La Fête à Macron (10) : un char virtuel grinçant

La Fête à Macron (10) : un char virtuel grinçant

Pourquoi participer à #LaFêteÀMacron le samedi 5 mai ? Pour rigoler et passer un bon moment. Que cette manif ait mille visages et mille raisons !

C’est une manif pot-au-feu t’explique François Ruffin. Où chacun apporte son panier avec sa boîte à tartines et sa bouteille. On veut en finir avec Macron mais aussi avec son monde.

Et voici mon char virtuel pour le 5 mai. On va l’appeler le Golgotha. Le mont du Calvaire où l’on a crucifié Jésus. Tu peux continuer à lire si, comme moi, tu n’es pas croyant. Ça ne devrait pas te piquer les yeux.

Le mauvais larron, ce sera un zadiste. Tu peux le faire venir à ta convenance de Notre-Dame-des-Landes, de Bure-la-radioactivité-qu’on-cache, du train Lyon-Turin-Maffia comme de n’importe quel autre haut-lieu de la technocratique folie des grandeurs. Le mauvais larron, s’il a passé un mauvais moment, reste avant tout dans les annales comme le pauvre couillon qui n’a rien compris au sens de l’histoire. Faut quand même être ballot pour construire des cabanes dans les arbres et se geler l’hiver au lieu de faire plein de pognon à la Bourse…

Le bon larron, ce sera une aide-soignante en EHPAD. Ou une infirmière au service des urgences. Elle aussi, elle passe un mauvais moment. [Toute une carrière, je ne suis pas sûr que l’on puisse nommer cela un moment mais on n’est pas là pour pinailler sur le vocabulaire.] Mais, au moins, on lui reconnaît le début d’un quelque chose. Mais tu me diras à raison que ça ne va pas soigner son mal de dos ou ses autres troubles contractés au boulot parce que l’on ne voulait pas voir.

Abeilles et ancolies

En place de Jésus le crucifié, sur la croix centrale du calvaire, on mettra une abeille. Ou un papillon. Ou une libellule. Ou un oiseau. Une de ces petites bestioles qui volent et dont on ne remarque guère la disparition rapide due à une chimie envahissante.

Comme on n’est pas chien, on mettra un bouquet de fleurs au pied de la croix. Saponaire, ancolie, jacinthe, lupin, bourrache, marguerite, origan, violette, chélidoine, vipérine, pervenche, valériane, jonquille ou sauge. Si on trouve encore quelques rescapées parmi les milliers d’espèces magnifiques poussant sur les talus. Des fleurs remplacées par les deux-trois graminées qui résistent au passage régulier des gyrobroyeurs zigouilleurs. Des fleurs remplacées par les deux-trois chiendents qui résistent à tous les herbicides.

Remettre la France au travail

Un difficile problème de recrutement. Mais qui diable voudra tenir le rôle de Simon de Cyrène ? Comme je te sens un poil interrogateur, éclairons ta lanterne. Simon de Cyrène, c’est le réquisitionné qui crache dans ses mains et prend le relais de Jésus – en RTT suite à la couronne d’épines, aux coups de fouet et à trois gros coups de mou – pour porter la croix sur le chemin du Golgotha. Selon Macron, il y aurait trop peu de candidats et ce serait si tellement difficile d’embaucher. Remettre la France au travail, c’est un métier ! Bien payé. Alors que le poste proposé, en contrat à durée déterminée, n’offre qu’un minimum légal encore bien trop élevé de l’avis de notre banquier gouvernemental.

Et pour Ponce Pilate, toi, tu verrais qui ? Voilà un juge d’application des peines qui a su se faire un nom dans une corporation pourtant bien pourvue en salopards ! On n’a vraiment que l’embarras du choix quand on lit la chronique judiciaire et qu’on voit tant de pauvres diables, condamnés en comparution immédiate, qui n’avaient que le tord d’être au mauvais moment au mauvais endroit. Que le tord de ne pas courir assez vite pour échapper aux légionnaires romains. La légèreté des preuves est compensée par la lourdeur des peines.

Pour la Vierge Marie, mère dans la douleur, personne ne va postuler. Le rôle n’est pas gratifiant alors qu’il va comme un gant à une nuée de mères seules qui rament entre miettes de travail, horaires à la con, salaires minables, passage au guichet des assos caritatives, logements dégradés et gosses à élever vaille que vaille.

Pour compléter notre char nous avons un dernier rôle à pourvoir qui n’est pas le moindre. Mais à qui diantre allons-nous confier le rôle de Judas Iscariote ? Alors là, là ! ça va être dur de choisir parmi la myriade des CV reçus ! Il y a toujours une foule de candidats prêts à tout pour mettre la main sur les trente deniers d’un ministère, d’un secrétariat d’État comme d’un fauteuil de député ou de maire.


Juliette chante sa “Fantaisie héroïque”. 1) Ça se marie bien avec ma bafouille du jour. 2) Y’a des chances de voir Juliette à la Fête à Macron du 5 mai vu qu’elle est signataire d’un appel à y participer.

Partager ce billet

Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.