La parabole des cercles et des espaces de liberté

Regardez bien les cercles dans l’illustration ci-dessus. Ils symbolisent autant un individu que le corps social. L’individu, le corps social, c’est un grand cercle. Pris comme ça, l’un et l’autre sont nus (figure de gauche). En réalité, ils sont très habillés par un grand cercle rouge (figure de droite).

L’individu et son espace de liberté

Pour l’individu, le cercle rouge, c’est le “cercle relationnel”. En clair, la vie de tous les jours de l’individu avec son faisceau complexe de relations proches et moins proches, de la famille aux relations de voisinage, des amis aux relations professionnelles, relations de loisir, relations administratives (le facteur, le banquier…). Ce faisceau de relations est régi par des règles strictes en général assez supportables, mais qui peuvent être vite étouffantes.

On notera que le cercle relationnel en rouge est un tout petit peu plus petit que le cercle représentant l’individu. En bas à la marge, il y a un petit espace laissé libre (en blanc). C’est l’espace de liberté de l’individu, son espace de décompression sans lequel il se racornit et s’atrophie. Dans cet espace marginal, l’individu peut faire, dire ou penser tout ce qu’il veut sans n’avoir aucun compte à rendre à ses relations du cercle rouge. Cette bande de liberté et de décompression s’exprime dans la salle de bain, sous la couette à une heure avancée de la nuit ou précoce du matin, aux rares moments perdus de la journée… C’est un espace par nature assez solitaire (mais il arrive que l’individu y convie quelque oiseau de passage).

Le corps social et son espace de résistance

Pour le corps social, c’est pareil. Le cercle rouge est celui des relations hiérarchiques auxquelles tout individu social est soumis, quelle que soit la place qu’il occupe au sein de la communauté. Là aussi la garantie de la sécurité plus ou moins réelle proposée par l’autorité en place aux citoyens ne va pas toujours sans quelques oppressantes restrictions de liberté.

Heureusement, tout en bas, en blanc, le même petit espace de liberté et de décompression, dit aussi espace de résistance.

Plusieurs cas de figure :

  • La saine démocratie (n’existe plus guère, sauf dans quelques pays d’Amérique latine) : l’autorité tolère l’espace de résistance en lui accordant même des possibilités d’expression.
  • Le régime totalitaire fort (Russie, Chine) : le pouvoir protège sa population dès lors qu’elle se tait et persécute les dissidents de l’espace de résistance.
  • Le régime totalitaire faible (France actuelle entre autres pays occidentaux) : une bande de bras cassés, se réclamant de la démocratie saine au mépris de l’évidence, finit par martyriser et humilier toute la population de la zone rouge, faute de pouvoir réduire le camp de la résistance. Dans ce dernier cas de figure, c’est généralement du camp de la résistance que vient le renouveau.

Ça va, vous vous y retrouvez ? À vous de voir où vous voulez vous situer.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.