Le Grand jeu : rencontre & panique

Le Grand jeu : rencontre & panique

À voir les réactions indignées et suffocantes de rage du système impérial US et de sa presstituée occidentale, le sommet Trump-Poutine semble avoir été une réussite. C’est en effet un véritable florilège de commentaires désabusés et de bouffées d’exaspération auquel nous assistons ; tout le Deep State y va de sa rancœur…

John Brennan, l’ancien directeur de la CIA d’Obama et qui pourrait jouer le rôle d’une murène dans un film d’horreur, parle sans rire de « crime » et de « haute trahison ». Les barbouzes n’avaient pas tant de scrupules quand ils participaient au financement de la campagne de l’hilarante, une des bombes lancées par Vladimirovitch à Helsinki.

McCain évoque « l’un des pires moments de l’histoire de la présidence américaine », rien que ça. Pour l’ancien ambassadeur de Washington à Moscou, Poutine a remporté « une fantastique victoire » tandis que les États-Unis ont « capitulé ». D’autres appellent carrément à un soulèvement contre Trump et même, dans la bouche d’un membre du Congrès, au renversement du président par l’armée ! Délire, quand tu nous tiens…

La journaloperie de service n’est évidemment pas en reste. Dans le Fig à rot, deux journalistes notoirement russophobes s’étranglent devant le fait que le Donald ne croit pas plus que ça ses agences de renseignement, candidement qualifiées d’« institutions démocratiques » (à Langley, on doit être plié de rire). Quant à l’imMonde, il se vautre, toujours et sans surprise, dans la fange néo-conservatrice et rapporte fidèlement les paroles de ses maîtres impériaux d’outre-Atlantique. Ne parlons même pas de la MSN anglo-saxonne qui manque de s’étouffer de rage.

Tout cela semble indiquer que la rencontre fut fructueuse, malgré la tentative de sabotage de dernière minute de Mueller qui a, par le plus grand des hasards et deux jours seulement avant Helsinki, sorti de son chapeau douze agents russes du GRU (c’est beaucoup pour un piratage…)

Poutine, tout sourire, a confirmé la bonne tenue des discussions – beaucoup « plus substantielles que prévues » – et Lavrov s’est lâché en les qualifiant de « mieux que super ». En reconnaissant publiquement, lors de la conférence de presse, que les États-Unis sont grandement responsables de la détérioration des relations bilatérales et que le présent sommet était « un très bon début » dans le processus de réconciliation, Trump a dû faire perler des gouttes de sueur au front du Washingtonistan, qui n’aura d’ailleurs même pas pu avoir quelques bribes d’informations sur ce qui s’est dit étant donné que le Donald avait insisté pour que la rencontre se passe à huis clos et en tête-à-tête.

Il est évidemment trop tôt pour connaître les tenants et les aboutissants du sommet, dont nous verrons les conséquences d’ici quelques semaines voire plus. Nous savons que le dossier ukrainien a été abordé ainsi, évidemment, que la Syrie où un grand marchandage pourrait avoir lieu entre Assad et les États-Unis par l’entremise de la Russie : si l’Iran quitte la Syrie, nous la quittons aussi. À suivre…

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L'observateur des soubresauts géopolitiques au Moyen-Orient