L’humour comme unique antidote à la folie humaine

L’humour comme unique antidote à la folie humaine

Si l’élégance est une qualité humaine qui s’applique sur autrui, l’humour en est une seconde qu’on adresse à soi-même. Une antidote à notre folie humaine.

Écartons d’abord les définitions étriquées de l’humour. Non, l’humour ne se limite pas à dire de bonnes blagues en société. Ni à se moquer de soi-même. Ni à se foutre de la gueule des autres. L’ironie, la dérision sont les antithèses de l’humour, des barrières que l’on dresse entre soi et la réalité du monde. Ou alors, admettons, une réaction saine et légitime de légitime défense contre les connards, les fats et les prédateurs – mais ce n’est toujours pas à proprement parler de l’humour.

L’humour, c’est autre chose de bien plus intime. L’humour, c’est accepter ses propres limites et vivre avec sans gémir.

Cas de conscience

Il existe trois sortes de limites :

  • les “petits défauts” (qu’on peut éventuellement s’appliquer à corriger même si ceux-ci nous collent obstinément à la peau) ;
  • les limites incontournables : les lois naturelles, la pesanteur terrestre, le vieillissement, la mort…
  • notre troisième limite, c’est l’autre ; je ne fais pas de l’autre ce que je veux, je dois lui demander la permission, ce en quoi cette troisième limite rejoint la notion d’élégance.

L’humour, le rire, c’est ce qui nous ramène à notre condition humaine précaire, éphémère, fragile, nous fait échapper aux tourments de nos folles ambitions de puissance et d’éternité. Ce qui rend la conscience humaine folle, c’est de constater d’un coté l’aspect très provisoire de son enveloppe charnelle, et de l’autre côté de concevoir des exigences d’infini, d’immortalité, de domination.

Nourrir la folle ambition de remplacer Dieu par des subterfuges technologiques, comme s’y emploient certains, est non seulement le signe d’une connerie carabinée, d’une ambition démesurée, mais également celui d’un total et pathétique manque d’humour.

Au final, l’humour est tout ce qui nous reste pour supporter l’effondrement d’un monde qui en est singulièrement dépourvu. Je conviens qu’il en faut une sacrée dose pour y parvenir 😀

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.