robert Schumann dans la [déclaration fondatrice|http://europa.eu/abc/symbols/9-may/decl_fr.htm] de ce qui était encore alors une idée généreuse. La même déclaration précisait :  » »L’une de ses tâches essentielles: le développement du continent africain. » » Comme on peut le constater, ces ambitions sociales et humanistes ont tourné au fiasco. L’Europe est une idée durablement morte.

UN ESSOUFLEMENT QUI NE MANQUE PAS D’AIR

((/images/manif2.jpg|manif|L))Ce matin sur France Inter, ô surprise, on nous annonce en catimini que trente-cinq universités (sur quatre-vingt) sont encore plus ou moins  » »bloquées ou très perturbées » ». Mais dites-donc, je croyais qu’il s’essoufflait, ce mouvement ! Tellement à court d’oxygène, nous laissait-on entendre, que plus aucun des médias bien en cours n’en pipait mot. Sauf ce matin. J’en reste bouche bée.

VENTS MAUVAIS

((/images/Aigrettes.jpg|aigrettes|L)) Dans un des arbres bordant le marais, on distingue d’étranges silhouettes blanches. L’œil averti reconnaîtra un petit groupe d’aigrettes garzettes s’abritant des vents mauvais du large. Arbres, buissons, joncs des marais, passants égarés sur la digue, ploient et frissonnent sous la bourrasque. Mais les points blancs, eux, ne bronchent pas d’une plume. Au milieu du déchaînement, ces cousins marins du héron ont su trouver sans coup férir le seul refuge qui les protège de la furie.

VIVRE TUE

Dans moins d’un mois maintenant, il sera interdit de fumer dans tous les lieux publics. Gueule du café-tabac-PMU où je vais chaque matin acheter mon journal. Et qui vous flingue d’entrée sous les relents de nicotine et de cendres froides. Une feuille à grands carreaux arrachée dans un cahier et scotchée sur le miroir derrière le comptoir, clame son indignation :  » »LAISSEZ-NOUS FUMER ! » »

LE DOUDOU

((/images/doudou.jpg|doudou|L)) Marre ! Ah non, vraiment marre de la chose publique, de la politique, de ce merdier saumâtre dans lequel nos tristes communautés humaines sont en train de s’enfoncer ! Envie impérieuse, furieuse, de se raccrocher à des branches bien solides, à la vie tout court. Tiens, je vais vous raconter une expérience peu commune que j’ai faite avec une de mes filles, du temps où sa vie dépendait encore entièrement d’un objet difforme, gluant de salive et puant : le doudou.