Seuls les mouvements sociaux offensifs peuvent être gagnants

Seuls les mouvements sociaux offensifs peuvent être gagnants

Un petit constat historique à la veille des manifestations du 22 mars : de tout temps, seuls les grands mouvements sociaux offensifs ont été gagnants. Et les mouvements défensifs, presque toujours systématiquement perdants.

En 1936, en 1945, en Mai 68, les manifestants ne défendaient pas des acquis menacés, ils en exigeaient de nouveaux : les congés payés, la diminution du temps de travail, des protections sociales, une représentation des salariés dans les entreprises, une égalité des chances pendant les études, des lois féministes, des hausses conséquentes de salaires…

Et ils les obtinrent !

Aux revendications ouvrières et étudiantes ont succédé les revendications patronales

Depuis le début des années 80, les manifestations, les grèves sont toujours d’ordre défensives. On y défend les acquis durement obtenus lors des grands mouvements sociaux des années précédentes, et menacés par la classe dirigeante. Et ces acquis sont toujours de plus en en plus rognés, anéantis. Au mieux, certains parviennent-ils à être momentanément sauvegardés, mais pour si peu de temps.

L’explication de ce phénomène tombe sous le sens : lorsque deux parties négocient, ils négocient toujours sur un point intermédiaire entre ce qui était et ce qui est revendiqué. Le gagnant est TOUJOURS celui qui revendique.

En 36, 45, Mai 68, les revendications étaient ouvrières ou étudiantes et les ouvriers ou les étudiants gagnaient. Depuis les année 80, les revendications sont d’ordre patronal, visent à démanteler les acquis précédents, et ce sont les classes dirigeantes qui gagnent.

Le seul catalogue existant de revendications offensives : LAEC

La leçon est tout aussi claire que l’explication : si les manifestants du 22 mars en restent à des revendications défensives comme c’est le cas, ils perdront, quel que soit l’importance de leur mouvement. Tant qu’ils ne lutteront que pour sauver un statut menacé (cheminot), ils ne “négocieront” au mieux que des moindres pertes, mais des pertes tout de même. Comme pour les retraites, comme pour les lois Travail.

Par contre, s’ils parviennent à retourner la tendance, à reprendre l’offensive, s’ils imposent des revendications du genre minima sociaux au moins égaux au seuil de pauvreté (1000 euros), salaire minimum décent (1300 euros nets pour 35 heures), alors ils gagneront. Car seule l’offensive paie.

Or aujourd’hui, il n’existe dans notre pays qu’un seul catalogue de revendications offensives populaires : elles sont contenues dans le programme de la France insoumise, L’Avenir en commun (LAEC). À bon entendeur…

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Un "voyageur à domicile" en quête du monde d'après.