Le site Les Crises démolit la supercherie de la piste “russosphère” dans l’affaire Benalla

Le site Les Crises démolit la supercherie de la piste “russosphère” dans l’affaire Benalla

Dernier rebondissement de l’abracadabrant feuilleton Benalla de l’été : une supposée intervention de la “russosphère” révélée par une douteuse ONG. Et magistralement démontée par le site Les Crises.

J’engage vivement lecteurs à lire les deux longs exposés développés par le pointilleux Olivier Berruyer ; pas un détail qui n’ait été examiné et retourné sous toutes ses coutures, pas une once de preuve qui n’ait été négligé :

EU DesinfoLab, une obscure ONG

Pour les pressés, je résume : l’invraisemblable scénario macronien a été pondu par une obscure “ONG”, EU DisinfoLab, basée à Bruxelles, chargée comme son nom l’indique de « renforcer les efforts européens [….] pour lutter contre la désinformation », entièrement financée par Twitter, soutenu par des think tanks farouchement pro-américain comme Atlantic Council, ou ouvertement russophobes comme EUvsDisinfo, European Values et Defending Democracy comptant enfin l’inénarrable Union européenne parmi ses principaux partenaires.

EU DisinfoLab, nébuleuse mélangeant ONG, études médiatico-politiques et structures commerciales, s’est fait les dents avec un “monitoring” de la présidentielle française 2017, là encore limité à débusquer une éventuelle interférence russe – et exclusivement russe, obsession quand tu nous tiens – dans la course au titre du fringant Macron :

« Notre succès le plus notable a été le debunking instantané et en direct de l’infâme #MacronLeaks » [fuite de mails d’En Marche, pourtant authentiques au demeurant, sortis le 5 mai 2017].

Une méthodologie douteuse

Pour Olivier Berruyer, la méthodologie de l’enquête de EU DisinfoLab à propos d’une supposée intervention de la russosphère dans l’affaire Benalla, est discréditée dès son introduction :

« L’affaire Benalla a occupé Twitter en ce mois de juillet dans des volumes que nous n’avions presque jamais croisés auparavant. Ce volume a également été fortement amplifié par un petit nombre de comptes. Nous nous posons alors la question : comment s’exerce cette hyperactivité ? S’agit-il de partages militants ou est-ce également un gonflage numérique contaminé par de la désinformation ? » 

Passons sur le fait que l’affaire Benalla n’est pas née d’un buzz courant sur Twitter, mais d’un article du Monde ! Rappelons que nombre des rebondissements de cette édifiante histoire de barbouzes ont été répercutés par des médias mainstream comme le Huffington Post ou Libération. Mais que dire du seul critère retenu par EU DisinfoLab pour débusquer les extrémistes russophiles : le partage d’infos émanant des seuls sites Russia Today et Sputnik (c’est mon cas) ?

Va-t-on désormais classer dans la droite dure ceux qui citent parfois un article du Figaro (c’est aussi mon cas), qualifier de vils propagandistes étatsuniens ceux qui relaient une dépêche de Reuters (encore mon cas), de staliniens archaïques ceux qui font occasionnellement référence à un éditorial de l’Humanité (toujours mon cas) ? Est-on un  désinformateur de la russosphère dès lors que l’on partage une info vérifiée publiée par RT ou Sputnik ? Grotesque, ridicule, très con et très douteux.

Une analyse faussée par des statisticiens approximatifs

Olivier Berruyer pointe ensuite les multiples erreurs d’analyse statistique – volontaires ? – commises par une “team” de bras cassés [photo ci-dessus] visiblement plus compétents en matière de communication pipée qu’en science statistique rigoureuse. Ainsi en viennent-ils à s’étonner que « 1 % des twitteurs ont publié plus de 47 % des tweets et retweets sur l’affaire Benalla » alors qu’eux-mêmes ont décidé d’exclure de leur étude  « tous les [autres] médias » :

Extrait rapport EU DisinfoLab

Encore que leur compétence en matière de communication laisse fort à désirer tant les grosses ficelles de leurs manipulations sautent d’évidence aux yeux. Comment en effet qualifier autrement que stupide un classement en « désinformations » de faits pourtant validés par la médiasphère autorisée et les autorités concernées. Exemple : la présence d’un gyrophare dans la voiture de fonction de Benalla… confirmée par RTL et par le directeur général de la Police national, Éric Morvan.

Extrait rapport EU DisinfoLab

Enfin, mais faut-il s’en étonner, on notera qu’en répercutant sans moufter et avec autant de zèle le galimatias pseudo-scientifique de EU DisinfoLab, les médias genre AFP ont une nouvelle fois offert sur un plateau les bâtons pour se faire rosser.

=> Source : Les Crises

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.