Marée populaire du 26 mai : les réactions de la réaction

Marée populaire du 26 mai : les réactions de la réaction

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Si tu veux savoir si une manifestation populaire a atteint son but, tu ne regardes pas seulement les chiffres (toujours aléatoires) de participation, tu observes la réaction de ceux qui la craignaient.

Et de ce côté-là, pour la marée populaire du 26 mai, on est servi (à défaut d’être surpris) !

  • Des médias s’en remettant aveuglément à une officine de comptage ouvertement macroniste (Occurrence) qui y va de son chiffre à la centaine près – “31.700” ! – pour faire sérieux quand il n’est que ridicule et pour désamorcer l’impact d’un mouvement qui s’est exprimé à travers près de 200 manifestations sur tout le territoire français (comme le résume très bien Jean-Luc Mélenchon, 200 manifestations avec une moyenne de 2000 manifestants par évènement – fourchette basse ! – ça fait 400.000 participants en tout) ;
  • des réactions réactionnaires qui procèdent d’éléments de langage grossiers archi prévisibles, archi téléphonés : le « petit coefficient de marée populaire » distillé par Castaner et repris en boucle par la volaille médiatique ;
  • des pétages de plomb carabinés et des menaces à peine voilées chez les plus énervés :

« Si on veut garder, demain, le droit de manifester, il faut que les personnes qui veulent exprimer leur opinion puissent aussi s’opposer aux casseurs et ne pas, par leur passivité, être, d’un certain point de vue, complices de ce qui se passe » (Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur).

Mauvais plan

Tout ceci est évidemment un tissu d’absurdités qui ne traduit que la nervosité du régime et de ses vassaux médiatiques. Mais enfin qui pensent-ils convaincre avec leurs contre-fumées foireuses ?

  • Les indécis, les mous du genou, les couilles molles, les trouillards ? De toute façon, ceux-là n’ont aucune importance, aucun poids dans l’affaire, et ne se joindront jamais aux manifestants… sauf lorsqu’ils sentiront que ceux-là prennent le dessus.
  • Effrayer et dissuader les protestataires (comme ils ont encore grossièrement essayé de la faire en envoyant une poignées de potaches mineurs en garde-à-vue, puis devant la justice) ? Ils ne vont faire qu’exacerber les impatiences et les colères (comme celles des parents des potaches en question).

La réalité est qu’ils sont sur la défensive et que quand vous êtes sur la défensive et nerveux à l’excès comme c’est d’évidence le cas, vous êtes appelés à reculer. Raison de plus en face pour redoubler d’ardeur en leur cognant dessus à bras raccourci et sans désemparer.

Passer à la vitesse supérieure pour transformer l’essai

Il y a bien peu de chances que la grande marée populaire du 26 mai suffise à se transformer à elle seule en tsunami social et politique si l’on ne passe pas à la vitesse supérieure. C’est quoi, passer à la vitesse supérieure ? Thomas Guénolé le résume très bien et sans détour :

J’ajouterai que si les routiers, les dockers et les paysans voulaient bien donner eux aussi un coup de main pendant cette petite quinzaine, ce serait super sympa et encore plus vite plié.

Autre chose, il y a un moment où il faudra bien se rendre compte que défiler entre République et Bastille ne suffit plus. Il y a un moment où il faudra bien se décider à marcher sur l’Élysée et sur Matignon.

 

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.