Bis repetita : la finance de nouveau au service de l’effondrement (à l’insu de son plein gré)

Bis repetita : la finance de nouveau au service de l’effondrement (à l’insu de son plein gré)

Les profanes, pour s’en réjouir ou (feindre de) s’en plaindre, pensent que la finance occidentale s’est triomphalement tirée du séisme de 2008. Ils ont tort et voici pourquoi…

En juin 2018, il y a quatre mois, l’économiste et financier libéral (ne pas confondre avec “néolibéral”), Charles Gave, écrivait un article au titre fort alarmant :

« Vous savez quoi ? J’ai la trouille »

Le signe de l’effondrement financier, disait Charles Gave, se mesure à l’évolution de la valeur boursière des banques :

« Les bourses remontent en Europe, mais PAS LES BANQUES, qui continuent à se casser la figure avec beaucoup d’entrain. Et cette baisse des banques, depuis le début de cette année semble s’accélérer. »

Quand les banques se cassent la figurent, cela veut dire que le reste va suivre

Regardons un petit peu l’évolution des cours boursiers de nos principales banques françaises depuis le début de l’année (chiffres arrêtés à ce jour du 10 octobre 2018) :

BNP
Société Générale
Crédit agricole

CAC 40 (ensemble)
-16,82%
-14,49%
-8,65%
-0,46%

Variation indices boursiers depuis le 1er janvier 2018

Constat : les principales banques françaises subissent de fortes baisses et fragilisent même l’évolution du CAC 40. Charles Gave :

« Si j’ai appris quelque chose tout au long de ma carrière c’est que quand les banques se cassent la figure, en général, cela veut dire que le reste va suivre. »

La pêche à la dynamite

Les profanes, abusés par le montant vertigineux des dividendes versées aux actionnaires de ces banques (en réalité, un simple pillage avant solde de tout compte), feraient bien de ne pas s’illusionner sur la capacité des prédateurs financiers à se tirer encore une fois d’affaire, car le phénomène n’est pas spécifiquement français, mais mondial. En arrêtant il y a un an de verser ses aides chiffrées en milliards qui permettait au système bancaire US de garder la tête hors de l’eau depuis 2008, la Fed ( banque centrale américaine) « a en fait décidé de pêcher à la dynamite », explique Charles Gave.

Et quand vous pêchez à la dynamite, continue-t-il, c’est les petits poissons qui montent en premier (Grèce), puis les plus gros, les cachalots (Argentine, Turquie), puis les baleines (Brésil, Italie), puis les très très grosses baleines :

« Pour moi, la vraie baleine qui risque de remonter à la surface en détruisant tout son éco système dans les convulsions de son agonie, c’est bien entendu le système bancaire européen tiré vers le fond par la Deutsche Bank [-39,33% depuis le 1er janvier 2018, ndlr]. »

Depuis juin dernier, la “tempête tropicale” annoncée par Charles Gave paraît bien en train de se muer en nouvel ouragan dévastateur. Et on ne compte plus les analystes financiers pour alerter sur l’arrivée imminente, en 2019, 2020 pour les plus optimistes, d’une réplique du séisme de 2008. En encore plus meurtrier.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.