VIE PUBLIQUE, VIE PRIVÉE

N’allez pas croire, parce que j’ai consacré mes derniers billets à essayer de dégager un petit espace vital vivable pour moi-même et ma meute à l’écart de la grisaille ambiante, que j’en oublie la chose publique. Non, comme le chat assoupi sur un arbre sous un rare rayon de soleil, mieux vaut ne pas quitter de l’oeil ce qui se passe alentour. Vu le déroulement de la chose publique en question, les aguets sont d’extrême rigueur !

CAMPING

((/images/camping.jpg|Martin-Pêcheur|L)) Ma mioche, la petite dernière pour la route, s’est mise en tête de faire artiste de cirque. Une idée fixe et obstinée. Si encore lui suffisaient les trois heures de cours hebdomadaire annuel, à quatre-vingt kilomètres du nid familial, où je passe mon temps à l’attendre. Mais non, il lui faut aussi des stages d’été. Encore plus loin. Et sans hébergement sur place. Voilà pourquoi, une semaine de juillet polaire durant, je me suis retrouvé, tout seul avec mon acrobate, en camping dans une bourgade alanguie du Poitou.

LA NATURE

((/images/Paul dans sa vie.jpg|Paul dans sa vie|L)) J’achète mon fromage blanc, ma crème fraîche et une bonne partie de mes légumes chez des fermiers bio d’une bourgade voisine. Le soir, après la traite des vaches, ils ouvrent boutique dans une toute petite pièce à peine éclairée par une ampoule blafarde. Parfois, un boulanger, bio lui aussi, vient y laisser en dépôt quelques miches. Ce soir-là, la discussion battait son plein entre la fermière, le fermier et le boulanger. On y parlait nature, naturellement. Le boulanger bio n’avait pas de mots assez durs pour ses congénères.

LA VIE D’ARTISTE

((/images/chambre_vincent.jpg|chambre à Arles|L)) Lu dans [Rue 89|http://www.rue89.com], l’interview d’une artiste exposant à Beaubourg*. Titre de l’article, repris d’une déclaration de l’artiste en question :  » »Je voulais créer mon espace à moi. » » Une démarche artistique aux antipodes de ce qui me touche.

PLAISIRS ET DÉSESPOIR

Dans les commentaires de mon [précédent billet|http://www.yetiblog.org/index.php?2007/06/20/174-quelques-instants-de-plaisirs] sur la quête du plaisir et les dessins que j’en tirais, d’aucuns, dont mon ami [Petaramesh|http://petaramesh.org], se sont déclarés incapables de céder aux joies du plaisir dans un contexte socio-politique aussi désastreux. Et d’invoquer, qui l’élection de Sarkozy, qui la dernière saillie de Ségolène Royal. La question mérite d’être posée tant elle revient en boucle dès lors qu’on aborde le sujet : doit-on se réjouir ou se désespérer des « petits » bonheurs au nom de la désolation du monde ?

QUELQUES INSTANTS DE PLAISIRS

((/images/Plaisirs.jpg|plaisirs|L)) Il y a quelques années, un jour anniversaire où je franchissais une énième décennie, à une époque où je m’en formalisais encore, je décidai de me lancer dans un recueil de dessins consacrés aux quelques inestimables instants de plaisirs que je supposais me rester. L’idée me vint dans le bar qui me servait alors de cantine. Ce jour-là, à une table écartée, une dame d’un âge certain contemplait avec un ravissement confondant une glace recouverte de crème chantilly sur laquelle trônait un imposant fruit rouge…

REVANCHE DE l’ÉLITE OUTRAGÉE

((/images/euroblog.jpg|quatremer|L)) Ils n’en pouvaient plus ! Fallait vraiment que ça sorte, depuis le temps qu’ils ravalaient leurs aigreurs. Un os leur restait en travers de la gorge : la victoire du non au référendum de 2005. Moins de deux jours après la fin des législatives, c’est fait, un certain Quatremer,  » »journaliste à Libération » », vient de le ronger à belles dents vengeresses dans un article intituté  »[L’Europe des chefs d’État|http://www.liberation.fr/rebonds/262039.FR.php] » (Libération du 19 juin 2007).

GUEULE DE BOIS

((/images/ivresse 1.jpg|ivresse|L)) Les socialistes ont remporté le second tour des législatives ! Non, sérieux je rigole ! Mais c’est l’impression qu’on pourrait avoir à en croire le flot des commentaires qui nous inondent depuis le 17 juin à 20 heures. C’est étonnant ce refus d’envisager une réalité dans son ensemble, pour n’en garder que quelques éclats avantageux.

UNE BOUFFÉE D’AIR

((/images/fin de partie.jpg|fin de partie|L)) Bon, ça y est, c’est (presque) fini. Les carottes sont cuites. Le pays a le président qu’il mérite. Le président a la chambre qu’il voulait, genre suite royale. Et nous, nous allons essayer de soigner notre mauvaise gueule de bois des lendemains de fêtes foireuses. Une bouffée d’air s’impose et vite…

L’ABSTENTION, UN ACTE POLITIQUE OFFENSIF

Certains avancent que l’abstention est une injure à ceux qui se sont battus et se battent encore pour obtenir le droit de vote. Pour ma part, je prétends qu’on ne peut s’abstenir que si le droit de vote a été acquis préalablement. C’est pourquoi je revendique le droit de voter librement pour ceux qui me représenteront. Et celui, tout aussi libre, de m’abstenir si aucun des candidats ne me convient.

LES VOLEURS DE POULES

Il y a quelques temps, V… s’est vu retirer son permis de conduire lors d’un contrôle routier au sortir d’une « teuf » un peu allumée : saisie sur elle de quelques grammes de canabis et d’une pincée de coke. Jugement, confirmation du retrait de permis, peine de vingt jours de prison avec sursis. Mais V… travaille, n’a jamais cessé de travailler. Ménages, garde de personnes âgées. Sans sa voiture, pas de « taf », pas d’argent pour vivre. V… s’est fait pincer par la maréchaussée pour conduite sans permis. Chute du sursis, vingt jours de prison ferme. Ce matin, V… nous a annoncé qu’elle était convoquée par le juge d’application des peines pour purger la sienne.  » »Prière d’apporter votre nécessaire de séjour. » »

LA FIERTÉ DU COUREUR DOPÉ

((/images/chute.jpg|chute|L)) Le coureur Bjarne Riis, vainqueur du Tour de France 1996, vient de reconnaître qu’il se dopait à l’EPO. Il n’est pas le premier à se répandre ainsi en confidences. C’est même une véritable hémorragie en ce moment. En vérité, ces révélations n’apprennent pas grand chose tant on  »savait » depuis longtemps. Justement, ce qui retient ici mon attention, c’est la réaction de tous ceux qui  »savaient », la réaction du grand public devant ces aveux.

LA LETTRE DE GUY MÔQUET

((/images/Guy Moquet.jpg|Guy Môquet|L)) Il a fait très fort notre nouveau président lorsque, à peine passée son élection, il a annoncé sa première décision : faire lire dès la prochaine rentrée scolaire à tous les lycéens de France la bouleversante lettre d’adieu de Guy Môquet* à sa famille. Du coup le malin, toujours en période de séduction jusqu’aux législatives, a bouclé le bec à ses opposants qui ne savent pas trop comment réagir face à une initiative aussi peu contestable. Sans doute auraient-ils pu faire remarquer que ce n’est pas dans la famille d’un quelconque résistant survivant genre Aubrac, Germaine Tillion, Lise London ou l’allemand Stéphane Hessel, que notre vibrionnant président avait choisi d’aller se reposer. Non, déjà privatisé sitôt élu, il leur a préféré le yacht luxueux d’un célébrissime héritier du grand patronat français.

LES « TRAÎTRES »

((/images/Sarko Kouchner.jpg|shake-hand|L)) L’affaire des transfuges de « gauche » dans le premier gouvernement Sarkozy, suscitent l’indignation des uns, les sarcasmes des autres, la compréhension un brin compatissante des plus indulgents. Sans doute, ne mérite-t-elle point tant d’opprobres, juste quelques sourires amusés devant un de ces petits travers humains si répandus quand il s’agit de pouvoir et de gloire. Au bout du compte, ne sont mis dans la gêne que les « renégats » eux-mêmes. Et les naïfs qui croient toujours au père Noël.

LE LEVER DU JOUR

((/images/lever du jour.jpg|lever du jour|L)) Le matin dans une maison, je mets toujours un point d’honneur à être le premier debout. J’aime attendre le réveil des autres occupants. Dans ma maison, il y a des proches, des amis, mais aussi, souvent, des voyageurs de passage inconnus. Après quelques longs instants de patience (le café est prêt, la table du petit-déjeuner est mise), les voici qui s’avancent, le cheveu en bataille, la paupière lourde, l’empreinte de l’oreiller sur la joue, l’odeur encore prégnante sur leur peau des draps chauds de la nuit.

LE POÈTE EXEMPLAIRE

((/images/Char.jpg|le sourire de René Char|L)) S’il y a une chose que je déteste par-dessus tout, c’est de me laisser engluer dans les lamentations et les déplorations lors des traversées de mauvaises passes. À l’issue de cette pénible élection présidentielle, il fallait passer tout de suite à autre chose. Je me suis replongé dans la lecture tonifiante des textes de René Char.

RÉSEAUX DE RÉSISTANCE

Ça a commencé comme ça devait commencer :  » »Je veux réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l’honneur la nation et l’identité nationale. » » Pas la moindre surprise là-dedans, bien sûr. Ces propos éclairent d’un jour mauvais l’évidence des difficultés qui s’annoncent. Face à ces sombres perspectives, une seule solution : organiser la résistance. Tout de suite.

LA VICTOIRE DES VEAUX

((/images/vache.jpg|tête de veau|L)) ///html

« Ce sont des veaux. Ils sont bons pour le massacre. Ils n’ont que ce qu’ils méritent. »
Charles De Gaulle à propos des Français, début juin 1940, cité par son fils Philippe De Gaulle (« De Gaulle, mon père », Plon)

/// Voilà, on y est arrivé. Un dernier petit sursaut en 2002, une ultime révolte en 2005. Ça se sentait venir comme le nez au milieu de la figure, la majorité a fini par se laisser emporter par ses vieux démons. Retour vers les saintes valeurs. Quelques boucs émissaires pour les petits défoulements aigres. Et, sinistre cerise sur le gâteau, un « guide suprême » depuis dimanche 7 au soir. En route pour le vilain plongeon.

MES CONDITIONS

À l’issue du premier tour des présidentielles 2007, le dimanche 22 avril, en comptant très large, la gauche a péniblement totalisé 10,62 % des suffrages exprimés, répartis sur six candidats. Son plus faible score depuis des années. Ridicule. Pourtant une bataille politique ne s’abandonne pas à la première défaite, un navire ne se quitte pas à la première voie d’eau. Pour ma part, je suis prêt à poursuivre l’aventure vers la recomposition d’une vraie force de gauche sociale, non libérale. Sous quelques conditions.

TEMPS COUVERT

((/images/temps couvert.jpg|temps couvert|L)) Nous espérions un sursaut citoyen lors de ce premier tour. Nous avons eu un mouvement de crispation massif. Une sorte de réaction de rejet tardive, cinq ans après, contre les risques de séisme d’un nouveau 21 avril 2002. Je défie quiconque, malgré le fort taux de participation, de déceler le moindre enthousiasme de la part de quiconque à l’issue de ce scrutin. Perspectives bien mornes. Quoique…

ON N’ARRÊTE PAS LE PROGRÈS !

((/images/Rouen.jpg|Rouen|L)) Ce que je retiens de cette lamentable affaire de Mont St Aignan, près de Rouen, où l’on voit une bande de brutes assermentées massacrer deux types menottés au vu et au su d’une caméra d’amateur, c’est que le progrès est en train d’échapper à ceux qui pensaient pouvoir le maîtriser pour asservir le monde. Sans blague, je tiens le téléphone portable, qui permet à n’importe quel pèlerin de photographier et de filmer aussi facilement qu’il respire, comme une avancée extraordinaire des libertés individuelles et de la démocratie.

DERVICHE PENSEUR

((/images/Onfray.jpg|Onfray|L))Une époque affolée comme la nôtre est souvent cause de spectaculaires pétages de plomb. En voici un exemple grandiose, lumineux. Que ceux qui ne craignent pas le mal de mer des houles capricieuses, prennent le temps de suivre les dernières circonvolutions gymniques de notre intellectuel patenté rebelle : Michel Onfray.

LA NEF DES FOUS

((/images/plaquepioneer.gif|pioneer|L)) L’autre jour, dans une brasserie, une amie retrouvée me disait son désarroi devant le délabrement de notre société, l’absence de perspectives, les angoisses terribles qui la tenaient éveillée au petit matin, son envie de fuir au bout du monde pour tout oublier. Au bout du monde ? Je me rappelle qu’en 1977, nous autres, humains, expédiâmes vers les confins de l’univers, à l’assaut de planètes inconnues du vaste cosmos, un tout petit objet volant avec à son bord, gravés par les nations, quelques témoignages de notre existence terrestre.

RETOUR À LA MAISON

((/images/maison du retour.jpg|La Maison du retour|L))  » »Ce soir, il fait si doux que j’ai décidé d’attendre la nuit dans le hamac en dégustant un corona. L’inaction obéit à des règles strictes dont la principale est la maîtrise du temps. Le véritable amateur a tout son temps. Il n’est pas vrai que l’oisiveté est la mère de tous les vices. Elle est très absorbante et exige une application constante. » »

BRAS D’HONNEUR !

((/images/honneur.jpg|bras d’honneur|L)) — T’oublies tout de suite, papa, vu ce que je gagne aujourd’hui, je n’ai AUCUNE conscience professionnelle. AUCUNE ! — (…) — Et non seulement je n’ai pas la moindre conscience professionnelle, mais je n’aurai de cesse de les gruger dès que je peux ! Sans au-cun re-mord.

LES DÉGUEULASSES

((/images/Tentes SDF.jpg|tentes|L)) Ils ont commencé par gueuler quand Médecins du monde s’est avisé de distribuer des tentes aux SDF, en décembre 2005.  » »Contre-productif ! » », a braillé la ministre de la « Cohésion sociale »(sic). Ensuite, ils ont tout fait pour les virer du centre de Paris parce qu’ils faisaient taches dans leur camping sauvage en face de leur « plage » ou sous leurs fenêtres. Enfin, en cette fin d’année, ils y vont de leurs sournoiseries habituelles pour tenter de discréditer une association de bénévoles, les Enfants de Don Quichotte, qui vient d’attirer de façon spectaculaire l’attention du grand public et des pouvoirs du même nom sur le sort des sans logis. Comme on le voit, les dégueulasses ne sont pas forcément les pouilleux, ni ceux de la photo !

JOUR DE PLUIE

((/images/Cargo.jpg|cargo|C)) Aujourd’hui, ma petite oiselle m’a appelé, affolée. — Papa, tout à l’heure, je suis tombée sur le quai du métro. Il y avait plein de monde qui descendait de la rame. Ils sont passés sans me voir, sans s’arrêter. N’ont même pas vu mes béquilles. Mon oiselle a vingt ans, vaillante et amoureuse autant que faire se peut. Mais voilà, en ce moment, elle a un problème à une jambe — ne me demandez pas quoi, même le gratin de la médecine ne sait toujours pas. Depuis un an, elle marche avec des béquilles, tire sa jambe et sa douleur. — Juste avant, à la FNAC, je faisais mes courses de Noël. Il y avait foule. J’ai voulu passer par la caisse dite « prioritaire ». Les gens dans la queue n’ont pas voulu. Ils ont dit qu’eux aussi attendaient depuis longtemps.

LENDEMAIN DE FÊTES

((/images/artifice.jpg|feu d’artifice|L)) Vous vous rappelez, le film de Jacques Tati,  »Les Vacances de M. Hulot » ? Il se terminait en apothéose par un feu d’artifice ravageur, suite à une mèche allumée par inadvertance par le héros. Eh bien, c’est grosso modo ce qui arrive à notre paysage politique et médiatique. Le pétard ravageur, c’est le non du référendum de 2005. Il a commencé par cramer sérieux la suffisance de nos institutions politiques officielles de droite (PS compris). Il a calciné la certitude des médias du microcosme gonflés d’importance. Voilà qu’il enflamme maintenant la gauche « antilibérale », je veux parler des vieux appareils chenus, ceux qui pensaient retrouver là une seconde jeunesse et se hisser en haut du mât de cocagne, poussés au cul par des collectifs providentiels.

LES VALEURS

((/images/Philippe_Petain.jpg|Pétain|L)) Il y a un phénomène symptomatique : une bonne partie de la prochaine campagne présidentielle des candidats adoubés par les médias officiels, s’engage résolument sur le thème des valeurs. C’est marrant, la dernière branche à laquelle se raccroche toujours un monde qui s’effondre, c’est à ses sacro-saintes « valeurs ». Comme dans les vieux films de gangsters où les voyous et les tueurs, avant de tomber sous les rafales des gangs adverses, ne juraient que par le sens de l’honneur, la loi du milieu, la fraternité du sang.  »Travailler plus pour gagner plus … revaloriser le mérite … ré instaurer un ordre juste … restaurer l’autorité parentale au sein de la famille… » En résumant, on tombe pile-poil sur le TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE si cher au Maréchal Pétain. Ragoûtant !

PETITE VUE PANORAMIQUE DU CHAMP DE BATAILLE

((/images/Beit_Hanoun.jpg|Beit Hanoun|L)) Il y a une image qui me hante. Le corps de ces deux femmes palestiniennes s’effondrant sous les balles anonymes de tireurs israéliens à Beit Hanoun dans la bande de Gaza. Je me fous totalement des sinistres prétextes avancés par les assassins et relayés d’abondance par leurs thuriféraires occidentaux :  » »Elles faisaient rempart de leur corps »… « il y avait des hommes déguisés en femme parmi elles » »… Conneries ! Regardez [cette vidéo|http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=36295] et vous constaterez par vous-même. Je me rappelle le film de Spielberg,  »La Liste de Schindler », je crois. On y voyait un SS très beau, très bien fait de sa personne, abattant de sa fenêtre à la carabine, sans autre motif que sa propre folie, le prisonnier (ou la prisonnière, je ne sais plus) d’un camp nazi. Même impression d’écœurement glauque. De celles qui vous retournent le ventre quand vous constatez que les êtres humains ne s’appartiennent plus.

L’IMAGE DÉCHIRÉE

((/images/bus.jpg|bus brûlé|L)) Alors voilà, les mouvements de révoltes resurgissent en banlieues. Et à chaque fois, ce sont les mêmes réactions de désarroi et d’effroi, les mêmes tourbillons d’incompréhension, de colère, de condamnations sans appel. Pourquoi ? Oui, pourquoi s’attaquer ainsi à son propre territoire, s’en prendre à ses propres services publics, faire des victimes parmi la population de sa propre communauté, comme cette malheureuse jeune fille gravement brûlée dans l’incendie criminelle d’un autobus à Marseille ? Pourquoi ? Je suis étonné de cet étonnement. Ces explosions de violences, qualifiées de « gratuites » par beaucoup, ont toujours été endémiques à tous les ghettos du monde, des favelas brésiliennes au Bronx américain, en passant par les Soweto sud-africains et bien d’autres. Nul n’y échappe jamais.

DEMANDEZ LE PROGRAMME !

((/images/pres07.jpg|présidentielles 07|L)) Ben ça y est, on avance ! Réunis en conclave les 14 et 15 octobre 2006 à Nanterre, les collectifs de la gauche sociale* ont travaillé à partir d'[un document programmatique|http://bellaciao.org/fr/IMG/rtf/cequenousvoulonsV06-021006.rtf] plutôt bien ficelé, même si, comme ils le reconnaissent, ça demande encore discussions, précisions, compléments. D’accord, discutons. J’avais justement deux trois petites suggestions à apporter en guise de grain de sel…

CAUSER DANS LE POSTE

((/images/tf1.jpg|tf1|L)) Devant la raréfaction saharienne des oasis politiques à la télévision, les acteurs politiques se posent fréquemment la question de savoir s’il faut accepter ou non de passer dans des émissions dites « grand public » pour tenter d’y toucher un maximum de gens. « Pour quel public et avec quel impact ? » se demande Clémentine Autain dans un récent billet. Essayons de répondre précisément à la question. Vouloir toucher le plus de monde possible, échapper à la confidentialité militante, peut aisément se comprendre. Mais on peut aussi douter que le souci d’animateurs comme Ruquier, Ardisson ou Fogiel soit de permettre à leurs invités de s’exprimer. On peut surtout se demander si le public de TF1, de Ruquier, Ardisson ou Fogiel, aussi nombreux soit-il, a le moins du monde envie d’être convaincu par des arguments de qui que ce soit ?

QUELQUES PAS DE PLUS …

((/images/11 septembre.jpg|11 septembre|L))  »__ »Le Congrès US légalise la torture »__ » Ce titre perdu au milieu des unes du nouvelobs.com, m’a fait l’effet d’une déflagration. Un peu comme celles produites par les avions kamikazes dans les Twin towers. Et le fait de savoir qu’une telle mesure n’est pas surprenante, qu’elle était « attendue », en renforce l’effet de souffle plus qu’il ne l’atténue. Les hérauts du « Monde libre », les chantres de la démocratie triomphante et des forces du Bien venaient, en deux petits votes presque anonymes à la Chambre des représentants et au Sénat US, de pulvériser un des fondements mêmes de la civilisation occidentale, l »’Habeas corpus ». Dans l’indifférence quasi générale. « Une régression de huit cents ans », dénonce Reed Brody, directeur du bureau européen de Human Rights Watch. Mais qui l’entend ?

GOBEURS DE MOUCHES

((/images/mouche.jpg|mouche|L))  » »Je me permets un aparté. J’ai essayé plusieurs fois de lire » Mein Kampf  »(Mon Combat). La première fois où j’ai essayé, je n’en revenais pas. C’est bête. C’est très bête. Comment un tel personnage politique »[1]  »avait-il pu écrire un tel tissu d’âneries ? C’est vraiment trop bête. C’est pour cela qu’il va encore y avoir une guerre. Parce qu’on peut faire croire n’importe quoi aux gens. » » Le type qui a écrit ces lignes s’appelle Gilles Ascaride. Sans doute un des plus grands écrivains du moment. Le texte est tiré de son dernier livre,  »La Dernière histoire du monde »[2]. Je ne sais si l’Ascaride en question suit l’actualité politique, mais il aurait eu matière à rajouter quelques chapitres à son bouquin. Parce que question gobages de mouches imbéciles, on est servi !