Banques centrales : les passagers du bateau votent pour le naufrage

Banques centrales : les passagers du bateau votent pour le naufrage

Jeudi 21 septembre 2017, dans Les Échos, page 6, deux articles ahurissants qui illustrent le naufrage des politiques menées par les banques centrales des pays occidentaux.

1- Dans le premier article, nous lisons que la banque centrale des États-Unis (Fed) a injecté 4500 milliards de dollars dans l’économie depuis 2007. Elle a utilisé la planche à billets pour racheter des bons du Trésor et des titres adossés à des créances immobilières. En clair : elle a créé une bulle obligataire. et elle a créé une bulle boursière.

“Pour soutenir une économie ravagée par la crise, la Fed était en effet intervenue à trois reprises sur les marchés pour racheter des milliards de dollars de titres (des bons du Trésor et des titres adossés à des créances immobilières). Son objectif : soutenir leur valeur, faire baisser le coût du crédit, et injecter une manne considérable de liquidités dans l’économie. Entre 2007 et 2015, la taille du bilan de la Fed a donc été multipliée par cinq pour atteindre 4.500 milliards de dollars. Cet outil puissant a permis, selon les économistes de la banque centrale, de faire baisser les taux à 10 ans d’environ 1 %.”

Absurdité spécifiquement américaine ? Non, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon pratiquent de façon aussi démente. Elles continuent d’injecter dans les circuits financiers des millions de fausse monnaie ne reposant sur aucune création de richesses pour soutenir, disent-elles, des économies atones et faire repartir la croissance.

2- Elles ne soutiennent en réalité rien du tout (sauf les banques). Dans le second article des Échos, nous lisons que, depuis 2008, la croissance des salaires réels a été de … 0,2 % dans les pays riches ! Allez donc faire repartir une économie avec des salaires anémiques ! Et de fait, depuis 2008, la croissance des pays riches est aussi atones que la hausse des salaires.

“L’augmentation des salaires, décevante, ne permet pas à l’inflation de s’établir au niveau désiré par les banques centrales. En moyenne, depuis 2008, la croissance des salaires réels ne s’est élevée qu’à 0,2 % dans les pays riches. Ce sont les classes les plus défavorisées qui ont le plus souffert de cette tendance, souligne l’OCDE.”

Les capitaines des vaisseaux financiers sont au bout du rouleau

Conclusion : depuis 2008, aux États-Unis, en Europe, au Japon, les banques centrales ont injecté des milliers de milliards dans l’économie. Malheureusement, ces milliers de milliards ne sont pas descendus dans l’économie réelle. Ces milliers de milliards n’ont fait que gonfler des gigantesques bulles, qui se sont élevées dans le ciel : bulle obligataire, bulle boursière, bulle financière.

Autrement dit : les détenteurs de capitaux, c’est-à-dire les 5 % les plus riches (avec de la monnaie de singe), ont continué à s’enrichir. Les 95 % des autres citoyens ont continué à s’appauvrir. Le plus triste, c’est que ces 95% d’électeurs grugés votent pour des capitaines de bateau qui représentent et servent les 1% en train de les envoyer par le fond : le milliardaire Trump aux États-Unis, l’ancien banquier d’affaires Macron de la banque Rothschild en France…

Voilà ce qui s’appelle voter stupidement pour son propre naufrage. Car c’est bien d’un naufrage dont il s’agit. Relisez bien le premier article des Échos. La Fed US annonce la fin de ses injections folles de monnaie Monopoly (quantitative easing). Prétexte invoqué : l’économie américaine lui inspirerait désormais suffisamment confiance.

“La Fed tourne la page de la crise.”

Bullshit ! En réalité, l’économie américaine est toujours aussi inerte. C’est juste que Les capitaines des vaisseaux financiers sont au bout du rouleau et n’ont plus les moyens de leurs bêtises. Tant vont les bulles à l’eau qu’à la fin elles crèvent. Plouf.

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<p>Mes priorités : sortir de l’Union européenne, sortir de l’euro, sortir de l’Otan.</p>