L’Amérique devient complètement imbécile (et c’est un Américain qui le dit)

L’Amérique devient complètement imbécile (et c’est un Américain qui le dit)

Le billet de MN Gordon sur « l’imbécilité » de son pays face au problème de la dette est aussi implacable que tristement désopilant.


Le crédit a une méchante façon d’amplifier les défauts d’une personne. Même l’homme le plus précautionneux, avec un crédit illimité, peut faire des erreurs qui rétrospectivement semblent absurdes. Mais un homme tout ce qu’il y a de moyen, avec un crédit illimité, est prédisposé à devenir complètement imbécile.

Il y a quelques semaines, nous sommes tombés sur l’histoire lamentable de Mike Meru. Je ne sais pas comment, mais ce type spécial, apparemment sain et plein de bonnes intentions, a accumulé plus d’un million de dollars en dette d’études – tout ça pour devenir orthodontiste.

À coup sûr, avec plusieurs bons livres et un programme d’autoformation rigoureux, Meru aurait pu apprendre tout ce qu’il y avait à savoir sur l’ajustement des dents mal positionnées pour environ 200 dollars. Au lieu de cela, avec le soutien total du programme de prêts de l’Oncle Sam, il est devenu complètement imbécile.

Pourtant, le cas Meru n’est pas isolé. Selon le ministère de l’Éducation, il y a 101 personnes aux États-Unis qui ont un million de dollars ou plus en dette d’étude fédérale. Mieux, 2,5 millions personnes doivent au moins 100 000 $ pour rembourser leurs études. Qu’ont-ils donc pu apprendre de si incroyablement précieux ?

Ont-ils découvert comment transformer les pièces de cinq cents en pièces de dix cents ? Ont-ils résolu la géométrie d’un triangle à quatre côtés ? Ont-ils appris les secrets de l’univers ? Ont-ils eu une révélation d’initié sur des connaissances au-delà de notre système solaire ?

La folie des grandeurs

Ce n’est qu’à de rares moments que les gens sont capables de comprendre toutes les implications des catastrophes qu’ils ont provoquées. Ces moments rares sont souvent ceux où, juste avant le lever du soleil, ils prennent soudain conscience qu’ils sont devenus complètement et désespérément imbéciles. Que chaque décision qu’ils ont prise les a amenés à ce moment précis – où ils constatent qu’ils sont complètement et désespérément foutus.

Les nations, comme les citoyens qui les composent, ont également démontré qu’elles n’étaient pas qualifiées pour fonctionner de façon responsable dans le monde du crédit illimité. Ici, dans les États-Unis de la dette, la dette fédérale a dépassé 21 mille milliards de dollars, la dette des entreprises a dépassé 6 mille milliards de dollars, et la dette totale des ménages a atteint un niveau record de plus de 13 mille milliards de dollars. Autrement dit, le pays dans son ensemble est devenu complètement imbécile.

Ces chiffres de la dette représentent les premiers signes de la tempête imminente. Ces chiffres de la dette sont aujourd’hui ignorés de pratiquement tout le monde. Les dirigeants de la nation, en particulier, ignorent les premiers signes de la tempête imminente. Après 80 ans de prospérité quasi ininterrompue, qui voudrait imaginer l’impensable ?

Les gens préfèrent s’abandonner à des délires de grandeur plutôt que de se laisser doucher par les seaux d’eau glacée que la vérité aquatique déverse sur leur tête. Ils veulent croire qu’ils sont exceptionnels et que tous – enfin, eux surtout – peuvent vivre aux dépens de leurs voisins. Ils veulent croire qu’ils peuvent tirer plus de leurs pensions de retraite qu’ils n’y ont cotisé.

Les gens s’accrochent au mythe que l’Amérique est une économie de marché libre. En oubliant la bureaucratie monstrueuse qui a été érigée pour la contrôler. Le libre-échange est une bonne chose en théorie, argumentent-ils. Mais, dans la pratique, des mesures protectionnistes sont nécessaires pour rendre l’économie équitable. Et ainsi vont leurs délires…

L’Amérique devient complètement imbécile

Dans le même temps, de larges pans de la population américaine – beaucoup à l’insu de leur plein gré – ont été réduits à la servitude abjecte de la dette. D’un autre côté, toute la structure des programmes de prestations de sécurité sociale et d’assurance-maladie est sur le point de s’effondrer. Ces réalisations sociales emblématiques, ainsi que les dizaines de millions de personnes qui en dépendent et qui y ont mis leur confiance, risquent d’être anéanties plus vite que vous ne le pensez.

Cette semaine, les conseils d’administration de la sécurité sociale et de l’assurance-maladie ont publié leur rapport annuel 2018. En interne, ils ont révélé que le fonds fiduciaire Medicare serait épuisé en 2026 et que les fonds d’affectation spéciale de la sécurité sociale – tant pour les prestations de vieillesse que pour l’assurance invalidité – seraient probablement à sec d’ici 2034.

Que se passera-t-il alors, lorsque ces échéances seront atteintes ? Les personnes dépendantes concernées se retrouveront-elles à dériver dans la crique sans pagaie ?

Pas exactement. Très probablement, le Trésor, de concert avec la Réserve fédérale, deviendra complètement imbécile. Ils vont créer de l’argent à partir de rien pour remplir leurs obligations. Mais dans ce processus, ils détruiront la monnaie.

Ne nous racontez pas d’histoires à ce sujet, l’Amérique est en train de devenir complètement imbécile. Des dettes massives, rendues possibles par un système de fausse monnaie basé sur la dette, ont permis de créer beaucoup de foyers de destruction bien plus imminents que cela n’aurait été possible autrement. Pire encore, la solution du gouvernement, qui sous-tend la destruction du dollar, est aussi judicieuse que de couper une tête pour guérir une migraine.

Bien sûr, la confiance dans la capacité du gouvernement à guérir tous les maux de la société est ce qui nous a d’abord mis dans ce pétrin. Pour les nombreuses âmes malheureuses qui subissent l’injustice insidieuse d’avoir leurs vies sauvées par l’avilissement de la monnaie parrainé par l’État, une telle confiance déplacée dans le gouvernement ne reviendra jamais.

Cordialement,

MN Gordon

=> Source : Economic Prism (traduction : Pierrick Tillet)

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