Le danger d’une troisième guerre mondiale s’éloigne (momentanément)

Pour remplacer le pétrole russe, les États-Unis contraints de négocier avec... le Venezuela

Ce que vient de montrer l’intervention russe en Ukraine, c’est que la 3ème guerre mondiale n’a pas éclaté… faute d’un des combattants pour la mener. Pour mener une guerre mondiale, il faut (au moins) deux camps opposés en mesure de s’affronter. Or, le camp occidental n’est manifestement plus en état d’y participer.

Rien que de la gueule

Les dirigeants du camp occidental, tout comme leurs exécutants, ne sont pas plus en état de redresser une économie, de gérer correctement une crise sanitaire, d’instaurer un régime autoritaire durable en leur sein, que de mener une guerre mondiale.

Depuis le début de la guerre d’Ukraine, leur seule réaction a consisté en un déluge d’imprécations verbales, d’ailleurs souvent contradictoires, et en l’annonce dispersée d’un train de sanctions qui se sont immédiatement retournées contre eux. Leur seule victoire à ce jour aura été d’excommunier la culture russe et d’en bouter les officiants hors de leurs murs délabrés.

Mais pas d’avions, ni d’armements à destination de Kiev, faute de transporteurs pour les acheminer (la Pologne et d’autres pays limitrophes ayant prudemment refusé de servir de facteurs), pas de “brigades internationales” pour voler au secours des bataillons néo-nazis ukrainiens. Encore moins d’interventions militaires punitives d’envergure contre “l’agresseur” russe.

L’Occident n’a plus les moyens intellectuels, mentaux et peut-être même matériels de ses ambitions

Poutine n’aura même pas eu besoin d’utiliser son arsenal dernier cri, se contentant jusqu’à présent d’un armement conventionnel, souvent d’âge assez ancien, pour que les premiers déchirements se fassent sentir dans la forteresse OTAN : après la Pologne se défilant pour l’acheminement de matériel militaire, voici l’Allemagne qui refuse d’appliquer l’embargo contre un gaz et un pétrole russe dont elle a un besoin vital ; voici même les États-Unis contraints d’envoyer une délégation au Venezuela pour que Maduro consente à leur livrer le carburant qui leur fait défaut.

Si j’ai ajouté le mot “momentanément” entre parenthèses dans le titre, c’est parce qu’on n’est jamais à l’abri d’un coup de folie de la bête blessée. Mais il est clair que les dirigeants occidentaux, tant politiques que militaires, n’ont juste plus les moyens intellectuels, mentaux et peut-être même matériels, d’organiser un conflit structuré à l’échelle de la planète, surtout contre un bloc émergent composé de la Russie et de la Chine, avec l’Inde en réserve au cas où celle-ci sentait le vent tourner.

A propos de Pierrick Tillet 4102 Articles
Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.