Le Yéti à l’hôpital : problèmes mécaniques et résultats

Un appareil récalcitrant.

Troisième jour ici. La nuit dernière a été encore fertile en rebondissements mécaniques. Je trouvais à peine le sommeil que l’appareil d’alerte se mettait à strider comme une sirène d’incendie toutes les cinq minutes. Mais là, plus d’histoire de pouls qui bat trop lentement comme hier, non, juste carrément des coupures totales et soudaines de données.

Les deux filles de l’équipe de nuit – toujours aussi super et d’une patience infinie – sont intervenues à plusieurs reprises, tentant de trouver le bug du biniou récalcitrant dans l’obscurité. Finalement, elles ont purement et simplement décidé de tout changer : l’appareil, le capteur au bout du doigt. Et là, surprise, elles se rendent compte que mes lunettes d’oxygène ne fonctionnent plus non plus. Je suis privé d’apport d’oxygène depuis sans doute plusieurs heures. Nouvelles lunettes d’oxygène.

Finalement, tout s’est arrangé sur le coup des une heure 30 du matin. Sommeil de bébé. Ne me demandez pas de tirer une analyse critique des incidents mécaniques de cette nuit. Je ne veux retenir que l’extrême disponibilité et gentillesse de mes deux anges nocturnes.

Les résultats, enfin

Ce matin, les résultats des analyses sont enfin tombés. Le pneumologue qui me les a annoncés était bien plus malade que moi, au point d’à peine tenir debout (« virus de saison », a-t-il précisé). Il m’a annoncé que moi aussi j’avais été victime d’une attaque virale.

« L’analyse de votre fibroscospie a détecté des traces du virus de grippe A. C’est en voie de résorption, mais les virus c’est toujours un peu plus long à disparaître. »

Puis, il est parti sans demander son reste, courbé en deux. C’est moi qui lui ai souhaité un prompt rétablissement.

Cocon

Après l’annonce de mes résultats, le personnel soignant a un peu resserré sa protection : en plus des masques, des blouses. La grippe, ben, c’est toujours la grippe ! Mais nos relations n’en souffrent pas. La journée coule mollement. Ma chambre est admirablement située, donnant sur une énorme étendue d’eau avec plein d’oiseaux (dont une famille de canards plongeurs qui me fascinent) et sans doute un tas de poissons vue l’excitation de dizaines de mouettes et les remous qu’elles créent autour d’elles.

Mon apport d’oxygène n’est plus que de 1 litre, ce qui est bon signe de rémission prochaine. Finalement, je me coule dans ce cocon avec une certaine délectation (presque un peu coupable). Mais ce qui est pris est pris et je suis prêt à affronter les rudesses du dehors.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.