Le Grand jeu : cha cha cha à Cuba

Alors que l’OTSC (Organisation du traité de sécurité collective) surprend le monde en mettant déjà fin à son intervention clinique au Kazakhstan – vini, vidi, pacifi –, laissant pantois les “analystes” qui prévoyaient avec des trémolos dans la voix l’occupation du pays par l’abominable Poutine des neiges, Moscou et Washington ont engagé leur bras de fer sur l’Ukraine.

Toute la problématique est, évidemment, l’entrée dans l’OTAN et/ou l’installation de bases US aux portes de la Russie. Nos chers plumitifs feignent de se perdre en conjectures sur le sexe des anges alors qu’un enfant de 8 ans serait capable de comprendre la situation : une grande puissance a toujours refusé, refuse et – tuons le suspense – refusera toujours de voir une grande puissance rivale dans son étranger proche.

Le parallèle qui vient immédiatement à l’esprit, sauf dans les salles de rédaction apparemment, est la crise cubaine de 1962. Ce temps chaud de la Guerre froide consistait en l’installation de missiles russes sur la belle île caraïbe pour répondre, on l’oublie souvent, au déploiement de missiles américains en Turquie. La résolution de cette crise qui ébranla le monde n’est pas une victoire de Kennedy comme le voudrait la légende urbaine, mais un retrait mutuel (de Cuba et de Turquie), chacun s’abstenant de menacer directement le territoire de l’autre.

La réponse de Moscou à Washington

Bis repetita soixante ans plus tard, le Dniepr ayant juste remplacé le Bosphore…

Tandis que les discussions s’engagent difficilement, l’ours sort de sa fourrure la menace d’un possible déploiement militaire à Cuba et au Venezuela si sa ligne rouge ukrainienne est franchie. Vous voulez jouer dans notre arrière-cour, nous allons jouer dans la vôtre.

Rien que de très logique, mais pas du goût de l’empire qui, en bon adepte du deux-poids deux mesures, pique soudain une crise de nerfs et promet une « réponse décisive » (laquelle ?) en cas d’immixtion russe. Ne craignant visiblement pas la contradiction, Washington parle par ailleurs de « fanfaronnade ». Les voies de tonton Sam sont impénétrables.

Toujours est-il que le Kremlin n’est pas du genre à parler pour ne rien dire et l’on sait qu’il y a déjà comme qui dirait de la friture sur les ondes du côté de Cuba, avec quelques mystérieuses antennes subrepticement apparues au milieu des cannes à sucre.

Et ce ne sont pas les Martiens d’el inolvidable Tito Rodríguez qui les ont installées…

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