Le Grand jeu : comme un air de ressemblance…

Victoria Nuland (Secrétaire d'État assistante US de 2013 à 2017) - Annalena Baerbock (ministre fédérale allemande des Affaires étrangères)

Baerbock, retenez bien ce nom. Avec la nouvelle ministre allemande des Affaires étrangères, les euronouilles semblent s’être trouvé une Victoria Nuland bien de chez nous, une gorgone qui, à peine arrivée, menace déjà de sanctions en Europe même !

Écologiste de son état, la dame est une Young Global Leader, programme fondé par le créateur du Forum de Davos, à ne pas confondre avec les Young Leaders tout court qui fleurent bon la CIA, même si on imagine aisément que tout ce joli monde se fait moultes mamours…

Déjà remarquée pour ses prises de position fermes contre la Russie et la Chine, pour le plus grand bonheur de Washington, elle veut maintenant sanctionner un certain Milorad Dodik, leader serbe de Bosnie.

Deux empêcheurs de sanctionner en rond

Ce nom n’est pas tout à fait inconnu des fidèles lecteurs des Chroniquesnous en parlions il y a un peu plus de deux ans :

Dans les Balkans, les oreilles impériales ont également dû siffler. Le patron de la Republika Srpska (ou République serbe de Bosnie) a réaffirmé son refus de rejoindre l’OTAN, torpillant de facto la marche de la Bosnie vers l’Alliance atlantique. En effet, le pays est, depuis les accords de Dayton ayant mis fin à la guerre en 1995, divisé en deux entités : la Fédération croato-bosniaque et la Republika Srpska, qui cultive des liens étroits avec Belgrade.

Or, la présidence bosniaque est collégiale et les décisions prises, théoriquement du moins, de manière collective. Dans ces conditions, on ne voir pas comment ce pays pourrait accéder à l’OTAN, d’autant que Milorad Dodik, le dirigeant des Serbes de Bosnie n’y va pas par quatre chemins : « Nous sommes liés à la Serbie. Si celle-ci rejoint l’OTAN dans 100 ans, nous le ferons aussi. Si elle n’y adhère pas dans 300 ans, nous n’y serons pas non plus. Le Partenariat pour la Paix est largement suffisant. Si cela ne plaît pas à l’OTAN, elle est libre de le quitter. » Sans fioritures.

On le devine, le sieur Milorad ne doit pas être en odeur de sainteté dans les corridors atlantistes. Il n’a évidemment pas arrangé son cas en étant régulièrement reçu à Moscou…

… ou en répondant vertement à l’envoyé américain : « J’emmerde vos sanctions ! »

Souhaitant depuis toujours faire sécession de la fédération de Bosnie-Herzégovine, il est derrière le vote récent, par le Parlement serbe de Bosnie, d’un processus de retrait des institutions du pays, notamment dans les domaines de la justice, de l’armée et de la fiscalité. Ce faisant, il ne pouvait que s’attirer les foudres de Frau Baerbock (de bière ?)

Mais c’était sans compter ce diable de Viktor Orban qui a immédiatement réagi en affirmant que la Hongrie bloquerait toute sanction européenne et a même offert un prêt de 100 millions d’euros à la Republika Srpska. Un sacré empêcheur d’euronouiller en rond, celui-là…


=> Source : Le Grand jeu

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